Bifff 2008

Festival du film fantastique de Bruxelles

26ème édition

 

 

Tours & Taxis

Bruxelles

Et voici déjà le 26e Festival International du Film Fantastique de Bruxelles qui se tient du 27 mars au 8 avril 2008 ! Toujours à Tour & Taxis, au cœur de Bruxelles, avec une salle de 1.200 sièges pourvue d’un écran de 6m x 16m – temporairement la plus grande de Bruxelles voire de Belgique – mais aussi, et c'est nouveau, une deuxième salle de 250 places, 1200 emplacements de parking, un restaurant, des bars, des navettes de et vers le centre-ville… et le tout à des prix démocratiques puisqu'ils n'ont pas augmentés par rapport à l'année passée !

Au menu de cette année, des films évidemment, dont vous trouverez les chroniques au jour le jour dans les pages suivantes mais aussi un concours de courts-métrages, le bal des vampires, le body-painting, la journée japanimation avec concours de cosplay, des expos...

Vendredi 28 mars

Jürgen Prochnow
Invité d'honneur du BIFFF 2008, Jürgen Prochnow a assisté à la projection de The Keep qu'il n'avait plus revu depuis 25 ans et dans lequel il incarnait le capitaine Woermann. Quelques heures plus tard, le BIFFF lui a rendu hommage en le faisant "Chevalier de l'ordre du Corbeau". La journée (chargée !) de Jürgen Prochnow s'est terminée par une séance de questions/réponses au cours de laquelle il a parcouru les grands moments de sa carrière: Das Boot, The Keep, Dune, Le Flic de Beverly Hills 2, Le Patient Anglais... Dommage que cette séance se soit résumée à un simple passage en revue rapide de sa filmographie.
Jürgen Prochnow s'est par exemple étendu quelques minutes sur le tournage de Das Boot. Le film mettait en scène des soldats allemands pendant la seconde guerre mondiale et montrait de manière réaliste et sans concession l'autre côté de la bataille de l'Atlantique. Un des meilleurs films de guerre jamais tourné ! Et Jürgen Prochnow de conclure qu'il a été chanceux de pouvoir participer une fois dans sa vie à un tel film...

The Keep (Michael Mann) et la conférence de Stéphane PITER
Roumanie. 1941. Un détachement de Wehrmacht s'installe dans un fort au sommet d'un col des Carpates. Mauvaise idée puisque les soldats ne tardent pas à se faire tuer les uns après les autres. Par qui ? Par quoi ? Mystère ! L'arrivée de SS en renfort n'arrangera pas les choses que du contraire…
Écrit et réalisé il y a 25 ans par Michael Mann – d’après un roman de Francis Paul Wilson, avec Jurgen Prochnow, Ian McKellen (Gandalf dans Le Seigneur des Anneaux), Scott Glenn (Apocalypse Now, L'étoffe des Héros) – The Keep (La forteresse noire), devenu aujourd'hui culte, fut considéré à sa sortie comme médiocre. C’est sans doute la faute de la Paramount qui, après la séance test, obligea Mann à remonter le film pour le faire tenir en 1h30 au lieu des 3 heures prévues. Quoi de plus normal, dès lors, que des incohérences et des décalages parsèment le film.
Stéphane Piter (spécialiste français du maquillage et des effets spéciaux), lui, voue un véritable culte à ce film mais aussi à Michael Mann. C’est ce film qui l’a décidé à continuer dans son métier de création visuelle au cinéma. Il a donc tenté de regrouper tous les éléments disponibles afin de rendre à ce film sa vraie dimension: photos de scène, visite sur les lieux du tournage, … et il a même créé différents prototypes de DVD collector... Tout ceci dans le but de convaincre la Paramount de sortir en DVD The Keep tel que Mann l'avait imaginé. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site de Stéphane Piter.

The Oxford Murders (Alex de la Iglesia)
Martin (Elijah Wood), étudiant américain, débarque à Oxford pour préparer sa thèse de doctorat. Son objectif est de démontrer que le Professeur Seldom (John Hurt) se trompe en soutenant que l'on ne peut connaître la vérité. Leur champ de bataille sera les mathématiques et la logique. Tout cela serait bien inoffensif s'ils n'avaient pas à résoudre une mystérieuse suite logique liée à une série de meurtres dans leur entourage...
Après le génial Crimen Ferpecto (présenté au Bifff en 2005), Alex de la Iglesia nous revient là où on ne l’attendait pas avec un thriller mathématico-philosophique à la sauce anglaise. Avec un ton sérieux et une présentation à la whodunit (ou "Who done it" "Qui l’a fait") chère à Hitchcock et Agatha Christie qui vire à l’affrontement philosophique, le déjanté réalisateur risque de dérouter ses fans. D’autant que le-dit affrontement entre l'étudiant Wood et le professeur Hurt alourdit à certains moments le film.
Il conviendrait dès lors de suivre le conseil qu'Alex de la Iglesia a donné au public du BIFFF: se laisser prendre au jeu de l'énigme sans trop se prendre la tête. Il est alors indéniable qu'on ne peut s'empêcher de se demander qui sera la prochaine victime tant le suspense est intense. Et comme l'intrigue est bien ficelée et la mise en scène impeccable, on sort finalement de la projection rassasié par ce thriller efficace.

