MYGALA - Interview de Jean-François Di Giorgio & Frédéric
Genêt (2)
Frédéric,
Mygala est votre première BD: qu'est-ce que ça fait?
Racontez-nous un peu votre parcours, jusqu'à l'acceptation
de Mygala par Nucléa². Avez-vous développé
le projet avec JF Di Giorgio, qu'est-ce qui vous a attiré
dans l'histoire?
Frédéric
Genêt: Et bien oui, c'est mon premier album et
j'avoue que sur ce coup là, c'est difficile de jouer au
"blasé". Voir cet album sur les présentoirs
en librairie ça fait vraiment plaisir!
Mygala est un projet de longue haleine qui a beaucoup évolué
au cours des 3 années durant lesquelles nous avons travaillé
sur ce projet. En fait, ça a tellement évolué
que les 2 ou 3 projets de départ dans lesquels on retrouve
les personnages principaux n'ont absolument plus rien à
voir avec le "Mygala" qu'on peut lire maintenant. Ça
a d'abord été une histoire du genre polar avec quelques
éléments surnaturels, puis ça a lentement
dérivé vers la SF pour qu'on se rende compte finalement
que ce qui nous amusait le plus c'était se mélange
à forte dose de fantastique et de SF, on s'en est donc
donné à cœur joie!
Et puis surtout c'est un travail de collaboration, je n'ai pas
reçu un scénario dans ma boîte au lettre en
me disant "ha, oui, ça , ça me plaît!".
JF à écrit cette histoire sur base de l'univers
SF et fantastique qu'il a pu observer dans mes dessins tout au
long de ces 10 dernières années (et oui, ça
fait déjà 10 ans qu'on se connaît!), mais
en me poussant à aller plus loin dans la SF et dans le
côté glauque et monstrueux de certaines parties.
Et de son côté, JF m'a laissé la liberté
de proposer de nouvelles solutions et d'intervenir dans le déroulement
de certaines séquences. Et de ce travail d'échange
et de collaboration, on a retenu que le meilleur.
C'était une expérience vraiment chouette et enthousiasmante,
un peu comme un groupe de musicien où chaque instrument
complète l'autre, séparément, on ne serait
jamais arrivé à ce résultat là.
L'univers
de Mygala est un univers très technologique et glauque.
Qu'est-ce qui vous a influencé/donné des idées
pour bâtir le tout? La base enneigée, par exemple,
me fait penser à "The Thing - La Chose" de Carpenter.
FG: En fait j'ai toujours dessiné ce
genre de chose (mes instituteurs se posaient des questions quand
à l'âge de 6 ou 7 ans je découvrais le plaisir
de dessiner des monstres et des têtes de mort :)), surtout
ce qui est heroic-fantasy, j'ai grandi avec les jeu de rôle
et toute l'imagerie fantastique qui tourne autour.
Pour la science fiction par contre c'est plus récent pour
moi de dessiner ce genre de chose, mais depuis tout petit j'ai
toujours adoré les films de SF, j'ai donc également
grandi avec ce genre d'imagerie.
Les images et les ambiances qui naissent de mon cerveau sont surtout
influencée par le cinéma (aucun film en particulier,
je trouve autant mon plaisir dans un film culte que dans un nanar
de seconde zone), mais aussi les jeux vidéo (auxquels je
ne joue pas, mais j'adore regarder les images dans ces revues
spécialisées, c'est une vraie mine d'or).
Pour ce qui est de la base enneigée, on la doit surtout
à JF et ces longs descriptif. C'est vrai qu'on y trouve
des similitudes avec le film "la chose", mais pour tout
dire, au départ la base était en plein milieu d'un
désert aride écrasée par le soleil, et c'est
pour des questions de scénario et de graphisme qu'on l'a
mise dans la neige...
La couleur joue un rôle
important aussi pour les ambiances, comment se passe la collaboration
avec le coloriste?
FG: Le coloriste (Hernàn Cabrera) est
argentin, il travaille et vit à Buenos Aires, toutes la
collaboration s'est faite via internet. Ce qu'on voulait surtout
pour cet album, c'était créer des ambiances et donc
de bien séparer les séquences par des dominantes
de couleur. Et c'est pour ses gammes de couleurs que nous avons
choisi Hernàn. Toute la partie dans les sous-sol par exemple,
avec la dominante brune, était prévue au départ
avec une dominante rouge, puis Hernàn nous a montrer quelques
uns de ces travaux précédents et on a vraiment flashé
sur une de ces planches qu'il a réalisé avec cette
même dominante brune. Donc le plus gros des indications
que nous lui avons donné ce situait au niveau de la définition
des teintes principales, pour le reste (ombre, lumière,
,..) il était libre.
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