Interview : L'Antre Jeux
C’est avec plaisir que nous avons rencontré Marcus,
le patron dynamique Ixellois de l’Antre Jeux (Avenue
Buyl, 27 à 1050 Bruxelles).
Un magasin, une entreprise commerciale
Votre démarche commerciale (la création
d'un magasin) est le résultat de quel type de réflexion
? Etes-vous un joueur acharné ?
Mon intérêt pour le jeu commence
fin des années 70, début 80. Quel n’a pas été le
joueur mordu qui n’a rêvé d’avoir sa
propre boutique ? Pour moi c’était comme travailler
dans mon hobby.
Etes-vous satisfait par rapport à vos
attentes ? Etes-vous riche et heureux ?
Tout d’abord, ma plus grosse déception
fut de ne plus trouver le temps de jouer avec le magasin. Ceci
dit je préfère vendre du jeu que des casseroles
(rires). Un commerce représente beaucoup de travail. Je
ne peux pas me permettre de l’oublier. En ce qui concerne
ma fortune, ce n’est ni brillant, ni catastrophique. C’est
un secteur qui dégage peu de plus-value. Le marché (belge)
est petit.
Il est bien sûr, dans ma profession, parfois agréable de pouvoir
rencontrer les acteurs du jeu. Malheureusement, c’est un milieu où l’on
rencontre beaucoup de gens peu scrupuleux. L’aspect commerce passe avant
l’aspect relationnel. Par exemple, l’éditeur octroie le
droit de vendre à des distributeurs qui vendent à leur tour au
Core Market et au Mass Market. Ce qui induit une situation de fait de monopole,
les distributeurs achetant la licence d’exploitation. Quelque part, il
s’agit d’une forme d’hypocrisie.
A Bruxelles, plusieurs magasins ont (malheureusement)
fait faillite : Fig's, Métropolis et Neoludic à Bruxelles,
Ludos puis Maedusa à Ixelles... Cela ne vous fait pas
peur ? Si on fait abstraction de problèmes de mauvaise
gestion, les magasins de jeux sont-ils fragiles ? Y a-t-il un
avenir pour le genre ?
Les temps ont changé par rapport à la
génération précédente. Il y a moins
d’argent. Fini la fable de l’indépendant qui
croule sous l’argent (et c’est valable pour les autres
secteurs que le jeu). En Belgique, nous sommes dans le peloton
de tête des pays les plus taxés d’Europe (ndlr
: les troisièmes après la Suède et le Danemark).
Le seul moyen de compenser une faible rentabilité, c’est
de tenir des gros stocks. Ce qui bon an mal an coûte près
de 10% de la valeur du stock. Cela permet de répondre à une
demande immédiate. Mais avec le risque de se retrouver
avec des jeux (vite) invendables, parce que la nouvelle version
vient de sortir, ou parce que les suppléments ne suivent
plus…
A propos du Jeu en particulier
Quels sont vos jeux préférés
en JDR, Wargame, jeux de plateaux ?
En JDR : l’Appel de Cthulhu, Stormbringer,
Paranoïa. En Wargames : Advanced Squad Leader, la série
Six Fleet et Seven Fleet. En jeu de plateau : Les Colons de Catane,
la Crique des Pirates.
Quel accueil faites-vous à un nouveau
jeu ?
Mitigé. J'ai le temps de tester, et donc
de jouer, un jeu de plateau. Ce qui n'est pas le cas pour un
JDR.
Quels sont les jeux que vous souhaiteriez vendre
?
Les wargames, qui reste mon genre préféré.
Je "déteste" les jeux "fast-foods" qui
ont un quart d’heure d’apprentissage et qui ne dure
que deux heures maximum. Je suis content de voir (encore) des
gens qui s’intéressent à un jeu intelligent...
C’est vrai qu’ils s’adressent à des
gens plus matures (deux jours de lecture des règles et
des dizaines d’heures de jeu). (sourires entendus)
Y a-t-il un jeu qui n'existe plus que vous
aimeriez obtenir (pour vendre en magasin)?
Full Metal Planet
Vous vendez des figurines. Quel est selon vous
le rapport avec le jeu de rôle (JDR) ? Est-il essentiel
?
La figurine d’illustration est inexistante.
Elle n’est pas indispensable dans le jeu de rôle.
Elle est essentielle pour les créateurs de jeux de batailles
avec figurines.