Interview de Vincent Pompetti (Planète Divine)

 

Dans le premier tome, Neyah de la planète Silurie avait été contactée par la sainte Bramane, un être de la Planète Divine, qui lui avait confié une mission: sauver son peuple de l’envahisseur Absalone qui allait bientôt débarquer. Les Absalones, conduits par Borumand, cherchaient depuis longtemps le chemin de la Planète Divine lorsqu’ils apprirent que les Siluriens avaient un culte dont le but était de rejoindre cette fameuse Planète Divine en se transposant sur un autre plan de conscience. Et Silurie après avoir disparu, venait de réapparaître ! Raison suffisante pour que les Absalones arrivent en force sur Silurie…
Dans le second tome, cela fait 100 ans que les Absalones ont réduit les Siluriens en esclavage et Borumand cherche toujours en vain le chemin de la Planète Divine. Mais pour Neyah, qui est devenue adulte et qui vit cachée dans la forêt, le chemin vers cette fameuse planète n’existe pas au sens commun du terme et les Absalones pourraient très bien le chercher au fin fond de l’univers sans jamais le trouver…

Avec ces deux tomes, Vincent Pompetti crée un univers à part dans le monde de la Bande-Dessinée. Un univers très personnel, fascinant autant par les idées qui y sont développées que par le traitement à l’aquarelle. Un univers qui allie cosmogonie originale, réflexions philosophiques, science-fiction… Beaucoup de richesses à découvrir. Profitons de la présence de l’auteur pour nous faire une petite visite guidée.

Les 2 tomes de Planète divine sont vos 2 premiers albums. Qu’est-ce qui vous a amené à faire de la BD et quel a été votre parcours pour y arriver ?
Vincent Pompetti: Je dessine depuis tout petit. La passion du dessin a toujours été une évidence pour moi, ainsi que la lecture. J'ai appris à lire avec Tintin, puis sont venus un peu plus tard Blueberry, Gaston Lagaffe et d’autres classiques. C'est quand j'ai entrepris les études à l'école des beaux-art que, petit à petit, je me suis dirigé vers la BD, parce que c'est un média souple, une fusion intéressante entre la littérature et le dessin.

Comment êtes-vous arrivé dans la collection carrée ?
V.P.: Lors d'une entrevue chez Glénat, Paul Herman, le directeur de la collection carrée qui en était alors à ses début, cherchait des projets et cela s'est finalement concrétisé par ces deux albums expérimentaux. C’est une collection pensée pour ce genre de projet ou il y a une grande liberté créative. J’en ai profité aussi pour faire la genèse de mon univers.

C’est donc un univers que vous avez envie de continuer à explorer alors ?
V.P.: Oui. Pour moi, Planète Divine raconte les temps reculés d’un univers et j’aimerais par la suite explorer le sujet : voir comment cet univers pourrait évoluer sur plusieurs centaines d’années, voir comment les différentes civilisations changent avec le temps.

Est-ce difficile de s’adapter au format carré ? Quels sont les avantages et les inconvénients?
V.P.: La forme géométrique du carré se prête bien à des compositions, mais d'un autre côté, on n’a pas les mêmes repères qu’avec un format classique. J’ai essayé de profiter pleinement de ce nouvel espace en ne faisant pas un découpage classique. Par exemple, j'ai choisi de faire peu de cases par planches, cinq en moyenne, pour avoir un rythme de narration contemplatif approprié au sujet. Peu de cases par planche me permettait aussi de développer l’aspect pictural, ce qui renforçait davantage le côté éthéré que je voulais donner.

Vous êtes un auteur complet, aussi à l’aise côté scénario que côté dessin, ce qui est loin d’être évident. Quels sont les avantages et difficultés d’une telle entreprise ?
V.P.: J'aime la créativité. Faire l'histoire et le dessin avec un sujet sans contrainte est très stimulant, mais difficile aussi. Mais plus le défi est complexe, plus l'enrichissement est grand. D’un autre côté, il faut être très rigoureux et incisif dans les choix que l'on fait. Quand on est seul, on peut choisir toutes les options possibles mais si on ne choisit pas la meilleure, il n'y a personne pour vous le dire.

Quelle étape préférez-vous dans l’élaboration d’une BD ?
V.P.: Sur Planète Divine, ce sont la conception de l'histoire et la mise en couleur. J'aspire cependant à contrôler toutes les étapes d'un travail, car j'aime beaucoup l'élaboration d'un travail en lui-même.

L’idée de simplement vous consacrer au dessin vous tente-t-elle ?
V.P.: Oui, pourquoi pas ? C'est différend et enrichissant d'une autre manière. Dans l'art ou l'artisanat, le détachement et l'humilité sont des choses importantes. Etre dirigé par quelqu'un permet d’atteindre cela.


 
 
 
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