La femme dans
la mythologie
Antigone - Le courage au féminin
Antigone fait partie de ces personnages
légendaires qui ne cesseront jamais de nous passionner.
Son histoire nous est parvenue principalement grâce à
la tragédie conservée de Sophocle, Antigone. Euripide,
un autre auteur tragique du 5ème siècle avant Jésus-Christ,
a lui aussi écrit une pièce sur ce thème
mais elle n'a pas été conservée.
Antigone est née de l'union contre-nature d'dipe
et de Jocaste. Comme l'avait prédit l'oracle, dipe
tua son père et épousa sa mère. Ils eurent
quatre enfants, deux garçons, Etéocle et Polynice,
ainsi que deux filles, Ismène et Antigone. Lorsqu'ils apprennent
l'horrible vérité sur leur mariage, dipe se
crève les deux yeux et Jocaste se pend. Dés lors,
dipe doit quitter Thèbes. Sur les routes de l'exil,
Antigone sera son guide, son réconfort, son soutien. Après
la mort de son père à Colone, Antigone regagne sa
patrie mais les malheurs sont loin d'être terminés
pour la jeune fille. En effet, Thèbes est alors le théâtre
d'une guerre pour le pouvoir entre Etéocle et Polynice.
Ces derniers finissent par s'entretuer. Créon, le frère
de Jocaste, interdit à quiconque d'enterrer le corps de
Polynice qui avait pris les armes contre sa patrie, aidé
par des étrangers. Ainsi, son âme ne connaîtra
jamais le repos. Antigone s'oppose à cette décision.
Ne prêtant aucune attention aux supplications de sa sur
Ismène et par amour pour son frère, elle verse sur
son cadavre une poignée de terre selon l'usage. Pour avoir
bravé l'interdit, Antigone est condamnée à
être enterrée vivante dans le tombeau des Labdacides,
par son oncle Créon. Elle préfère se pendre
plutôt que de mourir de faim. Hémon, le fils de Créon
et surtout le fiancé d'Antigone se suicide près
du corps de celle qui aurait du être sa femme. De désespoir,
la mère du jeune homme, Eurydice, met fin elle aussi à
ses jours.
Le conflit Antigone-Créon
est la représentation de l'opposition entre les lois naturelles,
divines et celles imposées par les hommes. Antigone est
aussi le modèle de la piété filiale (elle
accompagne son père en exil) et fraternelle (elle refuse
de choisir entre ses deux frères). Ce mythe a connu de
nombreuses adaptations au cours des siècles. Jean Anouilh
en a fait une pièce, intitulée tout simplement Antigone.
Henry Bauchau a écrit sur l'héroïne thébaine
un magnifique roman à la première personne où
Antigone nous fait pénétrer au plus profond de ses
sentiments de femme révoltée.
Arachné - La femme-araignée
Ce mythe est sans doute moins
connu que les précédents. C'est une des raisons
qui m'a poussée à le choisir parmi la multitude.
Arachné, comme de nombreux mortels, attira sur elle le
courroux des dieux. Voici l'histoire de cette jeune Lydienne telle
que nous la rapporte Ovide, au livre VI de ses Métamorphoses.
Arachné est une habitante de Lydie, fille d'Idmon de Colophon,
ville réputée pour ses teintures de pourpre. La
jeune fille excelle dans l'art de tisser et certains la disent
même élève d'Athéna. Par vanité,
Arachné nie l'existence de quelque maître que ce
soit et indignée, elle s'écrie : " Qu'elle
lutte avec moi ! Vaincue, je me soumets à tout. "
Athéna, lui laissant une dernière chance, se présente
à elle sous les traits d'une vieille femme et lui conseille
de ne pas essayer d'égaler une déesse mais plutôt
de demander le pardon pour les mots qu'elle a proférés.
