Bifff 2008

Festival du film fantastique de Bruxelles

26ème édition

 

 

Tours & Taxis

Bruxelles

Mercredi 2 avril

Timecrimes (Nacho Vigalondo, compétition européenne)
Jouant avec ses jumelles, Hector aperçoit une jeune femme se déshabiller dans les sous-bois proches de sa maison. Profitant de l'absence de sa femme, Hector s'en va à la recherche de la jolie inconnue. Mais quand il la retrouve, inconsciente, il se fait agresser par un homme dont le visage est caché par un bandage ensanglanté. Et Hector de s'enfuir sans demander son reste...
L'intrigue commence innocemment par une série d'éléments bizarres mais sans plus. À la limite, on se demanderait même pourquoi on vient perdre... son temps dans cette projection. Puis Hector se retrouve le jouet de paradoxes temporels. Et là, on voit les éléments bizarres de la première partie s'enchaîner logiquement les uns aux autres tandis que de nouvelles énigmes apparaissent. Et nous voilà partis dans un jeu de piste qui fait tout le plaisir du film: ce détail, est-ce un piège du scénario ? Qu'est-ce qui se passe dans ce hors-champ ? Et ne doutez pas qu'à ce petit jeu, ce sera toujours Nacho Vigalondo qui vous mènera là où il l’aura décidé. Si vous aimez ce genre de film, alors Timecrimes devrait vous plaire.

Doctor Infernio (Paco Limon, compétition européenne)
Imaginez que le cancer et le sida soient guérissables. Impossible ? Pourtant le docteur Hell a mis au point le remède ! Mais le bon docteur a quelques soucis. Il y a d'abord cette infirmière qui veut lui faire la peau et qu'un tueur maladroit n'arrive pas à liquider. Puis il y a ces survivants d'expériences ratées qui traînent dans les couloirs du labo et qui risquent de faire désordre.
Bien pensants coincés vous êtes priés de vous abstenir ! Partant d'une énième variation de Frankenstein, Paco Limón s'amuse à décaper les poncifs du film d'horreur avec un humour loufoque, complètement déjanté, gore, irrévérencieux et provocant. Tout est permis et surtout le pire ! Avec en prime, diverses allusions aux maîtres du genre que sont Argento, de Palma, Tarantino... Bref, un bon film avec pour seule ambition de se faire plaisir sans jamais se prendre la tête.

On Evil Grounds (Peter Koller, compétition internationale)
Roméo et Juliette, un couple à tendance sado-maso, ont décidé d'acheter une maison. Au moment de l'achat, Roméo tue malencontreusement l'agent immobilier et décide d'enterrer le cadavre sur le terrain qu'il vient d'acquérir. Mais pas de chance, quelqu'un habite déjà là et n'a pas l'intention de le laisser faire...
Prenez votre shaker. Mettez-y les ingrédients classiques d'un film d'horreur. Ajoutez Tex Avery et Sergio Leone. Demandez à Peter Koller de secouer le tout. Et vous aurez On Evil Grounds: une comédie d'horreur complètement déjantée qui n'a d'autre ambition que de faire passer un bon moment. Pari apparemment réussi d'après les réactions du public de la salle 1 du BIFFF. Un accueil pareil doit faire plaisir pour un premier long métrage !
Normal quand on a un scénario complètement déjanté et irrévérencieux. Et surtout des comédiens qui livrent une performance incroyable. Citons en particulier Kari Rakkola (Finlandais recruté par Internet par Peter Koller) dans le rôle du ferrailleur qui a pété tous les plombs possibles et imaginables et qu'on pourrait penser directement sorti d'un cartoon. Et Sacha Petrovic qui passe 90 % du film avec seulement la tête qui dépasse de la terre et livre, malgré l'inconfort de la position, une composition qui vaut le détour.

Jeudi 3 avril

Les bandes annonces de Sacha Feiner

Qu'est-ce qu'une séance de cinéma sans bandes annonces ? Eh bien il y en a même au BIFFF ! A la sauce Sacha Feiner.

