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Interview Le Souffle

Interview de Philippe Xavier, Ange
et Alexe à propos la série d’Heroic Fantasy:
LE SOUFFLE
(Soleil - 2004)
(cliquez sur les images pour agrandir)
Lefantastique.net:
Philippe, d'où viens-tu? Quel a été ton parcours
avant Le Souffle?
Philippe Xavier: Mon parcours? et bien je suis
parti à l'âge de 18 ans en Argentine, ou j'y ai étudié
la pub, puis j'ai travaillé dans ce même milieu au
Chili. A l'âge de 22 ans, je suis parti aux States, j'y
suis resté 12 ans.
Ensuite, en 1996, j'ai commencé à dessiner des comics
pour différents éditeurs (Caliber, Peregrine , Marvel,
Chaos, Heavy Metal et autres…) tout ceci pendant 6 ans ...Enfin,
j'ai été mis en contact avec Soleil ... et Ange.
De notre première collaboration est sorti le Souffle. Depuis
je suis revenu en France et j'habite Lyon.
Lf.net:
Comment s'est passé la rencontre avec Ange? Comment est
né le projet du Souffle?
P.X: Tout d'abord le Souffle devait s'appeler
Le Souffle du Dragon. C'etait un projet que Jean Wacquet avait
dans ses tiroirs en tant que scénariste. Un projet captivant
qui m'a tout de suite séduit ...
Le projet avec Jean s'est développé tout doucement
alors que je bossais encore aux States. J’avais même
réalisé les 4 premières planches… Ensuite,
pour des raisons professionnelles et de priorité, Jean
a dû donner le relais à Ange qui ont accepté
de reprendre le projet à zéro. L'histoire a changé,
l'univers également et c'est devenu le Souffle tout court.
LF.net:
L'histoire débute avec deux héros, Alir et Nabila,
qui possèdent le don de maîtriser le Feu. Ils sont
protégés par les T'ingas, peuple de
bohémiens... Ces derniers semblent rejetés par les
sédentaires. Une envie de plaider la cause des gens du
Voyage ou simplement de coller à certaines croyances qui
font des Tziganes et autres un peuple plus sensible, plus en contact
avec la magie?
Ange: Les deux. La réaction des Français
(et en général de tous les peuples européens)
vis à vis des tziganes est étrangement ambivalente:
une fascination mêlée d'envie, et pour beaucoup le
rejet. C'est ce que nous avons essayé d'illustrer avec
les Tsingas: les populations sont fascinées par leur mystère,
leurs "tours", leur théâtre... mais sont
prêtes à se retourner contre eux à la moindre
provocation. Pas besoin de beaucoup d'imagination pour décrire
une telle attitude, il suffit de regarder autour de nous. Sauf
que dans le Souffle, les Tsingas ont vraiment un lien spécial
avec la magie... et peut-être ne sont-ils pas totalement
humains. A suivre...

LF.net:
La véritable héroïne de l'histoire ne serait-elle
pas Nonamia? Cette petite-fille sauvée par un signe de
la peste et mise ainsi sous la protection d'Alir et Nabila?
Ange: Noniama est
notre "arche d'alliance". C'est elle qui constitue le
dernier lien entre Alir et Nabila, les "étrangers",
rejetés de tous et donc pas loin de devenir les ennemis
de l'humanité... et l'humanité, justement. Alir
et Nabila pourraient très vite tomber dans la violence
et la haine, haïr les humains qui les haïssent. Noniama
est le rappel de leur ancienne famille, et de l'amour et de l'acceptation
dont savent faire preuve certains humains.
C'est le seul lien qui va bientôt leur rester avec l'humanité,
qu'elle représente. Bien sûr, il y a plus. Noniama
porte en effet le signe des Obscurs et cela la rend spéciale.
Oui, elle est sans doute la véritable héroïne
de la série...
LF.net:
Peut-on savoir, Philippe, comment tu as procédé
pour créer, dessiner, les personnages d'Alir, Nabila et
Nonamia? Nés de ton imaginaire seul ou issus de personnes
réelles? Beaucoup de recherches de croquis ou une idée
précise...
Philippe Xavier: J’ai une façon
de travailler un peu différente et particulière,
je n’aime pas faire de sketches ou de recherches pour mes
persos, pour l'univers, les décors, etc.
J'aime me lancer tout de suite dans l'aventure comme ça
à froid et ce que je ressens à ce moment là,
mes références artistiques, culturelles, mon passé,
tout ça prend le dessus, c'est très instinctif,
tres sensuel et inconscient comme processus.
Noniama, la petite, est inspirée de ma fille Zoé,
du même âge… Cela s'est fait involontairement
mais c'est bien elle, et une fois que je me suis rendu compte
de cette ressemblance, je l'ai approfondie et développée
et cela m’a procuré une immense joie tout au long
de l'album... il paraît également qu’Alir ressemblerait
à mon frère jeune ...maintenant c'est vrai qu’ils
ont un air de famille.
Nabila? je les dessine toutes comme ça, et oui je sais
...la femme de mes rêves. Tout simplement.
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