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Dents blanches pour pellicule rouge
Le vampire dans le cinéma
fantastique
Humour et dérision
La
question qui persista sur les lèvres des aficionados du
vampire au cinéma était pourtant fondée :
que va bien pouvoir faire notre créature préférée,
maintenant que tout a été dit ! C'est généralement
à ce moment qu'un petit plaisantin sort de sa tanière
et dit : "Et si, quand Dracula sort de son cercueil, il se
tape la tête sur une poutre ?" Vous l'avez deviné
: après l'horreur et le romantisme, place à l'humour
et la parodie. Et qui dit parodie, dit inévitablement celui
à qui elle doit tout, Mel Brooks. Dékà en
perte de vitesse après un Robin
Hood en demi-teinte, Dracula, mort
et heureux de l'être (Dracula : dead and loving it,
1995) sera pour l'ami Mel ce qui est le lit pour Dracula : le
cercueil ! Car, hormis quelques gags bien placés, son dernier
long métrage n'est nullement risible. Pourtant, avec Leslie
Nielsen dans le rôle du Baron, dont la transformation en
chauve-souris n'est arrêtée que par une fenêtre
fermée de justesse, on aurait pu présager le meilleur.
Une incursion ratée dans la dérision fantastique,
et la mort assurée pour Mel Brooks...
Orientation
comédie, également, pour La
reine des vampires (Tales from the crypt presents Bordello
of Blood, Gilbert Adler, 1995). Un explorateur découvre
le cadavre de Lilith, la mère de tous les vampires, qui
la ressuscite avec l'aide d'un télé-évangéliste.
Elle décide d'ouvrir un bordel de luxe, afin d'attraper
dans ses filets et ses canines les mâles en rut du coin.
Inutile de tourner autour du pot, La reine
des vampires est une pure comédie des Contes de
la Crypte, très amusante, et dont les vampires ont des
poitrines avantageuses. Un film à damner un sein...
Wes Craven se mettra également au vampire avec son Un
vampire à Brooklyn (Vampire in Brooklyn, 1994),
avec un Eddie Murphy dont la seule volonté est de se démarquer
de son rôle de Axel Foley (Le flic de Beverly Hills) qui
lui colle trop à la peau. Interprétant Maximilian,
un vampire dans la grande tradition de Baker, il insuffle l'élément
comique, accompagné de troublions de services. Mais quant
il s'agit de mordre les cours, Eddie se révèle carnassier
et avide de sang.
L'année
suivante; Roberto Rodriguez assène un coup mortel avec
Une nuit en enfer (From dusk till dawn, 1996), qui débute
comme un road movie avec l'enlèvement d'une femme par Seth
et Richard Gecko, et qui se termine en guerre contre les vampires
dans un bar pour camionneur. Les deux frères, déjantés
et allumés comme peuvent l'être George Clooney et
Quentin Tarentino), seront assistés par un pasteur et ses
deux enfants. Le film bascule donc dans un délire total,
le bar se trouvant sur un ancien temple aztèque qui réveille
les créatures de la nuit chaque... nuit ! Corps explosés,
giclures de sang et autres explosions de tête émaillent
ce film, Une nuit en enfer
ne fait aucune concession et se fout littéralement
de la littérature sur les vampires, hormis l'eau bénite
et la lumière ! Un film sang pour sang vampires, qui fera
les frais de deux autres suites, pas véritablement mémorables.
Assauts frénétiques
pour vampires vengeurs
La
fin du Millénaire approche et le vampire devient de plus
en plus violent. Deux nouveaux cas de figure se détachent,
au sein de deux oeuvres aux antipodes l'une de l'autre. Vampires,
de John Carpenter, est réalisé en 1998 et propose
une version western de la chasse aux vampires. Conduite par James
Woods, une équpe traque sans relâche les vampires
pour les envoyer ad patres. John Carpenter adore les westerns
et procure une vision nouvelle de la chasse aux vampires, qui
n'hésitent pas à sortir de la terre pour s'en prendre
aux humains. Un thème qui fascine le réalisateur
des aventures de Snake Plissken.
La
même année sort Blade
(Stephen Norrington, 1998), une oeuvre tirée d'un Comics
américain. Le vampire se fait ici vengeur à la Batman,
bien décidé à occire la vermine de la Terre,
tout en luttant pour ne pas en devenir une. Car si les muscles
de Wesley Snipes sont saillants, son corps demande une dose de
sérum nécessaire à sa survie et sa condition
d'homme-vampire. Réalisé de main de maître
par Stephen Norrington, Blade est
la vampire du nouveau millénaire, loin des morsures dans
le cou de jeunes vierges délurées, et loin des transformations
en chauve-souris. La Terre veut battre le mal par le mal et sa
solution s'appelle Blade. Une suite
est prévue pour les prochaines années.
Le futur ?
Que peut bien nous apporter le
futur ? Le mythe a été visité des centaines
de fois, les adaptations se sont succédées à
une vitesse vertigineuse et le vampire a été mis
à toutes les sauces. Qui sait ? C'est généralement
lorsqu'un genre cinématographique se meurt qu'il renaît
de ses cendres. A l'image du slasher movie remis en selle par
le génial Wes Craven. Ce n'est peut-être pas pour
rien que l'on retrouve le papa de Freddy derrière Dracula
2000, la dernière adaptation de Dracula sur grand
écran. L'avenir nous apprendra si le cercueil va se fermer
pour toujours ou si le sang coulera à nouveau des veines
de la société...
Dossier réalisé par Olivier
Ruol
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