Bifff 2008
Festival
du film fantastique de Bruxelles
26ème édition
Tours & Taxis
Bruxelles
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Vendredi 4 avril
Artefacts (Giles Daoust,
Emmanuel Jespers, compétition européenne)
Kate
Warner est du genre workaholic. C'est d'ailleurs pour ça
que son petit copain l'a quittée. Et ses problèmes
ne sont pas près de s'arranger car, en quelques heures,
deux de ses amies se font mystérieusement assassiner. D'ailleurs
Kate pourrait bien être la suivante sur la liste du mystérieux
assassin. Peut-être aurait-elle une chance si son ex était
avec elle...
Quel est le point commun entre Le Prince de ce monde,
projeté ce lundi, et Artefact
? Ce sont deux films belges ! Par contre, au niveau de la production,
rien à voir. Artefact est le fruit d'un projet
fou ! Un jour de janvier 2007, Giles Daoust et Emmanuel Jespers
ont décidé de présenter un film pour le prochain
Festival de Cannes. Il fallait tout faire: écrire le scénario,
trouver le financement (100.000 euros suffiront !), trouver le
casting (international svp !), tourner le film (10 jours seulement),
le monter... Pour y arriver, il a fallu changer les méthodes
de travail. Au lieu de faire une tâche après l'autre,
Giles Daoust et Emmanuel Jespers ont tout fait en même temps:
le repérage, le casting, l'écriture du scénario...
Ce qui n'a évidemment pas été sans problème.
Mais cela les a aussi obligés à être imaginatifs,
à user de trucs de mise en scène, de cadrage, etc.
pour économiser sur un budget qu'ils n'avaient pas réussi
à trouver. Et le résultat ? Un film réalisé
en six mois seulement.
Maintenant il ne faudrait pas croire que, parce qu'ils ont travaillé
dans l'urgence, Giles Daoust et Emmanuel Jespers ont bâclé
leur travail. Que du contraire. Leur film est efficace, rythmé,
cohérent et très agréable à suivre.
Comme quoi, on n'a pas besoin d'avoir des moyens hollywoodiens
pour faire du bon cinéma !
Cerise sur le gâteau pour Emmanuel Jespers, il a raflé
les deux prix pour la Compétition Belge du Court Métrage
qui se déroulait ce 4 avril au BIFFF. "Les Deux Sœurs"
ont reçu le prix SACD/SCAM et le prix Michel Devillers.
Jamais deux sans trois ?
Flick (David Howard, Compétition
internationale, compétition européenne, première
internationale)
Johnny
"Flick" Taylor a deux passions dans la vie: le rock
et Sally Andrews. Un soir de ce début des sixties, il prend
son courage à deux mains pour demander à sa belle
de danser avec lui. Mais tabassé par un groupe de jeunes,
Johnny transforme la piste de danse en abattoir avant de s'enfuir
dans sa voiture. Un tournant mal négocié et Johnny
termine dans la rivière. Enfin croit-on. Car le rock'n
roll ne mourra jamais et Johnny réapparaît 20 ans
plus tard au son de la musique du King...
Décidément c'était la journée des
bonnes idées quand on manque de budget ! David
Howard voulait faire un film d'horreur mais il n'avait
pas d'argent pour les scènes d'action. Alors il a remplacé
lesdites scènes par des planches de BD ! D'ailleurs, c'est
tout le film qui est tourné à la manière
d'un comic saupoudré de bons vieux morceaux de rock'n roll.
Le casting est parfaitement dans le ton du film et Faye
Dunaway, en femme flic avec une main en métal
groupie d'Elvis, est simplement excellente. Bref, un film plutôt
plaisant et sympathique, malgré certains moments un peu
longuets.
Mother of Tears: the Third
Mother (Dario Argento)
Une urne est trouvée enchaînée à un
cercueil dans un cimetière. L'urne est expédiée
à Rome pour être étudiée par Mickael,
un spécialiste des sciences occultes. Mais les assistantes
de Mickael, impatientes, ne peuvent attendre son retour et ouvrent
l'urne. Elles viennent sans le savoir de libérer la Mère
des Larmes. Dans les heures qui suivent, les sorcières
affluent du monde entier vers Rome qui sombre alors dans le chaos.
30 ans après le premier volet, le maître Dario Argento
conclut donc sa trilogie des Mères dans une débauche
de violence et de sang. Car Argento n'y va pas par quatre chemins
et à peine l'urne est-elle ouverte que nous avons droit
à notre première scène gore. Par contre,
le personnage de Sarah (interprété par sa fille
Asia Argento) semble parfois bien frêle
pour pouvoir empêcher l'avènement du second âge
des sorcières. Et là se trouvent peut-être
les faiblesses du film. Si le scénario est cohérent
et facile à suivre, le film souffre d'un manque de souffle.
Sans parler de la fin qui est un peu rapide et facile, ce qui
laisse le spectateur avec un goût de trop peu.