Diary of the dead (Georges A. Romero)
Les morts reviennent à la vie ! C'est ce que découvre un groupe d'étudiants partis tourner dans les bois de Pennsylvanie leur film de fin d'année. Alors que les autres veulent rentrer chez eux et avoir des nouvelles de leur famille, Jason ne pense qu'à une chose: filmer un max sur les évènements étranges qu'ils croisent, histoire de pouvoir "témoigner de ce qui se passe". Enfin si l'un d'entre eux survit aux mauvaises rencontres qu'ils vont faire en cours de route…
Romero est le maître incontesté du film de zombies et il l’avait encore une fois prouvé avec son film précédent: Land of the Dead. Dans ce nouvel épisode de sa saga des zombies (le cinquième), Romero brosse un portrait virulent et sans concession de la société de communication corrompue par la profusion d'informations dont il ne reste finalement qu'un grand bruit.
Côté mise en scène, on pense évidemment à Blair Witch ou au récent Cloverfield mais si Romero s’en démarque par son ton contestataire et parodique, son film divisera l’assistance de la même manière que ces deux références, même si les amateurs du genre devraient quand même trouver leur compte.

Samedi 29 mars

Body Painting Contest
Que serait le BIFFF sans son concours de Body Painting ? Il s'est tenu ce samedi après-midi et regroupait 17 candidats. A 16 heures a eu lieu le défilé dans la salle 1 et la séance s'est clôturée par la présentation d'Arthur H. le gagnant de l'année dernière et la remise des prix.
Mais comme des images valent mieux qu’un long discours… admirons plutôt le talent des maquilleurs et les courbes de leurs modèles !

The Hideout (Pupi Avati, Compétition Européenne; Première Internationale)
Imaginez que vous sortiez d'un traitement de 15 ans en hôpital psychiatrique, que vous vous installiez dans une maison abandonnée depuis la fin des années cinquante suite à un drame dont personne ne veut vous parler et que vous entendiez des voix. N'y aurait-il pas de quoi douter de votre santé mentale ? Le problème est que pour vos médecins, vous êtes guéri...
Écrit et réalisé par Pupi Avati, The Hideout ne fait pas dans l'horreur facile. S'il rassemble nombre des éléments classiques du genre comme la maison mystérieuse, les voix fantômatiques en allant même jusqu'au prêtre, Avati joue surtout avec la suggestion pour installer une atmosphère inquiétante renforcée par le jeu sans effets inutiles de son casting: Laura Morante (La Chambre du Fils, l'Empire des Loups), Treat Williams (Deep Rising) et Burt Young. Balancé entre thriller et horreur, le public est tenu en haleine d'un bout à l'autre du film.

Funny Games U.S. (Michael Haneke)
George et Anna Farber s'installent avec leur fils Georgie dans leur maison de campagne. Ils ont à peine le temps de débarquer leurs bagages que deux jeunes aux gants blancs font irruption chez eux. Ils n'ont pas l'air bien méchants et seraient même plutôt du genre serviables. Pendant que l'un d'eux aide George à mettre son bateau à l'eau, l'autre demande à Anna des oeufs qu'ils laissent malencontreusement à chaque fois tomber. Ce qui a la don d'exaspérer Anna. S'en suivront un coup de club de golf et une nuit d'horreur pour les Farber...
Dix ans après Funny Games d’un certain Michael Haneke, voici donc le remake réalisé par... Michael Haneke. Avant tout destiné au public américain, le film s’interroge sur la place et la banalisation de la violence dans notre société. Une violence qui s'insinue d'abord insidieusement pour finalement être omniprésente dans le film. Et Haneke d'aller plus loin encore en prenant à certains moments directement à partie le public (complice ?) venu assister au jeu cruel et sadique dont sont victimes les Farber. Dommage par contre pour ces longueurs que même la joyeuse folie du public du BIFFF n'a pas réussi à atténuer.

The Cottage (Paul Williams, Compétition Internationale; Première Internationale)
David et Peter enlèvent la fille d'un ponte de la pègre locale. Mais accumulant les gaffes, ils vont récolter les ennuis au lieu de la rançon espérée. Surtout qu'il n'y a pas que les tueurs de la pègre qui rôdent dans les bois...
Après London to Brighton qui donnait plutôt dans le social, Paul Andrew Williams pensait faire un film à petit budget avec une histoire de gangsters maladroits. Au final, il a réalisé une comédie d'horreur gore menée tambour battant notamment par Andy Serkis, le Gollum du Seigneur des Anneaux, au sommet de sa forme dans son rôle de gangster peureux brimé par sa femme. Et si Williams reprend à son compte les poncifs du genre, il les assume aussi parfaitement car ils correspondaient non seulement au film qu'il voulait faire mais aussi parce qu'ils voulait jouer avec pour mieux les détourner à son profit au grand bonheur de son public. Ainsi, par exemple, pourquoi réinventer le personnage du fermier psychopathe alors que le prototype qui a déjà été usé et re-usé des centaines de milliers de fois conviendrait si bien ? Et si vous avez aimé le film (le contraire serait étonnant!), n'oubliez pas de rester jusqu'à la fin du générique pour ne pas manquer la dernière surprise de Paul Williams !

La présentation du film valait elle aussi le détour puisque Paul Andrew Williams avait préparé un petit discours en français après avoir fait chanter "My Way" au public du BIFFF !!

 

 
 
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