753 Ab Urbe Condita, le jeune chérusque Ermanamer est envoyé à Rome comme otage pour prouver la loyauté de son peuple envers l’empire romain. Là, l’empereur le baptise d’un nom romain, Gaius Julius Arminius, et lui offre une éducation romaine. Une éducation rude sous la férule cruelle de Titus Valerius Falco, un ancien instructeur militaire surnommé « Le boucher des Helvètes ». Arminius ne sera pas seul puisque Marcus, le fils de Titus, partagera aussi son instruction. Si seulement les deux jeunes gens ne se détestaient pas tant…
Après nous avoir offert des chefs-d’œuvre comme Rapaces (avec Dufaux), le Scorpion ou encore l’Étoile du désert (tous deux avec Desberg), Marini signe sa première série en tant qu’auteur complet (scénario + dessins). Si on pouvait avoir quelques craintes quant à la qualité finale – un dessinateur hyper-talentueux ne fait pas forcément un grand scénariste – celles-ci tombent dès les premières pages. Ce qui frappe évidemment au premier regard, ce sont les dessins magnifiques de Marini qui se surpasse dans cette nouvelle série. Les décors sont incroyables de richesses et de beautés. La Rome qu’il met en scène est haute en couleur (aidé en cela par une mise en couleur magistrale), crédible et on est tout de suite immergé dans l’ambiance (Marini a fait des recherches pendant 5 ans, ça se voit). Une ambiance qui n’est pas sans rappeler la série TV Rome. Quant aux femmes, Marini n’a pas son pareil pour les rendre belles et désirables et les quelques planches érotiques qui parsèment l’album sont vraiment réussies sans être racoleuses. |
Et l’histoire alors ? Même si elle reste assez classique, elle tient bien la route ! Les personnages sont bien typés et les deux héros, avec leurs antagonismes, sont tout de suite attachants. Arminius, le guerrier-né, fier et arrogant et Marcus, plein d’enthousiasme mais au cœur trop tendre. On suit leur éducation avec intérêt et l’évolution de leurs rapports sont crédibles. Il y a également quelques touches de mystère et de fantastique comme les rêves récurrents de Marcus. On regrettera juste l’emploi abusif de jurons. Non pas qu’ils m’aient choqués ou qu’ils ne soient pas crédibles (les romains devaient copieusement s’insulter comme tout le monde) mais je les ai trouvé trop modernes, ils ne collaient pas bien au reste de la reconstitution. Voilà donc un premier tome d’exposition particulièrement réussi qui donne furieusement envie de lire la suite. |