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Clémence Poésy
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A maintenant 23 ans, Clémence
Poésy a déjà une belle filmographie à son actif
avec, notamment, son rôle de Mary Stuart dans une mini-série
anglaise produite par la BBC. Mais les projecteurs se sont
surtout tournés vers elle pour son rôle de Fleur Delacour
dans la dernière adaptation des livres à succès de J.K.
Rowling: Harry Potter et la Coupe de Feu.
Après ce rôle fantasy, nous l'avons retrouvée dans
une adaptation du Grand Meaulnes
puis dans un univers résolument SF avec le film Tender
Interface du réalisateur hongrois Ildiko Enyedi.
Elle y campera une jeune fille fan de jeux vidéos qui se
voit propulsée dans le New-York des années 40 au moment
où des scientifiques mettent au point la bombe H. Elle aura
pour partenaire Paul Giamatti (que l’on a pu voir à l’affiche
du dernier Shyamalan, Lady in the water). L'équipe du Fantastique.Net
était présente au 13ème Festival du film Fantastique de
Gerardmer et y a interviewé la jeune actrice, l’une des
membres du jury court-métrage. |
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LeFantastique.net:
Le court-métrage, est-ce quelque chose qui vous attire
?
Clémence Poésy: En fait, j'en ai fait assez
peu en tant que comédienne. Par contre, j’en ai vu
beaucoup en tant que membre de différents jurys. Les courts-métrages,
c'est un espace de liberté. Il y a moins de pression financière,
moins cette idée de rendement à tout prix que doit
avoir le long métrage. Et puis, je trouve qu’il est
important de faire de petits galops d'essais avant de commencer
un long.
LF.N: Que
pensez-vous du genre fantastique et des films projetés
à Gerardmer ?
C.P.: J’assiste aux projections du soir et aux films hors
compétition. Je ne m'attendais pas à voir des choses
gore, en fait. Pour moi, le fantastique n’est pas forcément
lié au gore. C'est en quelque sorte une nouvelle expérience
pour moi (rires). Ce n’est pas forcément le genre
de film que j'irais voir dans la vie.
LF.N:
Est-ce que ça vous intéresserait de jouer dans un
film fantastique ?
C.P.: Le faux sang, ce n'est pas très agréable,
ça colle (rires). Je ne sais pas trop... Le jour où
David Lynch m'appelle, je ne ferai pas la fine
bouche. C’est un cinéaste fantastique ! Mais jouer
quelque chose de très gore, peut-être pas. Quand
c'est dans le non-dit, qu’il y a une ambiance qui se crée,
qu’on installe une angoisse qui monte au fur et à
mesure… là, c'est vachement intéressant. Les
films du président du jury, Hidéo Nakata, ça
fait vraiment peur !
LF.N: Comment
est née votre participation au film Harry Potter et
la Coupe de Feu ?
C. P.: Mike Newel, le réalisateur, cherchait
une actrice française pour jouer Fleur Delacour. J’ai
passé les auditions. Puis je l’ai rencontré
et on a discuté. Et ça s'est bien passé.
Juste avant, j'avais tourné un téléfilm pour
la BBC sur la vie de Marie Stuart qui a été diffusé
au moment du casting. Donc ça a peut-être un peu
joué.
LF.N: Que
pouvez-vous nous dire sur votre personnage ?
C.P. Fleur Delacour est une sorcière française qui
vient à Hogwarts (Poudlard) pour participer au Tournoi
des Trois Sorciers qui s'y tient cette année-là.
Elle va donc participer à trois tâches qui composent
le tournoi et s'opposer à Harry qui, lui, participe au
tournoi un peu malgré lui.
LF.N: Avez-vous
rencontré J.K. Rowling pendant le tournage du film pour
qu'elle vous explique ce qu'elle attendait du personnage ?
C.P. Non. Elle est très présente en amont.
Elle travaille beaucoup avec les producteurs. Je pense que chaque
décision importante attend son aval avant d'être
prise. Mais sur le plateau, elle n'est pas là. Je pense
que c'est une façon de s'effacer et de laisser les gens
travailler sans pression, parce que quand l'auteur est là...
Sur le tournage du Grand Meaulnes, il
y avait les héritiers d'Alain Fournier
; et le co-scénariste, Alain Cosmos, est venu sur le plateau
un jour. Tout d'un coup, on ne se rappelle plus son texte et on
s'imagine qu'on fait tout de travers (rires). Je pense que Rowling
est au courant de cet aspect et de la pression que ça mettrait
sur tout le monde.
LF.N:
Était-ce votre première expérience avec les
blue-screens ?