Samedi 5 avril
Nobody (Shawn Linden)
Nobody
est un tueur à gages avec ses petites manies: tout de noir
vêtu, le visage noirci, il ne travaille que la nuit. Mais
Nobody a un petit souci, Rolo Toles, le parrain de la pègre
locale qui lui reproche de ne pas avoir mené à bien
sa dernière mission. Alors depuis, Nobody est poursuivi
par un collègue qui semble connaître avant lui-même
sa prochaine action !
Décidément ce BIFFF montre que ce n'est pas le budget
qui fait un bon film mais les bonnes idées. En voici encore
la preuve avec Nobody, film à petit budget et
composé d’une équipe de bénévoles.
Shawn Linden a pourtant réussi à
ficeler un film noir tout en atmosphère dans lequel on
n'aurait pas été étonné de croiser
Humphrey Boggart himself.
Mais ce qui caractérise surtout Nobody, c'est la répétition.
C'est qu'en fait, le scénario de base de Shawn Linden tenait
sur une petite demi-heure de pellicule et que le reste du film
est le résultat du triturage, du pliage et du dépliage
de ce scénario de base en variant les points de vue sur
la trame de départ. Ce petit jeu de paradoxes temporels
en agacera certains alors que d'autres adoreront.
Frontière(s) (Xavier
Gens, compétition internationale; compétition européenne)
La
France d'entre les deux tours de la présidentielle. L'extrême
droite est sur le point de prendre l'Élysée, alors
banlieues et flics improvisent une super baston en attendant la
proclamation des résultats. Dans ce chaos, une bande de
copains s'enfuit vers les Pays-Bas avec le fruit du braquage qu'ils
viennent de faire et s'arrête dans un patelin perdu près
de la frontière pour passer la nuit. Pas de chance pour
eux, leurs hôtes ne semblent pas fort apprécier la
mixité culturelle...
Dans une débauche de scènes gores, violentes et
sans concessions, Frontière(s) est la réponse
de Xavier Gens à l'accession de Le Pen au 2ème tour
des présidentielles de 2002. Une réponse hyper-violente,
dérangeante et extrême qui ne pouvait que causer
les controverses qui l'entourent. Cependant Frontière(s)
ne se limite pas qu'à une réponse à l'extrême
droite. Pas que le film explore profondément d'autres thèmes.
Mais il ne faut pas le prendre pour plus que ce qu'il n'est :
un film dont l'horreur sans tabous va jusqu'à la barbarie
la plus brutale. Car Xavier Gens n'y va pas avec le dos de la
cuiller, mais plutôt avec la hache, le fusil à pompe
et tout ce qui peut lui tomber sous la main pour faire gicler
le sang !
International Short Film Competition
- Remise des prix
Compétition Belge
du court-métrage
Prix Sacd/Scam: Les deux sœurs
(Emmanuel Jespers)
Compétition internationale
de court-métrage
Jury:
Bénédicte Bourgois, RTBF, Belgique ; Brigitte Dithard,
SWE, Allemagne ; Sandrine Waller, TSR, Suisse ; Brice Van Der
Haegen, Plug Tv, Belgique ; Alexandre Soloviev, Russian State
Tv, Russie ; Srdjan Mitrovic, B92, Serbie ; Roland Nguyen, France
3, France
- Prix des télévisions: Berni's
Doll (Yann J.)
Ce court-métrage sera diffusé par les chaînes
de télévision représentées.
- Prix spécial du jury: Film for the Boxed
(Bryn Chainey)
- Prix du public: Berni's Doll (Yann J.)
- Prix BeTV : Film for the Boxed (Bryn Chainey)
- Méliès d'argent (finaliste au
Méliès d'or): Of Cats & Women (Jonas Govaert)
Exte: Hair extensions (Sion
Sono, compétition internationale)
Yamazaki,
employé à la morgue de Tokyo, dérobe le corps
d'une femme dont les cheveux continuent de pousser malgré
la mort. Son but est de revendre les mèches au salon de
coiffure pour se faire un peu d'argent de poche. Le problème
est que les femmes auxquelles on appose ces extensions capillaires
sont tuées mystérieusement…
Miroir, mon beau miroir... Qui ne s'est jamais soucié de
son apparence ? Au Japon, les femmes se font poser des extensions
capillaires pour améliorer leur chevelure. C'est en prenant
conscience de ce fait apparemment trivial que Sion Sono (Suicide
Circle) a eu l'idée de ce film. À ce point
de départ, il mêle un second thème qui n'a
rien à voir: l'histoire d'une fillette battue par sa mère.
Et là, Sion Sono est très fort car il arrive à
dénoncer ces deux faits de société sans perdre
la cohérence de son film. Au contraire, ces deux types
d'horreur se répondent, se renforcent mutuellement dans
la mise en scène de Sion Sono !
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