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Pitof
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Après avoir commencé
sa carrière dans les effets spéciaux (Les
visiteurs, Alien Résurrection,
Astérix et Obélix contre César),
Pitof s’est lancé dans la
réalisation de films à effets spéciaux.
En 2001, il réalise Vidocq,
le premier film à être entièrement tourné
en haute définition. En 2004, il part aux Etats-Unis
pour tourner Catwoman avec la
sculpturale Halle Berry. Et depuis, plus
rien... Nous l’avons rencontré lors des Utopiales
et nous lui avons demandé pourquoi il se faisait
si rare. |
LeFantastique.Net:
Pitof bonjour, quels sont tes projets ?
Pitof: Actuellement, je cherche à réaliser un film
indépendant, toujours aux États-Unis.
LF.N: Cela
entraîne-t-il des démarches particulières
?
Pitof: Moi, je ne suis pas scénariste, je cours donc après
les scripts. Quand un script te plaît, il faut y associer
un acteur, une vedette. C’est un levier essentiel pour convaincre
les producteurs. Dans 80% des cas le film se fera parce que tu
as un acteur phare, une "star".
LF.N : Quel
budget faut-il pour un film indépendant aux États-Unis
?
Pitof: La frontière entre les indépendants et les
studios se situe aux environs des 40 millions de dollars. En dessous
de la barre, tu es un gros indépendant, au dessus, cela
reste du ressort des majors. Avec Catwoman, à
plus 100 millions de dollars, j’étais dans la grosse
production.
LF.N:
Un film indépendant, est-ce plus reposant à réaliser
?
Pitof: Ce n’est pas la même chose en réalité.
Il s’agit de deux mondes différents. Dans le monde
du film indépendant américain, le réalisateur
a la possibilité de générer un projet. Dans
le monde des studios, son travail c’est de faire un film,
c’est tout. Le réalisateur est engagé et il
doit exécuter le contrat. Le studio est maître de
tout. Pour Catwoman, le scénario ne ressemble
pas du tout à ce que j’aurais voulu qu’il soit.
Toutes les décisions importantes ont été
prises par le studio. Avec Catwoman, j’avais un
autre projet avec Jean Rabasse – avec qui j’avais
notamment travaillé sur Vidocq
– mais le studio l’a viré parce qu’il
était trop créatif ! Au final, sur une échelle
de 0 à 100, je suis responsable de 5% du film.
LF.N: On
comprend mieux ton envie de tourner un film indépendant.
Pitof: Ce que je veux, c’est un rapport particulier avec
les gens. Dans un studio, on t’engage pour un boulot et
on peut te virer dans la seconde. J’ai eu un dilemme avec
Catwoman. J’étais bien avancé dans
la production mais on m’a signifié que si je n’étais
pas content, je dégageais. Or, j’avais quand même
un engagement personnel, je me devais de terminer le travail.
Avec le cinéma indépendant, tu portes ton propre
projet même si l’idée n’est pas de toi
à la base.
LF.N:
Il y a donc beaucoup moins de pression.
Pitof: Il y a toujours un rapport de force entre le producteur
et le metteur en scène dans le cinéma américain.
En France, le réalisateur a tous les pouvoirs. Aux Etats-Unis,
même sur un film indépendant, c’est le producteur.
Mais au lieu de dîner avec un studio de cinquante personnes,
on dîne simplement avec son producteur.
LF.N: Les
rapports sont donc très différents.
Pitof: Tout à fait, c’est plus affectif. La grosse
difficulté quand on dîne avec un studio, c’est
qu’on ne dîne avec personne. C’est une entité.
On n’a jamais quelqu’un à qui parler. On te
répond "OK, mais le studio a décidé
que…".
LF.N: Tu
penses sortir bientôt un film indépendant ?
Pitof: Oui, j’ai plusieurs projets en parallèle.
Cela devrait se faire pour l’année prochaine.
J’ai déjà des acteurs pour certains, d’autres
sont des projets sans "star". Pour l’instant,
je démarche. Dès que j’aurais l’argent,
je me mettrai au travail.
LF.N:
Tu as tourné avec Lambert Wilson pour Catwoman, or Marc
Caro, avec qui tu as souvent travaillé, tourne avec lui
en ce moment même pour son film Dante 01. Les réalisateurs
s’appellent-ils entre eux pour parler des acteurs ?
Pitof: Bien sûr. Mais c’est vrai qu’avec Marc,
c’est différent. Je le connais depuis longtemps,
il a été mon témoin de mariage, on a passé
des vacances ensembles, etc. Quand Marc a songé à
Lambert Wilson pour son film, il m’a contacté. Je
lui en ai dit tout le bien que j’en pensais. Lors d’un
tournage on traverse des moments de tension, surtout avec les
acteurs, qui sont des personnes très sensibles. On a besoin
de l’avis de quelqu’un ayant travaillé avec
eux. On ne rentre pas dans les détails propre à
la réalisation, cela dépend trop du projet en cours.
Il n’y a ni manuel ni recette pour diriger un acteur.
Propos recueillis par Gabriel Féraud
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