Arachné ne reconnaît pas la fille de Zeus et refuse
de se rétracter. La déesse fait alors apparaître
sa vraie nature. Le concours peut commencer. Athéna représente,
en guise d'avertissement pour la jeune Lydienne, les métamorphoses
que subirent des mortels trop orgueilleux. Quant à Arachné,
elle imagine comme motifs les amours infidèles et déshonorants
des dieux de l'Olympe. Athéna ne peut rien reprocher à
l'ouvrage et cela accroît sa colère. En proie à
sa fureur, elle déchire le travail d'Arachné et
de sa navette, frappe plusieurs fois le front de sa rivale. Ne
pouvant supporter l'outrage, cette dernière se pend. Athéna
s'adoucit et lui redonnant vie, elle la transforme en araignée.
Ainsi, toute sa vie, Arachné tissera sa toile.
Andromède et Iphigénie
- Les jeunes filles sacrifiées
Andromède est la
fille de Céphée, roi d'Ethiopie et de Cassiopée.
Sa mère prétendait être plus belle que toutes
les Néréides réunies. Celles-ci demandent
d'être vengées de cet affront et Poséidon,
dieu de la mer, envoie un monstre contre le pays de Céphée.
Le roi, désespéré, interroge l'oracle d'Ammon
et celui-ci lui révèle que l'Ethiopie sera délivrée
de ce monstre si la fille de Cassiopée est exposée
comme victime expiatoire. On livre donc Andromède, liée
à un rocher. Mais Persée qui passait par là
la voit et en tombe éperdument amoureux. Il obtient de
Céphée la main d'Andromède s'il parvient
à la délivrer. Ainsi, Persée tue le monstre
et emmène Andromède avec lui, en Grèce. Après
sa mort, cette digne épouse fut portée au rang des
constellations, près de celles de Persée et de Cassiopée.
Iphigénie, quant à
elle, est une des filles d'Agamemnon, roi de Mycènes, et
de Clytemnestre. Homère ne mentionne pas son nom. La légende
d'Iphigénie se développe dans les épopées
cycliques et surtout avec les tragiques.
Alors que la flotte grecque s'apprêtait à partir
en expédition contre la ville de Troie, afin de ramener
l'épouse de Ménélas, les navires sont retenus
à Aulis par l'absence de vent. On interroge le devin Calchas.
Pour faire se lever les vents, il faut qu'Agamemnon accepte de
sacrifier sa propre fille, Iphigénie, à la déesse
Artémis. Le roi de Mycènes commence par protester
; en définitive, poussé par Ulysse et Ménélas,
il est contraint d'accepter. Pour faire venir sa fille à
Aulis, Agamemnon prétexte qu'il va la donner en mariage
à Achille. Lorsqu'elle se rend compte de la supercherie,
Iphigénie refuse puis finit par accepter son sort. Artémis
la prend pitié et, au dernier instant, elle substitue une
biche à sa place et emmène la jeune fille en Tauride.
Une fois de plus, l'évolution de cette légende comprend
beaucoup de variantes. Une étrange tradition fait d'Iphigénie,
la fille d'Hélène et de Thésée. Lorsque
ces frères vinrent la secourir, Hélène jura
qu'elle était restée vierge. Ainsi, elle donna naissance
à une petite fille dans le secret et l'abandonna à
sa sur Clytemnestre.
On dit encore qu'Iphigénie jouit d'une vie mystérieuse
sur l'île Blanche, marié au héros grec, Achille.
Ainsi, se trouve enfin réalisée l'union qui n'était
d'abord qu'un prétexte, réellement désirée
ensuite par Achille, pour finalement être brisée
par le sacrifice.
Outre la cruelle Médée, la belle Hélène,
la courageuse Antigone ou encore l'orgueilleuse Arachné,
nombreuses sont celles qui restent encore dans l'obscurité,
tapies au creux des récits mythologiques. Elles ont pour
nom, Alcinoé, Phèdre, Ariane, Didon, Echo, Circé,
Andromaque,
et elles n'attendent que vous. Arrêtez-vous
un instant, prenez le temps de les écouter vous conter
la fabuleuse histoire de leur vie.
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