Alien VS Predator : le choc des Titans

Par Olivier Ruol

Cela fait maintenant près de 10 ans que l'idée a germé dans l'esprit d'un inconditionnel du genre : alors que les 2 franchises, respectivement celle d'Alien et de Predator, sont en pleine déroute, pourquoi ne pas les réunir en un film de baston et relancer la grosse machine hollywoodienne ?

Deux franchises en péril

Initiée depuis un peu plus de 20 ans, la franchise Alien est en perte sèche depuis ses deux derniers opus. Non pas que les films étaient mauvais (les visions de David Fincher et Jean-Pierre Jeunet étaient on ne peut plus intéressantes et apportaient un souffle nouveau à chaque histoire), mais les résultats au box-office se révélèrent trop faibles. La faute à un public boudant les récits carcéraux intergalactiques à la philosophie trop présente, et à une version gore trop frenchy. Quoiqu'il en soit, à l'heure actuelle, la Fox rêve d'un 5ème opus écrit par James Cameron, afin de relancer l'amoncellement de billets verts.

De l'autre côté, après un véritable chef-d'oeuvre bourré aux hormones masculines signé John McTiernan, sorte de huis-clos dans la jungle entre l'homme et l'extra-terrestre, Predator 2 n'a pas réussi le pari de succéder honorablement à son grand frère, juxtaposant l'affrontement pré-cité de la jungle à New York, où la chaleur torride et les affrontements inter-gangs suscitaient l'envie d'un Predator à la recherche d'un combattant digne d'intérêt. Mais même la présence d'un Danny Glover trop ancré dans son personnage de Roger Murtaugh (L'arme fatale) et une histoire qui proposait d'intéressantes trouvailles (comme le vaisseau et les armes du Predator) n'ont pas réussi à satisfaire le public.

Et pourtant...

Pourtant, l'une des idée les plus originales de Predator 2 réside au sein d'un seul plan, celui dans le vaisseau du Predator où Danny Glover découvre un mur où sont placés des squelettes et des crânes des victimes du Predator. Au beau milieu de ces récompenses l'on pouvait discerner celui de l'Alien.

Furtif, ce plan est actuellement la base de travail d'Alien vs Predator, véritable choc des Titans qui va se voir s'opposer deux types de guerriers extra-terrestres hors pair. D'un côté l'Alien, dont le seul but dans la vie est de tuer pour se reproduire. De l'autre le Predator, guerrier intelligent qui recherche le combat dans le seul but de prouver qu'il est le plus fort. Qui gagnera ? Excellente question, surtout qu'au beau milieu des deux clans se retrouvent les humains, devenus un véritable garde-manger pour les uns et un simple caillou sur la route pour les autres.

Revenons quelques instants sur Predator 2 qui, dans l'une de ses séquences-clés, rend hommage (ou plagie véritablement) Aliens, lorsque l'équipe d'agents secrets a coincé le Predator dans une boucherie et se retrouve pris au piège, faisant échoà la mort de l'équipe d'Aliens lorsqu'elle visite la station et est attaquée par des Aliens.

C'est dire si les éléments sont bien présents et ont bouillonné durant quelques années dans l'esprit de Paul Anderson, le spécialiste des adaptations de jeux vidéo à l'écran. On lui doit le très bon Mortal Kombat et le brillant Resident Evil (dont il signera le scénario de la suite, trop occupé à Alien vs Predator pour en assurer la réalisation). Mais il n'est pas le premier puisque, depuis plusieurs années, un Comic s'est pris d'amitié pour ces deux créatures et les a rassemblés dans des histoires aux dénouements extravagants. D'ailleurs, les fans les plus durs espèrent tant voir la dernière histoire du Comic adaptée puisqu'on y voyait un Alien pondre dans le corps d'un Predator. Et quand l'on sait que l'Alien incubé prend les propriétés de son hôte, on rêve de voir ainsi le premier bébé Predator-Alien (sorte d'Alienator ou de Predalien) mettre la pâtée sévère à ses parents, comme dans Alien Résurrection.

Un réalisateur adepte d'un renouveau cinématographique

Après avoir réussi là où quelques-uns se sont cassés les dents (on se souvient des débâcles nommées Streetfighter et Double Dragon), Paul Anderson s'est fait une réputation de réalisateur new age à la recherche d'un renouveau sciencefictionnel. Adepte du genre depuis bien longtemps, il a habilement mêlé SF et horreur dans l'excellent Event Horizon, pour revenir à ce qui a fait son succès, l'adaptation de jeux vidéo, dans Resident Evil après l'échec cuisant de Soldier, qui n'est pas foncièrement mauvais (quoique...) mais qui fait tache dans une filmographie certes très petite, mais promettrice.

Il aura fallu pas moins de 10 ans au réalisateur pour imposer son envie de voir à l'écran le combat de l'Alien et du Predator, le temps que coule beaucoup d'eau sous les ponts. Le voilà maintenant aux manettes d'un des films les plus attendus de l'été. Le pitch de départ est assez simple : le mogule Wayland (interprété par le génial Lance Henricksen) envoie une équipe en Antarctique car il semble que la découverte du siècle se prépare à l'horizon : celle d'une civilisation inconnue. Evidemment, c'est le terrain de prédilection des Predators qui y envoient, chaque année, trois jeunes de leur race, afin de leur faire passer le test ultime, celui du passage à l'âge adulte. Les confronter à une horde d'Aliens et espérer qu'ils survivent. Sans concession.

Evidemment, les références aux films précédents des franchises bien établies sont présentes : Wayland n'est autre que l'homme qui s'associera aux Japonais pour envoyer les terraformeurs sur la planète aux bestioles dans Aliens et donnera son visage au cyborg bien connu Bishop. L'équipe menée par les humains fait également penser à celle d'Aliens. Petits nouveaux changements : les armes du Predator ont été revues pour être plus redoutables. Bref, l'histoire prend les éléments de base bien connus et tentera de conquérir un public qui n'a pas suivi Alien et Predator depuis le début, à savoir les jeunes.

Au final...

Souhaitons qu'Anderson ait réussi à insuffler une nouvelle jeunesse à des franchises sur le déclin. S'il y parvient, il est évident qu'une nouvelle suite de films verra le jour, la Fox tablant déjà sur un Alien vs Predator 2. Le revival du film d'horreur bien gore, basé sur des valeurs certaines (à l'image de Jason vs Freddy), risque de faire du bien au genre cinématographique devenu bien pauvre depuis le désistement de John Carpenter. Quoiqu'il en soit, le combat entre des figures emblématiques des films d'horreur d'antan devient une mode, juste à côté de celles des adaptations de Comics. L'on parle déjà d'un Pinhead vs Michael Meyers, ou comment Hellraiser rencontre Halloween. Sans oublier le projet tout récent d'un Freddy vs Jason vs Ash ! Le risque est évidemment énorme de voir des navets poindre à l'horizon. Mais le slasher movie est déjà mort trois fois et s'en est toujours bien sorti, tel le Phénix du cinéma. Longue vie aux Combats de Titans !

Olivier Ruol

 
 
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