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Les
magiciens du Fantastique
Tim Burton: le magicien du cinéma
Beetlejuice, Beetlejuice, Beetlejuice
!
La
même année, Tim Burton réalise l'un des épisodes
de la série "Alfred Hitchcock présente",
intitulé "The Jar",
une incursion qui, à l'époque, était synonyme
de reconnaissance pour le travail déjà accompli.
Il faudra cependant attendre 3 ans pour voir le nom de Burton
à nouveau sur grand écran. C'est une fois de plus
Warner Bros qui demande au réalisateur de mettre en musique
ses propres délires, incarnés par le personnage
de Beetlejuice, cet être aux
frontières de la vie et de la mort, qui devra s'occuper
de deux personnes qui viennent de décéder et qui
n'arrivent pas à y croire.
Véritable délire
visuel (où la maîtrise de l'animation de Burton vient
en aide à une réalisation peu commune), Beetlejuice
permettra à pas moins de 4 acteurs de se révéler
au grand jour : Geena Davis, Alec Baldwin, Winona Ryder et Michael
Keaton, ces deux derniers se retrouvant des années plus
tard dans un nouveau film de Burton. Le succès de Beetlejuice
conforte les têtes pensantes de la Warner qui cogitent depuis
des mois au revival d'un mythe des Comic Books, conforté
par les excellents résultats du récent Superman
de Richard Donner. Avec Michael Keaton dans le rôle-titre
et Tim Burton aux poste de réalisateur, nul doute que Batman
cartonnera au box-office !
Une chauve-souris géante
plane sur la nuit
Véritable
film de commande, Batman confortera
Tim Burton au sein des valeurs sûres d'Hollywood. Son Batman
a récolté pas moins de 435 millions $ au niveau
mondial, pour un investissement de 35 millions $. Un record pour
la Warner qui décide de rempiler 3 ans plus tard, avec
la même équipe. Les raisons de ce succès ?
Une volonté démesurée pour se rapprocher
du Comic original, celui de Frank Miller, Dark Knight. Si bien
que ce qui devait n'être qu'un simple film d'action se révèle
d'un psychologique bien plus profond qu'en surface. Son Batman
est sombre, Gotham City est une ville violente où l'esprit
familial est assassiné dès les premières
minutes. Une noirceur qui sied à Burton et, semble-t-il,
au public qui en redemande. Batman sera également l'occasion
à Jack Nicholson d'exceller dans son rôle du Jocker
et de faire de cette production le véritable premier film
dont la musique sera prise en charge par un chanteur, Prince.
Petite anecdote : Tim Burton demandera, bien évidemment,
à Danny Elfman de composer le peu de musique dans son nouveau
film. Alors qu'il se rend en avion pour rencontrer son ami, Elfman
fredonne les notes de ce qui deviendra le thème original
de Batman. Il l'enregistre directement
et avoue que sans cet enregistreur, rien ne se serait bien passé
car, à peine descendu de l'avion, Elfman n'arrivera jamais
à retrouver ce thème. Merci la technologie !
Le chef-d'œuvre tant attendu
Avant
de se livrer à son exercice de style préféré
avec Batman Returns, Tim Burton
décide de s'évader dans l'onirisme et le conte pour
enfant. Rassemblant ses idées pour un nouveau film, il
les donne à Caroline Thompson, une romancière pour
enfants (qui réalisera 11 ans plus tard le
Blanche-Neige et les 7 nains avec Sigourney Weaver), afin
qu'elle écrive le scénario. Cette fois-ci, c'est
au tour de Wynona Ryder de retrouver le réalisateur, accompagnée
d'un jeune acteur issu de la télévision et que l'on
a pu voir dans le premier Freddy
de Wes Craven, un certain Johnny Depp. Au centre de l'histoire
de Edward aux mains d'argent, l'incompréhension
du monde entier face à un être d'exception et exceptionnel,
un être créé par un homme mais qui n'a pu
être achevé à cause de la mort de son créateur.
Un être qui possède des lames en guise de doigts.
Un être qui ne pu recevoir le cœur d'un humain. Un
être qui ne peut comprendre et être compris. Tim Burton
décide, en 1990, de réaliser son propre Freaks
(voir à ce sujet notre comparaison
Edward aux mains d'argent – Freaks), son propre Frankenstein,
l'histoire d'un monstre au pays des humains. Sous l'une des plus
belles musiques du cinéma (toujours de Elfman), Burton
réalise ce qui sera et restera son chef-d'œuvre intemporel,
un film d'une telle beauté et d'une innocence maintes fois
remise en question, prenant pour cadre une ville d'un ennui total
(on ne peut que faire le lien avec Burbank, la ville natale du
réalisateur) au sein de laquelle vit Edward, dans une demeure
en décrépitude.
Edward aux mains d'argent restera
ce conte pour enfants inoubliable. Johnny Depp débutera
par ce film une longue collaboration avec le réalisateur
(Mars Attacks, Sleepy
Hollow, Ed Wood). Mais ce
film restera également le film témoignage à
Vincent Price, l'acteur fétiche de Burton. Incarnant le
génial inventeur terrassé par la mort avant d'avoir
terminé son œuvre, Price aura marqué le cinéma
fantastique et d'horreur d'une empreinte indélébile,
dans des chefs-d'œuvre comme La chute
de la maison Usher, Le corbeau
ou encore l'abominable Dr Phibes,
des productions généralement tirées de l'œuvre
d'Edgar Allan Poe.
C'est d'ailleurs cette fascination
pour l'acteur que Burton décide de réaliser Conversations
With Vincent, un documentaire biographique sur la vie de
Vincent Price, où l'on pouvait entendre des interviews
notamment de Roger Corman, Samuel Z. Arkoff. Malheureusement,
Burton ne terminera jamais ce film puisque l'acteur décèdera
la même année. Film testament de l'acteur, Edward
aux mains d'argent annoncera ce que Burton fera avec Ed Wood,
à savoir rendre hommage à l'une des autres figures
du Fantastique, Bela Lugosi.
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