L'année dernière, Sacha Feiner nous avait régalé, pour le quart de siècle du festival, avec sa série World in Progress (visible sur YouTube). Cette année, il nous revient au mieux de sa forme avec une série de "bandes annonces" qui sont en fait des remontages humoristiques de films à succès. Les spectateurs du BIFFF peuvent donc savourer la bande annonce de Karpathia (la version homosexuelle de Titanic) ou d'Amélie The Plague 2 (version d'horreur d'Amélie Poulain). Et pour l'an prochain, déjà des projets pour le BIFFF, Sacha ?

Gong Tau (Herman Yau, compétition internationale, première européenne)
Dans la même nuit, Rockman, flic à Hong Kong, perd un collègue et son fils nouveau-né. Les circonstances de leurs morts sont si étranges qu'on parle très vite de Gong Tau, une forme de vaudou. Le suspect principal est Lam Chiu, justement spécialiste de ce type de magie noire et que Rockman avait arrêté quelques années plus tôt et qui vient d'être libéré.
Herman Yau (Untold Story, Ebola Syndrome), spécialiste de la Category III à Hong Kong (films interdits aux moins de 18 ans), signe avec Gong Tau un retour aux sources des films d'horreur hongkongais des années 90. Le scénario ne brille certes pas par son originalité ou sa finesse, mais le film se laisse voir sans peine. Enfin si les cœurs sensibles n'ont pas mangé juste avant car Herman Yau aime le gore et nous le montre à divers moments du films (lors de l'autopsie ou de la préparation du contre-charme par exemple). Bref, si Gong Tau n'est pas un chef d'œuvre, il devrait plaire aux amateurs d'horreur et de magie noire asiatique.

Shutter (Masayuki Ochiai)
En voyage de noces, Benjamin et Jane Shaw sont victimes d'un accident de la route dans lequel Jane pense avoir renversé une jeune femme qu'on n'a jamais retrouvé. Quelques jours après, ils s'installent à Tokyo où Ben a un boulot de photographe. Le problème, c'est qu'il y a de mystérieuses ombres sur la plupart de ses photos...
Ah ces Américains et leur manie du remake ! Car ce Shutter est un remake du Shutter thaïlandais présenté au BIFFF en 2005. La différence entre les deux versions ? Euh... un peu (pas beaucoup) de sauce américaine en plus peut-être ?
Ce n'est quand même pas une raison pour bouder son plaisir. L'horreur entre graduellement dans le film à mesure que l'héroïne avance dans son enquête sur le fantôme qui hante la vie de son couple. L'intrigue est bien ficelée et chaque avancée dans le récit conduit à de nouvelles questions jusqu'au rebondissement final.

Dark Floors (Pete Riski, première internationale)
Sara, petite fille autiste, doit passer des examens à l'hôpital. Ben, son père, mécontent des médecins, décide de s'en aller. Mais, à la suite d'une panne, ils se retrouvent bloqués dans l'ascenseur avec une infirmière, un vigile, un visiteur égoïste et un vieil homme. Quand ils peuvent descendre de la cabine, les couloirs de l'hôpital semblent étrangement vides. Enfin quand on n'y croise pas de méchants monstres qui vous courent après...
Lordi voulait faire un film. Oui, oui, le "fameux" groupe de métal vainqueur de l’Eurovision. Alors Lordi a fait Dark Floors. Mr Lordi a ainsi fait le design du logo du film et tous les membres du groupe ont joué les monstres du film. Et tant pis pour les critiques finlandais qui ont descendu le film !
Le film semble pourtant partir du bon pied: en quelques minutes, l'action démarre. Pour très vite tourner en rond ! Il y a des monstres auxquels il faut échapper, alors on court et on se cache. Par contre, le public n'a jamais le droit de comprendre pourquoi il y a des monstres dans cet hôpital. A moins que ce soit parce que Lordi en avait simplement envie ?

 

 
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