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BIFFF 2007
Festival du film fantastique de Bruxelles
Comme
chaque année, nous revoici avec les chroniques journalières,
ou presque, du fameux Bifff, festival du film fantastique de Bruxelles.
Cette année, le festival
fête son vingt-cinquième anniversaire. Pour l'occasion,
il quitte le Passage 44 pour investir l'énorme site de
Tours & Taxis. Et qui dit nouveau lieu dit aussi nouvelle
formule: 13 jours au lieu de 16 précédemment. Le
festival a maintenant plus de place, près de 4000 m²,
soit plus du double de l'Auditorium du Passage 44 et il peut compter
sur une salle de cinéma de 1200 places (contre 890 au Passage
44) spécialement construite pour l'occasion. Ajoutons à
cela de nombreuses activités (expositions, rencontres publiques
avec tous les invités du festival et leurs séances
de dédicaces, concours de maquillage, animations théâtrales,
soirées dansantes, concerts, nombreuses avant-premières,
une convention Star Wars, du cosplay, ... et bien entendu les
traditionnels Bal des Vampires et
concours de body painting...
La question que tout le monde se
pose est évidemment la suivante: le déménagement
à Tours et Taxis est-il une bonne chose ? Comme souvent
dans pareille situation, la réponse est nuancée.
Proche de la gare du nord et bénéficiant de nombreuses
places de parking, le site de Tour et Taxis est plus facile d'accès.
La salle de cinéma est plus grande, ce qui a évité
les trop fréquents sold-out des précédentes
éditions. En contre-partie, l' ambiance si spéciale
du Bifff en pâtit quelque peu: quand un spectateur lâche
une feinte au fond de la salle, les premiers rangs n'entendent
rien du tout. Ajoutons aussi que les sièges étant
tous placés au même niveau, les sous-titres apparaissant
au bas de l'écran sont souvent masqués par les voisins
de devant. Pourquoi ne pas avoir mis alors les sous-titres au
dessus de l'écran ? Mais comme c'est la première
année, nous pardonnons aisément aux organisateurs.
Et nul doute que les quelques désagréments seront
gommés pour les prochaines éditions. En tout cas,
les fidèles du Bifff sont toujours au rendez-vous et la
fête du cinéma fantastique bat son plein.
6 avril
Nos Amis Les Terriens
- Bernard Werber
Que
pourraient bien penser les extra-terrestres s’ils pouvaient
nous observer ? Nos Amis Les Terriens
est précisément un film extra-terrestre sur l’étude
de nos cités et de nos comportements. Deux couples "tests"
sont tout particulièrement étudiés...
Qui n'a jamais regardé le "Jardin Extraordinaire"
? Qui n'a jamais observé des fourmis ? Peut-être
avez-vous même déjà dévoré cette
fameuse série de bouquins de Werber sur les fourmis ? Oui
? Ça tombe bien car après les formicidés,
l'éthologiste Bernard Werber se penche sur les terriens,
troquant au passage sa plume pour la caméra. Alternant
observation en milieu naturel et expérimentation en laboratoire,
des scientifiques extaterrestres étudient ces drôles
de bestioles apparemment intelligentes qui ont colonisé
la planète terre. Grâce à ce basculement de
perspectives, Bernard Werber nous livre une analyse non dénuée
d'humour de notre société, de nos habitudes et de
nos petits et grands travers. Produit par Claude Lelouch,
ce "reportage" devrait plaire aux fans cinéphiles
de l'auteur des Thanatonautes...
7 avril
La Sconosciuta
(The Unknown Woman) - Giuseppe Tornatore
Irina,
une Ukrainienne vivant en Italie, passe non seulement ses soirées
à épier ce qui se passe dans l'immeuble en face
de son appartement, mais elle ferait aussi n'importe quoi (et
tant pis pour la morale !) pour se faire engager comme femme de
ménage dans ledit immeuble. Elle semble spécialement
intéressée par les Adarcher, une famille de joailliers.
Et puis il y a ce passé de prostituée qu'Irina voudrait
oublier, mais qui n'arrête pas de se rappeler à elle...
C'est peu de le dire, mais avec La Sconosciuta,
Guiseppe Tornatore est aux antipodes du Cinema Paradiso
et de Malena. Ce nouveau film est un thriller noir, à
l'atmosphère malsaine et peuplé de personnages parfaitement
amoraux (y compris Thea, la petite fille des Adarcher !). Pour
sa première tentative dans le genre, Tornatorre s'en tire
plutôt bien. Il faut dire qu’il est bien aidé
par le talent de ses acteurs (Kseniya Rappoport
et Michele Placido en tête) et la musique
d'Ennio Morricone...
The Hills have eyes 2
- Martin Weisz
Un
peloton de bleusailles de la Garde Nationale US est envoyé
pour ravitailler une équipe de scientifiques chargée
d'une mission secrète sur la base 16, à Yuma Flats
au Nouveau Mexique. Mais une fois sur place, l’équipe
se rend compte que le campement est non seulement désert,
mais que les collines environnantes semblent bien menaçantes...
Après le très bon remake de La colline
a des yeux de Wes Craven, voici
donc le remake de la suite. Disons plutôt à la suite
du remake car cette suite n’est pas vraiment un remake de
la suite, les bikers de la première suite étant
remplacés par un groupe de militaires. Vous suivez toujours
? Pas grave. L’important, c’est qu’il y a des
morts à la chaîne, de la violence, du suspense et
de l'horreur qui va crescendo au fil de l'ascension des collines
et de la descente dans les mines... Des ingrédients pourtant
bien connus mais que Martin Weisz sait utiliser efficacement.
Dommage par contre que le scénario de Wes Craven soit si
prévisible... et que la belle Emilie de Ravin
ait été trop prise par Lost pour reprendre
son rôle (il n’y a d’ailleurs plus qu’un
acteur du premier film, le mutant Pluto… mais qui joue ici
le rôle de Hadès, un autre mutant). Heureusement
qu'il y avait l'ambiance du BIFFF !
Gruesome - Joshua
& Jeffrey Crook
Comme
tous les matins, Claire termine son travail d'étudiante
à l'épicerie locale. Comme tous les matins, elle
attend Jimmy, son boyfriend, qui va la raccompagner chez elle.
Mais ce matin, c'est Duke qui arrive. Se faisant passer pour un
ami de Jimmy, c'est lui qui va raccompagner Claire chez elle...
avant de l'assassiner sauvagement dans la cave. Le lendemain,
Claire croit avoir rêvé tout cela, mais Burke l'assassine
de nouveau. Et le lendemain aussi...
Ce "Groundhog Day" de cauchemar ne laisse pas
indifférent. C'est que Joshua et Jeffrey Crook jouent de
la psychologie comme avec une arme de précision. Nous suivons
chaque étape de la lente descente aux enfers de Claire
(l’actrice, Lauren Currie Lewis, est parfaite),
son désespoir croissant et l'incompréhension toujours
plus grande de son entourage... Ce film n’est pas passé
inaperçu au festival de Sundance en 2006 et au Bifff non
plus !
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