Vent nouveau sur les Animes

Dans le domaine très prolifique – et trop souvent conformiste – de l’animation japonaise actuelle, certains animes sortent résolument des sentiers battus. Les Ailes Grises et Le Portrait de Petite Cosette sont de ceux-là. Avec l’originalité de leur univers, la qualité de leur mise en scène et l’intelligence de leur scénario, ces deux séries intriguent autant qu’elles passionnent. Elles méritaient donc bien une petite mise en avant.

Les Ailes Grises

Une jeune fille tombe du ciel… Puis elle se réveille dans un cocon géant… Lorsqu’elle en émerge enfin, elle se retrouve face à un groupe de filles dotées chacune d’une auréole et d’une paire d’ailes. Il s’agit des Haibane, des êtres à l’apparence angélique qui vivent en harmonie avec les humains dans une ville entourée d’un immense mur. La nouvelle venue, baptisée du nom de Rakka – qui signifie chute en japonais –, apprend à connaître sa nouvelle vie : on lui donne une auréole, des ailes lui poussent… Mais bien vite, les questions se bousculent dans sa tête : Qui sont les Haibane et pourquoi ont-elles toutes oublié leur passé ? Qu’y a-t-il au delà du mur ?

Fait très rare dans l’animation, Les Ailes Grises (Haibane Renmei, 2002) n’est pas tiré d’un manga ou d’un roman, mais d’un récit paru dans un dojinshi, un fanzine ! L’auteur n’est autre que Abe Yoshitoshi – le célèbre créateur de Serial Experiment Lain – et il a lui-même signé le scénario des treize épisodes de la série. Le résultat est tout simplement magique. Les personnages sont bien développés et très attachants, surtout Rakka, l’héroïne, et Reki qui, derrière sa brusquerie et son éternelle cigarette, cache une grande sensibilité. Petit à petit, nous découvrons un univers intriguant empli d’une douce sérénité. Car ici, contrairement à la majorité des séries animées, il n’y a point de violence ou de scènes d’actions tonitruantes. Tout n’est que contemplation, harmonie et paix.

La moitié de la série est consacrée à l’exposition des personnages et à leur vie quotidienne. Cette relative lenteur du récit, plutôt que d’endormir le spectateur, le plonge dans un état de bien être. La superbe musique signée Kou Otani et les paysages n’y sont pas étrangers. Le scénario joue à merveille de ses zones d’ombres et de mystères. La seconde partie de la série, focalisée sur la quête d’identité de Rakka et sur la présence du mur, apporte des éléments sombres et tristes qui élèvent la série vers des sommets d’émotion. Et le fin mot de l’histoire n’apparaîtra que dans les ultimes épisodes. Bref, Ailes Grises est une œuvre atypique qui, pour beaucoup de spectateurs, ne se raconte pas, mais se vit. Intensément. En DVD chez Dybex.

Le Portrait de Petite Cosette

Eiri Kurahashi travaille dans une boutique d'Antiquités. Une de ses dernières acquisitions, un verre vénitien, va lui donner d'étranges hallucinations. Il y voit, en effet, une jeune fille blonde venant d’une époque lointaine dont il finira par tomber amoureux. Mais que lui veut-elle, cette petite Cosette D’Auvergne ?

Le Portrait de Petite Cosette (Cossette no Shouzou, 2004) est une série de trois OAV de quarante minutes réalisée par Akiyuki Shinbo. Après avoir participé à la réalisation de films comme Yû, yû, Hakusho, il a notamment réalisé le très remarqué The Soultaker (2001), un anime fantastique original et captivant.

Avec Cosette, il signe une œuvre gothique d’une beauté graphique exceptionnelle. Il nous plonge dans un univers sombre et angoissant qui mêle violence extrême et romantisme. Un cocktail étonnant et détonnant habillé de noir et de rouge sang. En DVD chez Kaze.

Christian Simon

 

 
 
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