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Le Fils de Kong
(The Son of Kong Ernest B. Schoedsack,
1933)
Voici
un film méconnu et qui, sans vouloir être méchant,
gagnerait à le rester tant il fait pâle figure comparé
à son modèle.
Le projet part d'emblée
d'un mauvais pied. Le binôme Cooper & Schoedsack n'est
plus à la tête du projet, et Schoedsack va assumer
seul la mise en scène. Il en est de même pour les
scénaristes, Ruth Rose écrivant sans James Creelman.
Côté casting, ce n'est pas mieux: Robert Armstrong
(Denham) et Frank Reicher (Englehorn) sont de retour, mais doivent
pallier l'absence du couple Fay Wray et Bruce Cabott (Driscoll),
qui ne rempilent pas. Le budget, enfin, est revu à la baisse
et ne représente même pas la moitié des sommes
investies pour le premier film.
Un mois s'est écoulé
depuis la mort de King Kong. Rendu responsable des dommages causés
par l'animal, Carl Denham vit terré chez lui et désespère
de pouvoir échapper aux poursuites. Il finit par embarquer
de nouveau avec Englehorn et retourne en Asie. Dans un port mal
famé, une connaissance de Denham, une crapule nommée
Helström, croise la route des deux hommes et les met sur
la piste d'un trésor caché sur Skull Island, l'île
du premier film ! Tous trois prennent la mer alors qu'à
bord s'est dissimulée Hilda (jouée par la brune
Helen Mack), une jeune femme dont le père
a été assassiné par Helström...
Ces
trois premiers quarts d'heure (soit l'essentiel de ce métrage
de 70 minutes) sont ponctués de dialogues longuets et de
péripéties molles qui cantonnent le film à
la petite série B d'aventures, pas déplaisante mais
anecdotique. Finalement les personnages accostent sur Skull Island,
mais le film ne décolle pas pour autant. Bien au contraire,
il implose, à la 43ème minute, avec l'apparition
ridicule de Baby Kong.
Selon les besoins du scénario
et les différentes échelles de plan, l'animal apparaîtra
dans le film de taille variable. Pour son entrée en scène,
il semble aussi grand que le fut son père et se débat
embourbé dans des sables mouvants. En arrêt devant
le tableau, Denham balance sa réplique culte du film: "C'est
un petit Kong ! J'ignorais que Kong avait un fils.". Le reste
est à l'avenant: Denham et Hilda tirent mini-Kong de son
bourbier, il devient leur bon copain et les accompagne tel un
toutou. Pour finir, un tremblement de terre fort opportun permet
de conclure l'histoire sur une note tire-larmes, l'animal n'en
réchappant pas.
L'histoire du cinéma n'a
pratiquement rien retenu de ce petit film, inoffensif et débile.
Disons que Le Fils de Kong, projet plié
en à peine huit mois, de son écriture à sa
réalisation, prend aujourd'hui une valeur de témoignage
et s'inscrit comme un des premiers exemples hollywoodiens de suites
bâclées et mercantiles de films à succès.
Julien Fleury - Janvier 2006
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