Interview de Nicolas Tackian (Relais & Mago) (2)
LFN:
Comme dans toute bonne histoire d’heroïc fantasy, le
jeune héros (Gossuin) est accompagné d’un
mentor (Stronzo) et d’une jolie fille (Aliéna). Les
règles du genre sont respectées. Votre ajout: détourner
des présupposés connus par le lecteur, comme le
garou qui se transforme ici seulement s’il a une crise de
rire! Une façon de démonter le genre, de le parodier?
NT: Effectivement, la structure narrative et
les archétypes de personnages restent "classique".
Quand on s’intéresse un peu à la technique
du scénario, on se rend très vite compte que "tout
le monde raconte la même histoire" en terme de structure.
Depuis la tragédie Grecque on a rien inventé (z’étaient
forts ces barbus en toge!) diraient les plus intellos… Par
contre, mon travail d’auteur consiste à "décaler"
les archétypes vers mon univers personnel pour les rendre
originaux et pouvoir me les approprier. C’est pour cela
que vous trouvez des vampires édentés, des nécromants
obèses, des goules œnologues etc.
LFN: On
retrouve derrière le scénario l’influence
d’autres auteurs (Morvan, Arleston, Herenguel, Pratchett)
ou des Monty Python… Derrière cela, deux genres d’humour
que vous aimez particulièrement?
NT: Evidemment tous ces auteurs font partie de
mon univers et ont contribué à forger le style d’humour
que j’ai introduit dans Relais & Mago. Pour moi, l’humour
est un genre "casse-gueule" dans lequel un scénariste
à tendance à marcher sur des œufs avec une
enclume dans chaque main! Ce qui me fait rire ne fera pas forcément
rire le lecteur et les clichés universels du rire (la fameuse
"tarte à la crème") commencent sérieusement
a prendre un coup de vieux.
Dans Relais & Mago, j’ai essayé de mettre des
choses qui m’amusent, de suivre mes envies et celles de
mon dessinateur dont l’apport et très important en
terme de bouffonnerie! J’ai également introduit des
éléments burlesques qui me sont moins personnels
mais qui marchent toujours...
LFN:
L’album regorge de clins d’œil. On peut y rencontrer
E.T., le chapeau des Gryffondor dans Harry Potter, Hannibal le
cannibale… Le cinéma (en plus de la littérature)
est-il une grande source d’inspiration?
NT: Bien sûr! D’ailleurs je dois
préciser que je suis également scénariste
de long-métrage et que j’ai créé une
structure de production (le studio Delawine!) qui prend en charge
un certain nombre de projets audiovisuels en production et en
réalisation. Pour moi, le cinéma fait intégralement
partie de mes influences au même titre que la littérature
ou la BD. De plus, le cinéma est techniquement plus proche
de la BD que ne l’est la littérature…
LFN: Les
noms des lieux (Kalbut, Sachling, Maal Ox…) et des personnages
(Shakira etc.) sont pour le moins originaux! Comment avez-vous
procédé pour les trouver?
NT: Humm… Cela fait partie des petits secrets
de fabrication qu’un scénariste a du mal à
livrer. Disons que concernant les noms de ville qui sont sur la
carte, beaucoup sont des dérivés de noms de médicaments
que j’utilise. D’ailleurs en cas de brûlure
d’estomac, je vous conseille le Maalox…
|