Les magiciens du Fantastique
Tim Burton: le magicien du cinéma

 

Le retour de la chauve-souris

Après ce magnifique détour vers le conte, Tim Burton délaisse la 20th Century Fox et retrouve la Warner qui le veut absolument pour le deuxième Batman. Burton répond par l'affirmative mais se sent en position de force pour exiger le contrôle total de son film. Au vu des billets verts amassés par le premier opus, les pontes de la Warner acceptent sans hésiter. Burton s'approprie alors l'histoire et ose faire ce que personne avant lui n'avait fait : réussir un casting impressionnant et leur faisant interpréter des personnages immondes. La très belle Michelle Pfeiffer devient une femme psychotique, adepte des chats (et contrastant énormément avec la prestation de Kim Basinger dans le premier tome), Danny De Vito est un pingouin détestable, et Christopher Walken incarne la concupiscence extrême de l'Amérique profonde. Batman returns est donc bien un film de Tim Burton et non pas un film produit par Warner Bros. Sun un scénario de Daniel Waters, les délires du réalisateur inscrivent sur la pellicule la plus fantastique des aventures du super héros. Même si le film est un succès planétaire (282 millions $ ramassés), Warner Bros ne fera plus appel à Burton pour les prochains Batman, tant son univers est trop décalé pour eux. Qu'importe, Burton a d'autres chats à fouetter et, maintenant qu'il peut se livrer à des films plus intimistes, il décide de rendre hommage à l'une des figures les plus intéressantes du cinéma fantastique, un certain Edward D. Wood Jr.

Hommage aux étoiles

Né le 10 octobre 1924, Ed Wood deviendra, l'espace de quelques films le plus mauvais réalisateur de tous les temps (voir à ce sujet la biographie complète du réalisateur). Une personnalité marginale à côté de laquelle Tim Burton ne pouvait passer. Partant de l'ouvrage de Rudolph Grey, Nightmare of Ectasy, Burton dépeint la vie du réalisateur, incarné avec brio par Johnny Depp. Une vie qui n'est pas sans rappeler celle de Burton : un réalisateur ayant connu des troubles psychologiques (l'incompréhension de la vie de Burton et le besoin de se travestir chez Wood) et vouant un culte à un acteur du Fantastique (Vincent Price – Bela Lugosi). Filmé en noir et blanc, Ed Wood est un formidable plaidoyer contre l'indifférence et pour l'amour. L'amour de l'homme pour sa passion, pour la compréhension de l'autre. Un petit bijou en forme d'hommage qui permet aussi à Tim Burton de rappeler à ceux qui ne croient pas en lui ce qu'il est vraiment. Un film qui permettra à Martin Landau de recevoir un Oscar plus que mérité pour son interprétation d'un Bela Lugosi plus vrai que nature.

Retour à l'animation

L'année précédant Ed Wood, Tim Burton sera revenu à ses premiers amours, l'animation, et ce sur deux projets. Tout d'abord Family Dog, une série télé d'animation pour laquelle il créera plusieurs des personnages, une critique de la société vécue par un chien. Mais c'est L'étrange Noël de Mr Jack qui marquera véritablement l'empreinte de Tim Burton dans l'animation. Cette fois, il prend le contre-pied des contes de Noël pour en faire une farce féroce. En effet, Jack Skellington, le roi de HalloweenTown, est désabusé. Mais, en se rendant compte de la période de Noël, il décide d'enlever le Père Noël et de le remplacer pour la distribution des cadeaux. Animation image par image pour ce chef-d'œuvre fantastique où l'imagination débordante de Burton s'inscrit dans les décors, les personnages et, bien sûr, l'image. L'homme ne le réalisera pourtant pas, laissant la place à Henry Selick, un ami qui a collaboré avec lui sur plusieurs Disney. Cerise sur le gâteau, Danny Elfman, qui compose bien évidemment la musique, a donné sa voix à Jack Skellington.

Trois ans plus tard, en 1996, Tim Burton retrouvera Henry Selick pour James et la Pêche Géante, un long métrage mélangeant animation et prises de vue réelles. Même si l'implication de Burton est de moindre importance que dans L'étrange Noël de Mr Jack (il le produit sans en écrire l'histoire), l'empreinte de Burton est pourtant bien présente. Mais le tournage du film a des conséquences désastreuses pour l'amitié qui unit les deux réalisateurs. Les deux hommes se quitteront sans plus jamais se revoir.


 
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