Les Robots
Anges ou Démons ?

Les robots font partie intégrante du paysage de la littérature de science-fiction.

Le cinéma, grâce à la magie des effets spéciaux, leur a conféré une image. Une image qui oscille sans cesse entre la figure de l'ange protecteur de l’humanité et celle du démon destructeur.

Et le jour où ils seront vraiment parmi nous, de quel côté la balance penchera-t-elle ?

Metropolis, le précurseur

Les premiers films muets mettent déjà en scène des automates (comme Gugusse et l’automate, Méliès, 1897). Il faut attendre 1927 et le chef d'œuvre de l’expressionnisme allemand de Fritz Lang pour voir le premier robot au cinéma (et aussi un des premiers films de science-fiction). Le robot féminin de Metropolis, une copie créée à partir de Maria (la belle Brigitte Helm), est stupéfiant de beauté et de réalisme. Quatre-vingt ans plus tard, elle n'a pas pris une ride et conserve à l’instar du film, génération après génération, toute son aura de séduction. La preuve avec les succès de la version colorisée de 1984 (avec bande son rock !) et des restaurations de 1995 et 2001. Un succès qui s’explique aussi par ses thèmes précurseurs qui seront repris dans de nombreux films de science-fiction ultérieurs. La scène pendant laquelle le robot est créé préfigure la naissance de Frankenstein (James Whale, 1931). Et si Metropolis illustre brillamment la lutte des classes, il souligne surtout le danger qu’encourt l'Homme, lorsqu’en créant des machines, il se prend pour Dieu. Le châtiment divin n’est jamais loin…

En effet, le robot Maria finira par vouloir causer la perte de l’humanité mais sera détruite avant d’arriver à ses fins. Les robots destructeurs qui se rebellent contre leurs créateurs – soit qu'ils prennent conscience de leur supériorité sur la race humaine, soit que leur programme informatique dérape – seront par la suite légion au cinéma et sont tous en filiation directe avec la Maria de Metropolis.

Gort, Tobor, Robby et les autres

Après ce film aux multiples qualités (mise en scène, thèmes, design robotique…), suivront de nombreuses séries Z mettant en scène des acteurs déguisés en robots de pacotille comme celui de Robot Monster 3D (Phil Tucker, 1953) où le robot est un faux gorille avec un casque de plongée (sic!). Il faudra attendre la sortie de Le jour où la terre s'arrêta (Robert Wise, 1951) pour que le cinéma redore le blason du robot, terni par une flopée de navets et une sale réputation de méchant de service. Gort est en effet un des premiers robots cinématographiques à s'appuyer sur les fameuses lois de la robotique d'Asimov. Il est là, non pas pour détruire les êtres humains, mais pour les protéger… surtout d'eux-mêmes ; le film étant une mise en garde contre les dangers du nucléaire. Dans Tobor le Grand (Lee Sholem, 1954), Tobor est un gentil robot ami des enfants. Ce sont d'ailleurs les enfants qui plébisciteront Robby, le robot multilingue et multitâches du film culte Planète Interdite (Fred Wilcox, 1956) qui sera décliné en objets de merchandising et tiendra le premier rôle de Le cerveau infernal (Hermann Hoffman, 1957). Figure légendaire de la SF, il apparaît même dans des épisodes de la Quatrième dimension, Perdus dans l’espace, La famille Adams, Colombo, La croisière s’amuse

Les séries TV ont elles aussi leurs robots comme B9, le robot de Perdus dans l’espace (mollement adapté en 1998 par Stephen Hopkins) et Twiki, le copain robot de Buck Rogers au 25ème siècle et son fameux bidibidibidi. Citons encore les Daleks – les méchants robots de la série Doctor Who adapté au cinéma dans Doctor Who and the Daleks et Daleks invasion Earth 2150 AD (Gordon Flemyng, 1965-1966) – ou encore les Cylons, les méchants robots évolutifs de la série Galactica et de ses suites.

Dans la fable écologiste et méconnue Silent Running (Douglas Trumbull, 1972), on se prend d’affection pour les trois drones qui font preuve de plus d’humanité que les humains du film. Dans THX 1138 (George Lucas, 1971), les humains sont traités comme des robots. Ils sont nommés par des numéros de série, sont drogués pour ne plus ressentir d’émotion et vivent dans un univers aseptisé et archi-contrôlé sous l’œil de robots policiers. Le film lui-même, avec une prédominance du bruitage sur la musique et la blancheur de l’image, participe à la déshumanisation. Bref, un film que les robots devraient adorer !

 

 
 
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