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King Kong 2
(King King Lives, John
Guillermin, 1986)
Le
titre original pointe à lui seul l'idiotie du projet: Kong
n'est pas mort. Il est depuis dix ans dans le coma, planqué
dans un hangar par les autorités. Mais son état
décline, et il a besoin d'une transplantation. Par chance,
on capture une femelle maxi-gorille à l'autre bout du monde.
Le King est sauvé. Une fois rétabli, il va pouvoir
mettre les bouts, se défaire des GIs qui veulent sa peau
et filer le parfait amour avec sa nouvelle copine...
Ce point de départ donne
une petite idée de l'énormité de la chose,
au propre comme au figuré. Cela dit, le plus perturbant
reste le premier degré avec lequel cette œuvre sacrilège
fut filmée. Le scénario (pourtant co-écrit
par Ronald Shussett, qui contribua à Alien
de Ridley Scott) n'est qu'un tissu d'âneries,
ce qui n'empêche pas Guillermin de tout
mettre en boîte avec le plus grand sérieux.
Le
pompon est atteint lors d'une scène hallucinante de bêtise
anthropomorphique: réfugié dans la forêt,
Kong s'emploie à faire la cour à sa Lady (dans le
costume, c'est un acteur prénommé George !). Il
lui lance deux-trois œillades et lui file un coup de coude
d'un air entendu ; elle fait mine de le repousser et, du haut
de ses 20 mètres, joue les grandes timides. Ne pleurez
pas: il s'agit en fait d'une séquence visionnaire ! Si,
à cet instant, le King Kong de 1933 n'était plus
qu'un souvenir, les parades du balourd Homer réclamant
un câlin à Marge dans Les Simpson n'étaient
vraiment pas loin...
Finissons avec une pensée
pour les comédiens, tous de parfaits inconnus et qui le
restèrent, maudits pour leur participation à cette
infamie. Seule connut la gloire Linda Hamilton,
premier rôle féminin et comédienne alors en
vogue puisqu'elle venait d'échapper aux griffes d'Arnold
dans Terminator de James Cameron.
Cocasserie du sort, elle poursuivit sa carrière à
la télévision et vécut à son tour
le grand amour avec un mâle à poils. Pas grand monde
ne s'en souvient, mais la série dura trois saisons et s'intitulait...
La Belle et la Bête !
Julien Fleury - Janvier 2006
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