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Jeux et cinéma fantastique : mariage réussi ?
Par Olivier
Ruol
S'il est un milieu où le
cinéma fantastique est roi, c'est bien l'adaptation
des jeux vidéo. D'ailleurs, il est le seul acteur de
ce monde où l'imagination domine imperturbablement.
Mais le mariage entre jeux et cinéma fantastique n'a
pas toujours accouché d'enfants terribles…
Le Tron et les racines
1982.
Disney, qui veut absolument confirmer sa maîtrise du mélange
film d'animation et prises réelles, décide de marquer
le genre d'une pierre blanche. Au sein d'une ère dominée
par l'informatique, elle porte à l'écran l'histoire
de Flynn, un inventeur ingénieux, qui s'aperçoit
que ses programmes sont hackés. En voulant en savoir plus,
il passe dans une autre dimension, à l'intérieur
de l'ordinateur, et va devoir "jouer" avec le Maître
du Jeu pour survivre. Doté d'un budget conséquent
pour l'époque et affichant des effets spéciaux
révolutionnaires (aussi pour l'époque), Tron sera
un échec total. Beaucoup annonce, à l'heure actuelle,
que le film était en avance sur son temps et que, plusieurs
années plus tard, il aurait conquis son public.
Mais Disney venait pourtant de
signer la meilleure entrée en matière pour le mariage
cinéma fantastique et jeux. Si Tron n'est
pas directement inspiré d'un jeu à part entière,
nul doute que son inspiration a puisé savamment dans ces
jeux fait de grilles de lignes entrelacées que nous aimions
faire tourner sur nos vieilles bécanes ou dans de vieux
Luna Park. Une nouvelle ère étant avancée,
celle du mélange jeux vidéo et cinéma. Un
univers qui attendra plus de 10 ans pour, enfin, s'illustrer.
Déferlante navrante
Onze
ans, c'est le temps qu'il faudra prendre avant d'attendre la
véritable première adaptation d'un jeu quelque
peu fantastique au cinéma. Pour bien débuter, inutile
d'aller chercher loin : choisir le jeu le plus adulé par
la plus grande proportion de joueurs, à savoir les Japonais.
Résultat des courses : plusieurs réalisateurs,
une bonne dizaine de scénaristes et une bouse inqualifiable
pour Super Mario Bros (1993). Certes,
s'il est amusant de voir Bob Hoskins dans une superbe salopette,
le film n'a absolument plus rien à voir avec le jeu d'origine.
Même Dennis Hopper, grand méchant de l'histoire,
est ridicule et les gamers qui attendaient le sommet d'un genre
en devenir sont tombés bien bas.
Première expérience
ratée, donc. Mais les Américains ne reculent pas
devant l'échec. Si cela n'a pas marché avec un
jeu d'apparence anodine, voire même gentille, prenons un
bon jeu de baston : la violence paie toujours. Même s'il
a connu un succès en vidéo, Double
Dragon (1994, James Yukich) se classe immédiatement
dans le coin "mauvaise adaptation". La raison ? Tout
simplement parce que ce genre de jeu se base sur un manque crucial
de scénario. Les bagarres se suivent sans trop se ressembler,
et la difficulté augmente au fur et à mesure des
combats. Le film, quant à lui, essaie de hisser l'histoire
un cran en plus, mais Robert Patrick qui essaie de donner des
coups de pieds à Alyssa Milano, on croit rêver… Quoiqu'il
en soit, cette histoire de deux frères qui possèdent
un talisman sacré et qui doivent combattre le mal absolu,
donne des idées à d'autres scénaristes,
dont le (pourtant) doué Steven De Souza.
Car, la même année,
Hollywood décide de faire appel à notre Jean-Claude
Van Damme national, assisté d'une Kylie Minogue qui ne
poussait pas encore la chansonnette à l'époque,
pour mettre la dragée haute à feu Raul Julia dans Streetfighter.
Jeux de combat par excellence, qui en engendrera plus d'un, Streetfighter a
le mérite de présenter la plupart des héros
et vilains du jeu pendant tout le film. Les combats sont bien
filmés, l'histoire intéressante. Mais la sauce
a du mal à prendre.
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