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Dents blanches pour pellicule rouge
Petits chefs-d'oeuvre méconnus,
"à gore déployé"
La nuit des vampires
Pour terminer, traitons de deux
films de vampires. Tous deux ont été présentés
au festival Fantastic'art de Gerardmer en 2000 et n'ont pas connu
d'exploitation en salle.
Le premier se nomme La nuit des vampires
de Shaky Gonzalez. Une jeune fille, Rébéca, vient
d'hériter du manoir de sa grand mère. Elle arrive
sur les lieux avec des amis et sans le vouloir, elle va ranimer
l'âme de son grand père, un vampire assoiffé
de sang. Jusque là rien de nouveau. Cependant, le réalisateur
est un passionné de cinéma et mélange, sans
gêne, des références italiennes (pour les
duels très western) aux films de John woo (pour les fusillades
au ralenti), en passant par des ambiances gothiques dignes de
la Hammer. Le film est aussi rythmé que le premier Vampire
vous avez dit vampire ? Il n'y a rien dans ce
film qui ralentisse l'action : un pur divertissement d'horreur,
sanglant à souhait, où les trouvailles techniques
se succèdent pour faire avancer l'histoire sans ennuyer
le spectateur. Pari réussi pour ce film qui a l'étoffe
d'un grand mais qui est passé inaperçu sur nos écrans.
Dommage. Heureusement, nous pouvons nous rattraper sur la version
DVD qui n'apporte malheureusement aucun bonus.
Razor Blade
Smile
Le second film s'intitule Razor Blade Smile
de Jake west. Ce film est un pur produit vidéo mais où
l'originalité prime avant tout. Son secret ? Il reprend
les stéréotypes du film de vampires et les change
à sa manière. La séquence d'introduction
est une pure merveille de réalisation. Les plans sont maîtrisés
de A à Z, le montage est énergique, la musique enivrante.
Malheureusement, dès que les comédiens se mettent
à parler, leur jeu reste assez approximatif. Cependant,
cette très belle scène est une référence
esthétique aux films de la Hammer. Ambiance gothique début
du siècle, image noir et blanc rappelant les vieux films
des années 20. On pose le cadre propre aux films de vampires.
Un duel aux pistolets s'engage entre deux hommes dans un grand
jardin mondain. Une jeune femme, Lilith, arrive précipitamment
sur les lieux et tente d'arrêter l'affrontement. Mais il
est trop tard. En tentant de tuer le meurtrier de son amant, elle
se prend une balle.
Le châtelain assassin n'est autre qu'un vampire amoureux
d'elle. Il en profite donc pour la vampiriser. Le générique
arrive ensuite. Il en dit long sur le ton du film. La musique
commence d'abord de manière symphonique et se termine en
techno pure et dure. En ombre chinoise se découpe la silhouette
généreuse de Lilith. Elle tire à tout va
avec toutes sortes d'armes à feu. Encore un stratagème
ingénieux du réalisateur pour dire que les vampires
des châteaux, c'est du passé. A partir de ce moment,
Lilith nous explique en voix off (ou au cours de longs dialogues)
sa condition de vampire moderne. Tout d'abord, elle passe une
grande partie de son temps dans les soirées gothiques,
symbole des "vampires modernes". L'intérieur
du bar est semblable à celui des vieux châteaux.
Il représente le manoir moderne des vampires actuels.
Au cours d'une discussion avec ses amis, Lilith en profite pour
dire que Bram Stocker est un "Vieil abruti sénile"
qui a écrit n'importe quoi sur les vampires. Cela en dit
gros sur ce Razor Blade Smile qui,
de bout en bout, va s'acharner à détourner les règles
posés par l'écrivain. Tout d'abord, les vampires
ne se transforment ni en chauve-souris, ni en brouillard. La véritable
transformation réside dans sa façon d'être
et d'agir discrètement en mêlant agilité et
intelligence. Le vampire moderne exploite ses dons de façon
beaucoup plus terre à terre. Lorsqu'elle exprime cela,
elle fait référence à sa condition de vampire
tueur à gage. C'est un travail de nuit bien payé.
Cela lui permet de tuer l'ennui. Et puis, un vampire moderne doit
savoir s'adapter au monde dans lequel il vit. C'est-à-dire
avoir de l'argent et posséder un bel appartement. De plus,
en exécutant ses contrats, le problème de se nourrir
ne se pose plus. Le sang de son travail coule à flot.
Pour ses missions, Lilith est tout de cuir noir vêtue, moulant,
faisant ressortir ses formes généreuses. Le cuir
étant une matière faisant appel au fantasme humain,
excitant, on retombe dans la sensualité du vampire décrite
par Bram Stocker. Ses armes (toute une panoplie d'armes automatiques
et de couteaux) sont bien soigneusement rangées dans un
cercueil surmonté d'une tête de mort. Tous les éléments
gothiques se retrouvent dans ce film mais de façon déplacé.
Lorsque Lilith doit faire des recherches personnelles, elle utilise
Internet. Elle a tous les documents sous la main pour travailler
en paix et savoir tout ce qu'elle désire en très
peu de temps. Plus besoin de coursiers (misérables mortels)
pour l'informer de ce qui se passe autour d'elle. Le vampire est
complètement autonome et peut vivre dans la société
tout en restant isolé. Enfin, en ce qui concerne la lumière
du soleil, les vampires ne la craignent pas. Ils sont extrêmement
sensibles des yeux et pour remédier à ce léger
désagrément, ils font comme tout le monde : une
simple paire de lunettes noires leur suffit. C'est ainsi qu'ils
peuvent aisément déambuler dans la rue, de jour
comme de nuit. De même pour le reflet dans le miroir, une
autre légende idiote et folklorique.
Même si ce film tourne en dérision les règles
du genre, il a quand même repris les thèmes abordés
par le film gore Bloodlust où
des vampires modernes adeptes de l'Héroïne et du sadomasochisme
(on retrouve des vêtements en cuir), commettent un vol aux
dépends de la mafia. Ils se mettent alors à dos,
des tueurs, des flics sadiques et des fanatiques religieux. Là
encore, le besoin de trafiquer, pour se faire un maximum d'argent
et ne pas succomber à l'ennui, est bien présent.
Olivier
"GOREDOC" NELLI
www.goredoc.com
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