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BIFFF 2005 (3)
Faux semblants
En
ce troisième jour, le festival s’ouvre sur le Défilé
insolite ou la rencontre de la beauté et de l’horreur.
Plus que les mots, les images illustreront mieux ce concours récompensant
l’imagination des créateurs. (insérer photo
défilé insolite prise par Nathalie Alvarez)
Pour ouvrir la soirée,
Daniel De La Vega & Pablo Parés nous content les mésaventures
d’une jeune femme (Gina Philips) victime de sa grand-mère
(Faye Dunaway) qui refuse de vieillir. "Jennifer’s
Shadow" véhicule une ambiance malsaine aussi maladive
que l’héroïne de ce film dont l’action
se passe à Buenos Aires. Dommage que la fin soit si prévisible
car le film s’annonçait sous les meilleurs auspices.
La bonne surprise vient de chez
nous en la personne d’Harry Cleven venu présenter
son dernier film, "Trouble". Jouant sur les rapports
ambigus qui peuvent exister entre jumeaux, Cleven développe
le thème du double maléfique cherchant à
voler la vie de celui dont il est le reflet.
Manifestement très prolifiques,
les Coréens nous démontrent qu’ils ont beaucoup
d’humour même si celui-ci est parfois indigeste. "Arahan"
est un mélange d’arts martiaux et d’action
cartoonesque. A prendre au second degré sous peine de grincer
des dents.
Pour ceux qui auraient bien digéré
le film précédant, ils ont intérêt
à avoir le cœur bien accroché car ils vont
embarquer sur un navire qui n’a rien d’un bateau de
plaisance. "Deadly Cargo" de Pau Freixas est un thriller
marin sans concession qui place une bande de naufragés
entre les mains d’un équipage aux réactions
particulièrement imprévisibles.
Un rire sans fin
Giulio Manfredonia a pris beaucoup
de risques en s’attaquant à un film culte comme Groundhog
Day (en français, Un jour sans fin). Pari risqué
mais pari réussi puisque "It’s Already Yesterdy"
parvient à nous faire rire tout autant que son illustre
modèle.
Devinez d’où vient
le film qui suit. De Corée. Bien répondu ! Mais
c’était facile, n’est-ce pas ? "R-Point",
réalisé par Su-chang Kong se déroule en pleine
guerre du Vietnam ce qui constitue un contexte plutôt inhabituel
pour un film fantastique. Si le scénario entretient bien
le suspens tout au long de l’histoire, la fin est décevante
car en total décalage avec le reste du film. On peut se
demander pourquoi tant de films asiatiques représentent
les fantômes sous les traits d’une jeune fille aux
cheveux longs noirs de geais tombant devant son visage. Un peu
d’originalité que diable !
Après cet éprouvant
cauchemar guerrier, nous retrouvons une intrigue policière
venue d’outre-Rhin qui nous démontre avec brio que
le genre policier allemand ne se résume pas au soporifique
Derrick. Il faut dire que rendre un tueur à gages sympathique
n’est pas évident et même si Joachim Krol n’est
pas Jean Reno, il s’en tire avec les honneurs dans le rôle
du tueur qui s’éprend de sa victime. Bref "Soundless",
paradoxalement, est un film qui devrait faire du bruit et il est
à espérer que son réalisateur, Mennan Yapo,
continuera dans cette voie.
Trois films… à faire peur
Le film suivant nous vient de...
Corée ! Et c’est encore une fois une histoire de
fantôme à longs cheveux. "Bunshinsaba"
de Byung-ki Ahn, raconte la vengeance d’une élève
souffre-douleur et qui va se retrouver possédée
par un esprit maléfique. Il faudrait peut-être que
tous ses réalisateurs arrêtent de copier sur leur
voisin.
Dans un tout autre style, "Cold
And Dark" de l’Anglais Andrew Goth (un nom prédestiné)
commence très fort et nous en met plein la vue. L’humour
noir et so british fait mouche mais la mécanique finit
par se gripper et les personnages par sonner creux à force
de mimiques et de stéréotypes. A noter toutefois,
une apparition du grand Christopher Lee, invité du BIFFF
en 2002, dans le rôle d’un commissaire de police amateur
de golf aux répliques assassines.
Vétéran du cinéma
d’horreur, Sergio Stivaletti est d’abord un artisan
des effets spéciaux. Il le démontre dans "Three
Faces of Terror" qui nous rappelle les séries B des
années 60-70. A l’instar d’autres films à
sketches comme Creepshow ou Darkside, ces trois visages de la
terreur illustrent certains vices de la nature humaine comme la
vanité ou la cupidité.
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