|
Dents blanches pour pellicule rouge
Le vampire
dans le cinéma fantastique
Les années maigres
Les années 70 ne seront
pas synonymes d'effervescence pour le vampire. Très peu
de productions témoignent de l'amour du cinéma Fantastique
pour lui, préférant d'autres créatures comme
le loup-garou, la momie ou le Blob ! Captain
Kronos, tueur de vampires (Captain Kronos : vampire hunter,
Brian Clemens, 1972), propose une adaptation d'un Comics américain
version ensanglantée, pour un film qui ne restera pas dans
les annales du Fantastique, excepté celles des nanars.
Deux
oeuvres américaines tentent, cependant, d'apporter une
touche romanesque aux effluves sanguinaires du passé. Tout
d'abord, Dracula et ses femmes vampires
(Dracula, Dan Curtis, 1976), qui reprend à la lettre la
trame élaborée par Bram Stoker, complètement
oubliée des maisons de production durant près de
30 ans. Un retour aux sources inespéré qui voit
Dracula pris dans une histoire d'amour, sans effets spéciaux
impressionnants, mais avec un Jack Palance très froid,
méchant et agressif. Dans le même ordre d'idée,
John Badham (le réalisateur de War Games), décide
de proposer sa version de Dracula,
en 1979, avec Frank Langella dans le rôle-titre. L'histoire
est donc identique au livre, hissant le romantisme et la beauté
hors du contexte sanguinaire. Sans oublier le tâcheron Le
vampire de ces dames (Love at first bite, Stan Dragoti,
1978), dont le seul but est de présenter le minois de Georges
Hamilton aux demoiselles de l'époque. Pitoyable Dracula
qui, à l'heure actuelle, ne provoquera que des fous rires.
Sans vouloir s'attarder sur les
dix prochaines années, il faut avouer que les années
80 ne proposeront que peu de longs métrages sur le vampirisme.
Le seul mot d'ordre : l'humour. Le monde semble en avoir assez
des
morsures dans le cou et autres cris de jeunes vierges. Durant
ces années, les vampires feront rire. Et ce n'est pas Jim
Carrey qui nous contredira puisqu'il endossera cape noire et canines
d'enfer pour son premier rôle, dans le délirant Vampire
Forever (Once Bitten, Howard Storm, 1985). Embrasse-moi,
vampire (Vampire's kiss, Robert Bierman, 1989) permettra
à Nicolas Cage, méconnaissable, d'exprimer son talent
dans son interprétation d'un agent littéraire dont
la vie hasardeuse le conduira vers Rachel qui, au beau milieu
d'une nuit passionnée le mort. Dès le lendemain,
il se convainc de sa condition de vampire. Humour et cabotinage
pour une comédie oubliable. Humour, toujours, dans le désopilant
Vampire, vous avez dit... vampire ?
(Fright Night, Tom Holland, 1985) et sa suite tournée trois
ans plus tard.
Et pourtant...
Trois
films rehaussent le niveau d'une décennie gâchée.
Tout d'abord, Catherine Deneuve et David Bowie, qui campent deux
prédateurs dans le film du même nom (Les
prédateurs, Tony Scott, 1983). Ces prédateurs
qui soivent traquer la chair humaine
et son sang, afin de conserver la jeunesse éternelle, celle
de David Bowie s'échappant plus vite que celle de sa concubine.
Jalousie, perversion, pouvoir, beauté : le vampire loin,
très loin des Carpathes.
Bide intégral, mais non justifié, pour Innocent
Blood (John Landis, 1987) avec la jeune Anne Parillaud.
Déjà avant Blade, la vampire de charme s'amuse à
occire les méchants et évitent les gentils. Et,
dès que la mafia s'en mèle, le sang coule à
flot. Landis réalisera un peu tard que son film est en
demi-teinte, inégal, malgré la présence de
stars du grand écran.
Enfin, Joel Schumacher (du temps où il réalisait
encore de bons films) s'attèlent à redonner une
nouvelle jeunesse aux vampires avec Génération
Perdue (The Lost Boys, 1987). Kiefer Sutherland et sa troupe
s'en donne à coeur joie pour dévaliser et corrompre
tout sujet ayant un peu trop de sang pour lui. Un film mené
tambour battant !
 |
|
|
|