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Les « Médiévales
de Crémieu », un pont entre les âges, une
fantastique réussite
La petite ville de Crémieu, à deux pas de Lyon,
créait l’événement en Isère
les samedi 13 et dimanche 14 septembre, avec ses nombreux spectacles
médiévaux gratuits pour tous. Autour de cinq lieux
stratégiques de la ville : la place de la mairie, de la
nation, Quinssonas, les visitandines et le pré Minssieux,
s’enchaînaient les animations de sept troupes de
comédiens professionnels. Vous pouviez assister dans le
désordre au spectacle à la fois drôle et
attachant d’un montreur d’ours, à des farces,
des chants et des danses, des contes et de la musique, en provenance
directe de notre imaginaire collectif moyenâgeux ! Sur
le boulevard Porte Neuve, un village d’artisans créateurs
avec peinture sur bois et sculpture, dans le pré Minssieux,
un extraordinaire camp de vie avec de multiples reconstitutions
et dimanche en fin de journée, un grand tournoi de joutes
avec heaumes, lances et chevaux, où plusieurs milliers
de personnes se sont retrouvés réunis pour assister à ce
spectacle grandiose. N’oublions pas les concerts de musique
médiévale à l’église, les échassiers
et les jongleurs. Je crois que j’ai fait le tour, mais
je n’en suis pas certain, car pendant ces deux magnifiques
journées où même le soleil était présent
pour ne rien manquer, il m’aurait fallu le don d’ubiquité !
Bien sûr, toutes ces attractions mettaient un point d’honneur à rester
dans l’esprit de ces « Médiévales »,
vous n’aviez qu’à fermer les yeux pour vous
retrouver plongé dans l’ambiance authentique des œuvres
de Stephen Lawhead ou au milieu d’un savoureux dialogue
entre Jacquouille et Godefroy ! Vraiment magique, onirique, et
pour ne rien gâcher, l’organisation était
réglée comme du papier à musique, des navettes
vous permettaient de relier votre chariotte à la petite
cité et de nombreux restaurants vous proposaient de quoi
vous sustenter pour des sommes très raisonnables. D’ailleurs,
en ce qui concerne les plaisirs de la chère, il se déroulait
le samedi soir sous la halle (du treizième siècle,
si mes souvenirs sont bons, un magnifique monument) le grand
banquet médiéval : au menu, Talmouse aux porettes
(sorte de tourte aux lardons et aux poireaux), bœuf de Salers
rôti en broche, purée d’aligot (purée
au fromage du Cantal) et en dessert, dariole aux pommes. Le tout était
arrosé du toujours très apprécié Côtes
du Rhône, servi pour l’occasion dans une poterie
souvenir. Pendant tout ce repas aux dimensions Homériques,
les comédiens, jongleurs, saltimbanques et musiciens étaient
là pour vous distraire ! A côté de ces spectaculaires
attractions féeriques, tous les coeurs des habitants de
cette ville fortifiée battaient à l’unisson
au rythme des temps jadis, la plupart des commerces étaient
ouverts, décorés pour l’occasion, et beaucoup
des autochtones étaient déguisés avec un
souci saisissant du détail. L’implication des commerçants
de la ville s’explique par l’histoire de Crémieu.
En effet, cette cité était un haut lieu du commerce
au Moyen-âge, du fait de sa localisation sur la route de
l’Italie. En 1315, le Dauphin Jean II remettait aux bourgeois
commerçants de la ville, la Charte de Franchise et de
liberté, leur accordant d’importants privilèges
commerciaux. C’est un peu pour renouer avec cette tradition,
que ces « Médiévales » ont vu le jour.
Je cherche une ombre au tableau de cette fête et je n’en
trouve pas. C’était un événement d’une
grande qualité, pouvant faire rêver et rire les
enfants comme les adultes, chose qui n’est pas toujours
aisée à notre époque. Merci aux organisateurs,
aux nombreux bénévoles (plus de deux cents) et à l’année
prochaine, je l’espère.
O.Bolliet
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