Bifff 2008
Festival
du film fantastique de Bruxelles
26ème édition
Tours & Taxis
Bruxelles
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Dimanche 30 mars
Les chirurgiens fous
Le Bifff, ce n’est pas seulement des films mais aussi des
animations déjantées destinées à plonger
les spectateurs dans l’ambiance unique du festival. Ainsi,
nous avons pu croiser la route d’un gentil chirurgien qui
nous a expliqué comment réaliser une petite lobotomie
avant de nous inviter à une dégustation de cerveau.
À quelques pas de là, un autre gentil chirurgien
nous a fait une démonstration de tronçonnage. Alors,
tranches fines ou épaisses ?
The Substitute (Ole Bornedal)
Quand
on est, comme Carl, un enfant avec des problèmes psychologiques,
il n'est pas facile de faire comprendre aux autres qu'Ulla, la
remplaçante de votre institutrice, est une extra-terrestre.
Carl arrivera bien à convaincre ses condisciples, mais
pour ce qui est de leurs parents c'est plus dur: il faut dire
que le psy de l'école leur a bien expliqué l'influence
néfaste de l'imagination débordante des enfants
de leur âge. Et puis l'extra-terrestre en question est une
belle blonde pulpeuse qui a promis à leurs parents de faire
de leurs enfants les meilleurs élèves de la terre...
Ole
Bornedal (Nightwatch) prend ici délibérément
partie pour sa bande de pré-ados contre la bêtise
rationnelle et butée des adultes qui refusent même
de les écouter. Car plus qu'une histoire d'extra-terrestres,
Bornedal nous livre une comédie noire et ironique sur notre
société et le manque de communication entre les
générations. De plus, il faut relever la qualité
de l'interprétation, que ce soit celle des enfants ou celle
de Paprika Steen, l’institutrice alien
tantôt charmeuse tantôt effrayante.
Bref, si vous êtes d'humeur à aller voir un film
danois ces jours-ci, The Substitute pourrait bien vous
plaire. Ce n'est en effet pas un hasard si le film a cartonné
au Danemark !
Doomsday (Neil Marshall)
Lorsqu'un
virus tua des milliers d'Écossais en 2008, le gouvernement
de Londres n'hésita pas à rebâtir le Mur de
l'empereur romain Hadrien. Et tant pis pour la destruction et
le chaos qui ravagea l'Ecosse, l'important était que la
quarantaine sauva le reste du Royaume-Uni. Quelques dizaines d'années
plus tard, un foyer du même virus est détecté
à Londres. Le gouvernement anglais décide alors
d'envoyer Eden Sinclair et ses hommes d'élite à
la recherche du remède qui semble avoir permis à
quelques survivants de reprendre une vie apparemment normale à
Glasgow et Edimbourgh.
Après Dog Soldier et The Descent, Neil
Marshall s'attaque maintenant à la SF post-apocalyptique.
Résumer Doomsday à un "Mad Max chez
Highlander" serait trop facile. Exploitant à fond
le filon et les références du genre, Marshall a
parfaitement utilisé les moyens mis à sa disposition
(dont un casting balèze: Rhona Mitra,
Bob Hoskins, Malcolm McDowell
et Sean Pertwee) pour réaliser un film
à l'action omniprésente d'un bout à l'autre
du film. Il n’y a en effet que peu de moments de répits
pour reprendre notre souffle entre le dernier cocktail Molotov
et la prochaine poursuite à 100 à l'heure !
Juste un regret: la fin un peu abrupte. A moins que ce ne soit
pour mieux rebondir dans Doomsday 2 ? C'est à espérer
car les amateurs du genre risquent d'en redemander !
The Shadow Spirits (Masato
Harada)
Un serial-killer qui sévit dans le Japon des années
50 sème un peu partout des bras et des jambes de femme.
Un groupe hétéroclite de détectives mène
l'enquête. Qui de Enokizu, capable de lire les souvenirs
des gens, de l’exorciste Kyogokudu, de l’écrivain
Sekiguchi ou du policier Kiba pourra percer le mystère
?
Autant le dire tout de suite, il faut s'accrocher pour tenir jusqu'à
la fin de ce film. Pas à cause de scènes insupportables
à regarder – les spectateurs du BIFFF sont habitués
à bien pire – mais parce que ce film est incontestablement
destiné à un public japonais. Masato Harada,
qui était dans la salle pendant la projection, a d'ailleurs
reconnu à la séance de questions/réponses
qu'il comprenait la difficulté de devoir lire les sous-titres
pour pouvoir suivre l'intrigue. Ne serait-ce que par la perte
du rythme qu'il a voulu insuffler à son film.
Autre difficulté à gérer pour le spectateur,
la multiplication des personnages issus du roman de plus de 1000
pages de Natsuhiko Kyogoku. Et malgré
toute la bonne volonté de Masato Harada pour essayer de
guider le spectateur à travers les méandres touffus
de l’œuvre, il faut reconnaître qu'on se sent
régulièrement perdu devant les aventures de sa bande
de Pieds Nickelés. Même l'humour pince sans rire
a du mal à passer !
Reste alors les références au cinéma classique
américain (le Faucon Maltais, le Troisième
Homme...), la perfection de la mise en scène, la qualité
esthétique des images et la musique de Takatsugu
Muramatsu. Souhaitons malgré tout bonne chance
à Masato Harada pour la sortie de Shadow Spirits
au Japon en juillet.
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