This time, it's war


Dans l'éternelle loi des séries, il est rare de trouver une suite aussi bonne que l'original. Rares sont en effet les "numéros 2" qui parviennent à faire oublier leur origine.

Un réalisateur déjanté

L'école Roger Corman aura été (et l'est toujours) un vivier de talents incroyables, principalement quand la plupart des réalisateurs arrivent à en sortir. De Joe Dante à Francis Ford Coppola, en passant par Martin Scorsese, les réalisateurs issus de cette dernière parviennent toujours à affirmer une qualité artistique sans précédent. James Cameron est de cette trempe. Tour à tour directeur artistique sur Les Mercenaires de l'Espace (1980, Jimmy T. Murakani), réalisateur de la seconde équipe sur La galaxie de la Terreur (1981, Bruce Clark), on le retrouve néanmoins co-superviseur des effets spéciaux sur New York 1997, le fleuron de John Carpenter.

Fort d'une formation en physique, Cameron se voit donner l'opportunité de réaliser son premier film : Piranha 2 : les tueurs volants, une belle bouse que le réalisateur ne voudra en aucun cas terminer. Il claque la porte, laissant la place à Ovidio G. Assonitis, dont le travail massacrera l'œuvre originale, bien que cette dernière ne vole pas très haut, avouons-le. Bien décidé à travailler sur du matériel qui vient de lui, Cameron, récemment marié à Gale Anne Hurd, décide d'écrire son propre scénario (avec son épouse) et de le mettre en scène : Terminator était né. Succès planétaire, Terminator porte Cameron jusqu'alors inconnu au piédestal des "Money Makers". Il est immédiatement approché par David Giler, l'un des producteurs d'Alien, pour un projet commun mais la conversation tourne rapidement vers une suite au chef-d'œuvre de Ridley Scott. Tout d'abord inquiet quant à la qualité d'une telle suite, Cameron décide de relever le défi pour autant qu'il puisse écrire le scénario. Entre-temps, Cameron peaufine le scénario de Rambo 2 et est contacté par la Fox : feu vert pour Aliens, le retour.

Un acte de guerre

Point de départ de cette suite : Ripley est la seule survivante du vaisseau Nostromo. Cameron décide tout de suite de la faire dormir 57 ans dans l'hyper-espace. A son réveil, Ripley apprend que la planète d'où l'appel de détresse vers son vaisseau provenait est colonisée. Démise de ses fonctions, elle doit cependant retourner sur LV-426, non seulement pour comprendre, mais également lutter contre ces envahisseurs, avec pour seul indice : "Mon ami a dit avoir vu des milliers de ces œufs"…

L'ambiance oppressante du vaisseau fait donc la place à une machinerie technologique partie en guerre contre les aliens. Et Cameron ne fait pas dans la dentelle ! Il filme les scènes de bataille comme s'il réalisait un film de guerre. Mais il sait parfaitement ce qui fait frémir le spectateur et s'il s'amuse à montrer des dizaines d'aliens, délaissant le mythe de la créature presque parfaite pour en faire de simples guerriers de l'espace, il ponctue son film de plusieurs séquences au silence insoutenable, juste perturbé par quelques sons provenant du détecteur de mouvement, instaurant à chaque image une tension sans cesse croissante.

Mais Cameron décide de faire ce que Scott n'avait pas eu envie de faire : se pencher sur ses personnages. Car le premier Alien se contente "seulement" de faire peur et, au finish, on n'a rien retenu des caractéristiques de chaque passager. Dans Aliens, Cameron décide de renforcer l'aspect féminin de l'histoire en centrant Ripley sur sa maternité qu'elle n'a pu vivre sur Terre. C'est pourquoi la découverte de Newt fait d'elle une mère potentielle qui devra combattre la mère de tous les aliens. Egalement, Ripley en pince énormément pour Hicks, le lieutenant le plus raisonnable de l'escadrille. Hicks (incarné par Michael Biehn, déjà présent dans Terminator) et Newt sont donc les deux personnages qui font que Ripley se sent redevenir une vraie femme, entourée presque uniquement d'hommes.

Au finish, Cameron clôture son film par un véritable duel de western opposant les 2 figures maternelles du métrage, Ripley et la reine des aliens. Un féminisme qui deviendra la figure de référence de l'œuvre de Cameron. Si certains lui ont reproché d'avoir réalisé un vrai film bourrin, filmé à grand renfort de testostérones, James Cameron a réussi le pari de continuer une franchise dont le niveau reste aussi élevé que celui de son prédécesseur. Et de permettre à Sigourney Weaver de devenir l'étendard du premier courant féministe au cinéma!

L'équipe

La scène inoubliable

Aliens (1986, U.S.A.)

Réalisé par James Cameron

Scénario de James Cameron

Histoire de James Cameron, David Giler et Walyter Hill

Musique de James Horner

Produit par Gale Anne Hurd

Avec Sigourney Weaver, Michael Biehn, Lance Henricksen, Carrie Henn, Bill Paxton, etc.

L'incontournable "Get away from here, you bitch"

 

 
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