L’univers de cette série est particulier à plus d’un titre.
Particulier par le graphisme d’abord, avec le style déroutant de Christian Léger. Le dessinateur fait preuve d’inventivité dans le traitement de son dessin avec une succession de traits noirs et gras. D’un « gribouillage » apparent, se distinguent très nettement visages, chevaux et décors, comme par magie… Et c’est assez incroyable conte tenu du style. Pour avoir pu admirer certaine des cases de l’album à Angoulême, nous pouvons vous assurer que le rendu du dessin est impressionnant. D’autant plus que chaque case de l’album est dessinée sur une feuille format poster ! Vu la grandeur des cases, la reconstitution d’une planche entière relève du défi ! Et pourtant, par des cadrages bien pensés, elles s’enchaînent avec rythme et fluidité. Remarquons encore ici que le deuxième opus a gagné en lisibilité par rapport au premier tome plus sombre, avec un meilleur traitement des couleurs et de la densité de noir.
Particulier ensuite, par la folie prenante du personnage principale. Une folie que Thierry Lamy met très bien en exergue et que l’on arrive même à redouter au fil des pages. Par des dialogues qui glacent le sang, le scénariste nous plonge définitivement dans une Rome dominée par des hommes avides de pouvoir et de sang.
Le résultat est dur, jusqu’au final, mais étonnamment efficace pour ne pas perdre le lecteur en route. Une expérience réussie, à découvrir.