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L'Enfant de l'Orage – T.2 : La croisée des Vents
Interview de Didier Poli et Manuel Bichebois

Dans toutes les bonnes librairies
actuellement, le deuxième tome de l'Enfant de l'Orage
continue le récit surprenant de Laïth, un jeune garçon
mi-homme, mi-félin. Dans cet univers à la frontière
des genres, les auteurs ont décidé de surprendre
le lecteur coûte que coûte. Et cela, dès les
premières pages ce nouvel album !
Alors que le festival d'Angoulême bat son plein, Didier
Poli, le dessinateur, rejoint par Manuel Bichebois, le scénariste,
acceptent de répondre à nos quelques questions...
LeFantastique.Net
: Comment est né l'enfant de l'orage?
Didier Poli : Il est né un peu par hasard.
J'allais présenter mon dossier à l'époque
à une boite qui s'appelait le Yéti, une boite qui
faisait du jeu, du jeu de rôle etc. C'était histoire
de mettre du beurre dans les épinards. Et puis, l'éditeur
est tombé sur mon book. Il a apprécié et
m'a proposé de contacté les Humanos. Le directeur
de collection a vraiment accroché et m'a dit: "si
tu as un projet, présente-le-nous". On a pondu ça
un petit peu à la va vite avec Manuel (le scénariste,
ndlr) avec qui je travaillais dans les jeux vidéos. On
a réfléchi à une histoire en se callant sur
ce que j'avais en tête et voilà, c'est sorti comme
ça. Les Humanos ont beaucoup travaillé avec nous
sur le scénario et sur la manière dont se succédaient
les éléments parce que ce n'était
pas forcément notre métier. Ils ont été
très présents à ce niveau-là. Ca c'est
développé comme ça. Maintenant on est beaucoup
plus libre parce qu'on est presque sur les rails. On a acquis
les méthodes de travails, les routines de narration qu'on
n'avait pas forcément.
Comment
se passe la collaboration avec Manuel Bichebois?
DP : Elle se passe très bien car on est
vraiment complémentaire. Moi je ne sais pas raconter des
histoires au niveau du texte. Dessinateur c'est déjà
pas mal. Lui propose des choses et moi, je regarde le découpage.
Je pense que c'est important car la vision de l'image est propre
au dessinateur. On travaille par séquence et pas planche
par planche. Il me balance une séquence et moi je découpe
à l'intérieur. A partir de là, il regarde
le découpage. Si ça lui va, on part comme ça.
Mais c'est vrai qu'il intervient très peu sur le dessin.
Sur le scénario, on discute beaucoup, il y a un gros échange
mais il reste totalement maître de son histoire. C'est simplement
la manière dont on agence les événements
qui peut être modifiée en fonction de mes goûts
et de mes envies.
La
série présente des personnages anthropomorphes...
Une idée qui vient de vous?
DP: Le projet au départ était vraiment
animalier. Depuis que je suis à l'école de dessin,
je dessine des hommes animaux. J'ai été élevé
avec "Robin des bois" de Disney. C'est vrai que j'aime
les animaux anthropomorphes. Quand j'ai présenté
le projet aux Humanos, ils n'ont pas vraiment aimé le projet.
Ils ont dit : "les animaux anthropomorphes, c'est vraiment
pour les enfants". L'auteur de Blacksad avait eu le même
souci. On lui avait dit : "les animaux anthropomorphes, c'est
vraiment connoté pour les enfants". On m'a dit aussi
que notre scénario était trop noir, trop adulte.
J'ai dû adapter mes personnages en les humanisant un petit
peu, pour les rendre plus crédibles par rapport au thème
de l'histoire. Au final, ce n'est pas plus mal car il est vrai
que mon premier projet était vraiment très rond,
très Disney. C'est vrai que j'ai un style plus proche du
dessin animé et là, je me force à faire quelque
chose de plus réaliste.
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