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La guerre, c'est Fantastique !
Par Olivier
Ruol
Nul n'est dupe : les guerriers
ont la vie dure au cinéma fantastique. Qu'ils soient en
guerre contre une armée de titans ou contre eux-mêmes,
ils arborent généralement l'épée qui,
une fois de plus, est plus forte que la plume. Celle des scénaristes,
malheureusement…
Nous avions, il y a quelque temps,
brossé un portrait sans véritable concession de
la Fantasy
au cinéma. En conclusion, trop de nanars et trop peu
de chefs-d'œuvres. Nul besoin d'y revenir. Mais un dossier
consacré aux guerriers ne peut, inévitablement,
passer outre mesure nos amis aux biceps hors proportions, écumant
les contrées lointaines à la recherche de trésors
inavouables. Bref, l'Heroïc Fantasy aura été,
et est encore, le vivier de guerriers tous plus forts que les
autres, dominés cependant par la figure mythique d'un Conan
le Barbare, véritable fleuron du genre, encore adulé
par un public sans cesse fanatique, malgré un bide retentissant
pour sa suite, Conan le destructeur.
Mais King Conan, en cours de production,
devrait redresser la barre.
Fantaisies en tous genres
Comme
tout guerrier qui se respecte, nos amis de la Fantasy arborent
fièrement leur épée. Car l'épée
est véritablement l'arme du guerrier au cinéma.
Point de véritable magie : quand le Mal avance, le guerrier
se met au fourneau! Qu'il soit de Fantasy (Conan,
Dar et la clique de guerriers ultra-boldybuildés
et au cerveau aussi minuscule que le talent des scénaristes),
asiatique (avec une magie certes présente, mais des combats
au sabre) ou encore du futur-passé (après tout,
le sabre laser des chevaliers Jedi s'inspire largement de la figure
de l'épée), le guerrier ne se sent bien qu'avec
celle qui, de la pointe, signe son nom dans une marre de sang…
Mais pourquoi se bat-il ? Une question
que le guerrier se serait bien passé de répondre
car, bien calé dans son divan regardant Jean-Pierre Foucault
à la télévision, le voilà dérangé
par, en général, un allumé qui, soit attise
la convoitise par un trésor qui, de toute façon,
à la fin, sera perdu, soit décide de tuer un ou
plusieurs proches et la guerre se transforme en vendetta (l'un
des piliers de la Fantasy avec Conan,
Dar l'invincible ou encore Red
Sonja). Bref, le guerrier veut tout sauf se battre. Mais
comme il est obligé, va bien falloir qu'il se bouge…
L'Asie, terre des guerriers
Les Etats-Unis et l'Italie nous
ont donc abreuvé de sempiternels guerriers en quête
de la paix intérieure avec l'Heroïc Fantasy. Mais,
heureusement, nos amis asiatiques ont quelque peu relevé
le niveau avec la figure du samouraï. Car le code de l'honneur
est la raison de vivre pour cette région et la transposition
cinématographique de ce code se traduit généralement
par l'éternel combat du Bien contre le Mal, ce dernier
ne triomphant que très rarement. On se souvient encore
des combats de la trilogie Histoires de
Fantômes Chinois, mais également ceux du sublime
Zu, les guerriers de la montagne magique,
que réalisera Tsui Hark, en 1983. Dans le cinéma
asiatique, le guerrier se déclare souvent incapable d'éprouver
des sentiments, déclaration qui tend généralement
à être démentie dans les secondes suivants
son énonciation. Crying Freeman
(Christophe Gans, 1995), qui puise sa source dans l'imaginaire
asiatique, en est la preuve ultime. Il est un guerrier solitaire,
tuant sans aucune arrière pensée, mais pleurant
à chaque mort. Le côté médiéval
est toujours présent, impossible à dissocier de
l'épée.

Cette figure du samouraï,
qui a fait les choux gras de producteurs japonais et chinois,
se décline également aux Etats-Unis. Car, Blade
n'est-il pas le guerrier par excellence. Comme tout bon guerrier
qui se respecte, il possède en lui le Mal qui le ronge
de l'intérieur. Qu'elle soit colère face à
la mort de son peuple (Conan – Conan le barbare), déception
et tristesse face à l'oubli (Aragorn – Le
Seigneur des Anneaux), amour impossible (Lancelot –
First Knight) ou poison venimeux
alimentant son cœur en sang Sali (Blade), le guerrier doit
se battre contre ses démons intérieurs, généralement
immortalisés par des figures fantastiques bien connues.
Blade combat les vampires (tout comme Buffy),
Conan veut la tête de Thulsa Doom et Aragorn se bat contre
toute forme de lutte contre le Bien.
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