Dents blanches pour pellicule rouge
Petits chefs-d'oeuvre méconnus,
"à gore déployé"
Par Olivier
Nelli
Mario Bava, chantre du gore
Les
vampires de Mario Bava sont différents de ceux évoqués
par Bram Stocker. Dans son premier film en tant que réalisateur,
Le masque du démon (1960),
il réalise une oeuvre dans la grande tradition gothique
de la Hammer. Mais ici, les dents proéminentes et la conquête
du pouvoir sont absentes. Le véritable pouvoir du vampire
se trouve dans son regard. On doit atteindre ses yeux pour l'anéantir
et libérer l'âme des vampirisés par hypnose.
Dans ce film, les vampires ne sont plus de beaux princes ou de
belles concubines au doux visage angélique cachant le vrai
faciès du démon. Au moment de la résurrection,
la chair putréfiée du vampire est encore meurtrie
par le temps, grouillant de vers et autres asticots. Le seul point
commun entre Dracula et les vampires de Bava est le besoin de
sucer le sang. Mais attention ! Pas n'importe quel sang. Celui
de son descendant direct, son sosie parfait. Non pas pour en faire
son esclave, mais pour emprisonner son âme et lui voler
son corps afin de retrouver sa jeunesse passée. Les vampires
du masque du démon se soucient plus de poursuivre leur
vie inachevée que de tuer par plaisir.
Malgré ce chef d'uvre
du Fantastique, Mario Bava ne poursuivra pas dans la voie vampirique.
Il n'y reviendra qu'une fois dans Les 3
visages de la peur avec le sketch Les Wurdalaks. Si la
victime n'a pas le cur immédiatement transpercé
par un pieux, elle deviendra vampire et sera condamnée
à attaquer les gens qu'elle aime le plus au monde. Ainsi,
le mythe du vampire est transformé en quelque chose de
beaucoup plus horrible que dans les films de la Hammer. Qu'y a-t-il
de plus atroce que de devoir s'attaquer aux personnes que l'on
aime. Même Dracula ne le fait pas sauf si c'est pour vivre
éternellement avec la femme de sa vie.
Ringardise et humour chez Troma
Passons
à présent au cas de la firme la plus gore, la plus
indépendante, des firmes américaines : la Troma.
En effet, ce studio qui vit le jour au début des années
80 est devenu au fil des ans la référence des films
trashs, sans un sou et à l'humour dévastateur. On
ne pouvait pas passer à côté d'un tel florilège
de ringardise comique et iconoclaste. Vu que tous les genres s'y
retrouvent, les vampires y ont leur place. Cela donne des films
inégaux mais originaux comme la Troma sait en faire ou
en distribuer. Malheureusement, très peu de ses films sont
visibles en France (en V.F ou sous-titrés). A l'heure ou
nous écrivons ces lignes, aucun des films de vampires suivants
n'ont été visionnés : Def
by temptation, I married a vampire,
Nightfall, Tainted,
Sucker the vampire et Rockabilly
vampire. Cependant, allez jeter un il aux résumés
de ces quelques réalisations sur le site http://www.troma.com,
et surtout à celui de Rockabilly
Vampire : une femme qui idôlatre Elvis Presley tombe
amoureuse de son sosie sans savoir que celui-ci n'est autre qu'un
vampire. Aaaaah
L'amour, le rock'n'roll et le sexe, des
ingrédients très
Troma.
Rollin' Vampires
Attachons-nous maintenant au cas
de Jean Rollin. Nous ne pouvions pas passer à côté
de ce monument du Fantastique. Ayant écrit de nombreux
romans sur les vampires, il a adapté à l'écran
bon nombre de ses sujets. Ne nous leurrons pas. Les films de Jean
Rollin n'ont jamais été de grands films, du moins
pour tout amateur de films bien construits. Jean Rollin est un
grand peintre expressionniste. L'image doit parler d'elle même
et peu importe si les dialogues sont mal joués. Cela crée
un décalage étrange et envoûtant. A cause
de son manque de moyens, il n'a jamais pu s'offrir le luxe de
grands professionnels, eux même déroutés par
sa façon de travailler. Il en résulte une filmographie
et une bibliographie riches en vampires, car pour cet auteur,
c'est le plus beau thème porté à l'écran.
Retenons de ses uvres, les plus intéressantes : Le
viol du vampire (1968), La vampire
nue (1969), Le frisson du vampire
(1970), Requiem pour un vampire
(1971), Les deux orphelines vampires
(1995)
Pour plus de renseignements sur ce réalisateur hors-normes,
vous pouvez vous référer à son site officiel
: http://www.shockingimages.com/rollin.
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