Les Robots (2)

Le mélange de genres

Mondwest (Michael Crichton, 1973) est un mélange plutôt réussi entre western et science-fiction. De riches touristes s’amusent dans des parcs d’attractions, dont la réplique d’une ville Far-West, où les figurants sont joués par des robots. Mais le robot Yul Brynner en a assez de se faire "tuer" chaque jour par les humains et réparer la nuit alors il se venge en tuant pour de vrai les vacanciers.

Comédie et science-fiction font aussi bon ménage dans Woody et les Robots (Woody Allen, 1973). Après avoir été réveillé d’un sommeil cryogénique, un homme doit apprendre à vivre dans un univers futuriste (ah l’Orgasmotron !) régi par les robots. En 1987, Mel Brooks réalise avec La folle histoire de l’espace une parodie irrésistible de Star Wars. La nounou-robot Dot Matrix est la version féminine de C3-PO. Enfin n’oublions pas Marvin l’androïde paranoïde de H2G2 (Garth Jennings, 2005), le robot dépressif issu de l’imagination fertile du romancier Douglas Adams.

Humains ou Robots ?

Si Star Wars (George Lucas, 1977) marque un tournant dans la science-fiction au cinéma, il donne enfin leurs lettres de noblesse aux robots. R2-D2, avec son style boîte de conserve et ses petits bruits, rappelle les robots des années 50. Par contre, C3-PO avec son look humanoïde représente, lui, les robots de plus en plus perfectionnés qui bientôt ne pourront plus être distingués des humains.

C’est le cas dans Alien, le huitième passager (Ridley Scott, 1978) où le conseiller scientifique est un robot secrètement infiltré dans l’équipage en vue de ramener un alien sur Terre. Dans la suite, Aliens (James Cameron, 1986), le robot aidera cette fois à vaincre les aliens. Dans Aliens Resurrection (Jean-Pierre Jeunet, 1997), c’est la belle Winona Ryder qui prête ses traits à une androïde.

Dans Terminator (James Cameron, 1984), Schwarzenegger trouve son meilleur rôle dans celui d’un androïde quasi-indestructible venu du futur pour éliminer l’humain qui causera la perte des robots. Le thème sera exploité de façon encore plus forte (le T-1000, même pulvérisé, se reconstitue pour poursuivre sa mission destructrice) avec Terminator 2 en 1990.

Les robots peuvent-ils avoir des sentiments ?

Si les robots peuvent cacher leur apparence métallique et passer pour des humains, il leur reste encore à apprendre à devenir humain. Les répliquants de Blade Runner (Ridley Scott, 1979) semblent éprouver des sentiments très humains comme dans la magnifique fin où Rutger Hauer philosophe sur la vie avant de mourir. Dans l’émouvant L'homme bicentenaire (Chris Colombus, 1999), première nouvelle d’Asimov adaptée au cinéma, Robin Williams évoluera de l’androïde artificiel à l’être humain. Enfin, A.I. (Steven Spielberg, 2001) dépeint la quête de David, un enfant-robot programmé pour ressentir l’amour et qui voudrait comprendre ce qu’est l’amour. Un conte profondément humaniste, très décrié à sa sortie, et qui prendra de la valeur avec le temps.

Vers la fin des robots ?

Le cinéma aime impressionner ses spectateurs et jouer avec ce qui leur fait peur. Ainsi, les nouvelles technologies sont souvent perçues comme dangereuses et ne demandent qu'à nous échapper. Mais aujourd’hui, les robots font partie de notre culture et ils n’effrayent plus. Des films comme I, Robot (Alex Proyas, 2004) suscitent même une demande accrue du public qui aimerait que les robots, comme dans le film, fassent partie de notre quotidien. D’autres technologies, comme le clonage et la génétique, ont pris le relais de la peur. Il ne reste donc plus aux robots comme Maria, R2-D2, C3-PO, Robby, Gort et David qu’à se retirer dans le Robot Hall of Fame de l’université Carnegie Mellon de Pittsburgh… pendant que d’autres s’installent dans nos maisons.

Christian Simon

 

 
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