C.P.: Oui, c'était la première fois. Mais j'en ai
fait assez peu en fait dans Harry Potter parce que ça concernait
juste la scène qui se déroulait sous l'eau. Et comme
ça se passait sous l'eau, de toute façon, on ne
voyait pas grand-chose. Et puis je préfère être
dans un étang chauffé, en aquarium en studio, plutôt
qu'au bord d'un lac (sourire).
LF.N: Au
niveau de la liberté d'interprétation, préférez-vous
un personnage issu d'un roman ou bien un personnage qui n'existe
que dans un scénario ?
C.P. En fait, la pression, c'est l'extérieur qui vous la
met. Moi, bizarrement, je me suis toujours un peu retrouvée
à interpréter des personnages qui avaient déjà
soit été interprétés, soit qui étaient
des personnages historiques. Pour Mary Stuart par exemple, on
est un peu perdu car lorsqu'on essaye de se documenter, qu’on
lise un livre écrit par un catholique ou par un protestant,
ce n'est plus du tout le même personnage. De plus, si c'est
écrit par un français, un anglais ou un écossais,
ça change tout. Il y a donc un moment où il faut
s'approprier le personnage. Moi je me dis: "bon ben maintenant,
je sais certaines choses, ça restera dans le fond de ma
tête et je fais ma petite cuisine". Ce qu'il faut,
c'est suivre le scénario pour que tout le monde fasse le
même film. Sinon, ça part dans tous les sens. On
verra plus tard, si ça entraîne des comparaisons
à la sortie du film.
LF.N: Mais
un personnage comme Fleur Delacour était fort décrit
dans le livre...
C.P. Oui, oui. En plus, tout le monde se fait sa propre image
du personnage et ça ne correspond pas forcément
à ce que moi j'en ai fait. Mais mon boulot, c'est de me
mettre au service de gens qui me guident. Je peux apporter des
idées mais il y a un moment où Fleur Delacour dans
Harry Potter 4 c’est la "créature" de Mike
Newell, le réalisateur, celle des producteurs, de la créatrice
de costumes, de tout ces gens qui se sont réunis et qui
en ont beaucoup discuté. Et après, je suis là
pour suivre leurs choix.
LF.N: A
la sortie d'Harry Potter 4, vous n'aviez pas encore lu les 5ème
et 6ème tomes. Aujourd’hui, savez-vous si vous allez
jouer dans les suivants ?
C.P.: Non, je ne sais pas. Parce que les producteurs de
Harry Potter font les choses vraiment film par film. Là,
on commence le 5 et je sais que je ne tournerai pas dedans. On
m'a offert le livre pour Noël alors il va falloir que je
le lise. Et puis, je crois que Fleur Delacour revient dans le
6. Mais comme tout le livre n’est pas adapté au cinéma,
on verra si mon personnage sera dedans. Et on verra aussi s’il
y aura un 6ème film.
LF.N:
Est-ce qu’avoir tourné dans Harry Potter vous a ouvert
beaucoup de portes en France ?
C.P. Heu... Ca change un petit peu les choses. On sort un peu
moins de nulle part pour les gens. Maintenant, ce n’est
pas non plus un rôle dans lequel on peut vraiment se rendre
compte du... talent. C'est un personnage mais moi j'appelle ça
de la présence active et réactive. C'est réagir
aux choses autour de soi. Donc je sais que j'ai encore plein de
choses à montrer et à prouver.
LF.N: Vous
avez 23 ans et vous jouez le rôle d'une jeune fille de 16-17
ans. Ne vous dites vous pas qu'on va vous relancer vers des personnages
ados dans le futur ?
C.P.: Effectivement, j'avais un peu peur de ça au
début, mais depuis j'ai tourné des choses très
très différentes. Et on m’a même proposé
de jouer des personnages plus âgés que moi. Donc,
je suis ravie car, oui, j'avais un peu peur d'être cantonnée
à des rôles ciblés ado.
LF.N: Avec
le Grand Meaulnes, vous vous spécialisez dans les adaptations
littéraires ?
C.P. J'ai encore un projet d'adaptation littéraire normalement
que je devrais tourner cette année. Mais c'est beaucoup
plus contemporain. C'est un bouquin qui est sorti il y a 4 ou
5 ans (ndlr: Sans moi de Marie
Desplechin, adapté par Olivier Planchot).
J'ai un papa qui est metteur en scène et comédien,
et une maman qui est prof de français. Donc tourner des
films qui adaptent des bouquins, je trouve que c'est un bon mélange
des deux.
Propos recueillis par Dominique Begon
et Christian Simon
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