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13ème Festival du Film Fantastique de Gerardmer
Vendredi 27 janvier, 11h00
Il
est l'heure de visionner Wolf Creek
de Greg McLean, un des films mineurs de la sélection.
C'est un survival, pas pire mais pas meilleur qu'une tripotée
d'autres. Chacun est libre d'y trouver ou non son compte.
Un gars et deux nanas partent
pour quelques jours de trekking dans l'outback australien. Ils
se retrouvent vite en panne mais bénéficient de
l'aide providentielle de Mick, un bouseux solitaire et itinérant
qui sillonne le désert au volant de son camion. Le type
n'est pas très net et réserve de vilaines surprises
au trio de randonneurs...
On a beau adorer les histoires
de croquemitaines et autres salopards monstrueux, on s'ennuie
devant la gratuité des situations et des violences endurées.
McClean, cela dit, a le mérite de ne jamais dévier
de sa ligne de conduite, ce qui constitue un atout: à force
de sadisme envers ses personnages, le réalisateur arrive
au bout du compte à surprendre un peu et, en dépit
d'invraisemblances grotesques, parvient à sauver les meubles
par des pointes d'humour assez vaches et un épilogue d'une
étonnante noirceur. À noter, également, une
belle photo granuleuse qui confère un aspect poisseux aux
grands espaces australiens.
Vendredi 27 janvier, 17h00
La
projection de Zhaibian/The Heirloom
(Leste Chen, Taïwan) débute, mais
nous n'y sommes point ! Pas très professionnel, me direz-vous,
mais nous avons une excellente excuse: à ce moment, nous
sommes en interview avec Billy O'Brien, le réalisateur
d'Isolation. On ne saurait fonder une critique de film sur des
"il paraît que" ou des "on dit", mais
sachez quand même qu'après sondage, Zhaibian n'aurait
rien d'indispensable et serait même un tout petit peu gonflant.
Je vous invite à vous rendre compte vous-même des
qualités et défauts de l'objet, au cas où
il serait visible, un jour, dans un cinéma près
de chez vous ou dans le vidéo-club du quartier...
Vendredi 27 janvier, 20h00
Créateur
du festival, Lionel Chouchan monte sur scène,
bientôt suivi par Jean-Pierre Dionnet,
pour rendre hommage au président du Jury, Hideo
Nakata, et passer en revue l'ensemble de son œuvre.
C'est l'occasion de se rendre compte que le cinéaste japonais
n'est pas que l'auteur des excellents Ring et Dark
Water, mais qu'il a aussi à son actif pas moins de
huit autres fictions et documentaires, travaux méconnus
en Occident, voire carrément invisibles. Dommage: la rétrospective
présentée dans le cadre du festival ne comprend
aucun de ces films rares, et ne propose que de revoir les titres
exploités en salles sur notre continent.
Après les éloges,
Nakata arrive sur scène et réagit à ces honneurs:
"Je me demande s'il n'est pas prématuré, pour
moi, de faire l'objet d'un hommage", dit-il avec modestie.
"Mais je vais prendre ça comme la fin symbolique de
la première étape de ma carrière, et le début
d'un nouveau cycle dans lequel je m'efforcerai de faire des films
encore plus effrayants."
Vendredi 27 janvier, 20h00
Nakata,
Dionnet et Chouchan quittent la scène, car l'heure de découvrir
Hostel a sonné ! La salle est
pleine à craquer pour assister à la présentation
de la tête d'affiche de cette édition 2006. Hostel
a été précédé d'un effet d'annonce
savamment orchestré par la production – assurée
par Quentin Tarantino himself – et bénéficie
d'un VRP de première classe pour assurer la promo: le réalisateur
Eli Roth en personne ! T-shirt noir à
l'effigie du film et jean troué, le gaillard déboule
sur scène en courant, s'empare du micro et s'emploie à
chauffer le public par une présentation en français
de plusieurs minutes. Roth sait y faire (les Américains
ne sont pas les inventeurs de la "stand-up comedy" pour
rien !) et c'est dans l'euphorie générale que démarre
la projection.
Paxton et Josh, deux étudiants
américains, parcourent l'Europe avec leurs sacs à
dos et entendent bien pimenter chaque étape du voyage par
des plans sexe gratinés. Accompagnés de l'Islandais
Oli, autre backpacker rencontré en chemin, il font la connaissance
à Amsterdam d'un Russe vendeur de shit qui leur conseille
de pousser jusqu'en Slovaquie, à Bratislava, où,
assure-t-il, les filles sont superbes et prêtes à
tout pour satisfaire les beaux Occidentaux. N'écoutant
que leur bas-ventre, les trois nigauds foncent tête baissée
et se retrouvent aux prises avec un immonde trafic d'êtres
humains...
Supprimons
d'emblée tous faux espoirs: Hostel n'est pas l'effroyable
trip gore hardcore que vanteront à coup sûr les campagnes
de pub à venir (le film sera dans les salles en mars).
Par comparaison, des titres comme Saw et Calvaire,
sélectionnés dans ce même festival l'an dernier,
furent des uppercuts bien plus violents assénés
aux spectateurs.
En effet, tout habile et surprenant
qu'il soit, Hostel ne suscite jamais crainte ni angoisse,
et se cantonne quasi exclusivement au registre du délire
potache assumé. Les trois premiers quarts d'heure, franchement
paillards, voient défiler fesses et poitrines dans une
sarabande de scènes "soft porn", avant que le
grand-guignol ne prenne le pas avec le faux sang et les prothèses
latex de rigueur.
Hostel, in fine, n'est
donc qu'un beau train fantôme rondement mené, auquel
on reconnaîtra tout de même un certain impact : passée
la rigolade, plane un sentiment diffus de fascination et de léger
malaise devant le spectacle effarant des bas instincts et des
pulsions les plus viles de l'être humain.
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