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MYGALA - Interview de Jean-François Di Giorgio & Frédéric
Genêt

Une base militaire où
des scientifiques s'adonnent à de bien étranges
expériences... Une secte sataniste qui s'intéresse
au produit de ces recherches... Une action commando pour récupérer
le Corzal qui tourne mal... Le Corzal, objet de toutes les convoitises,
sommeille et attend son heure. Au milieu de tout cela, Mygala,
membre des forces spéciales, cherche les réponses
à ses questions. Et à sauver sa peau, bien sûr,
car le mystérieux Corzal s'est réveillé...
Fraîchement parue aux éditions Nucléa²,
Mygala est une aventure SF-fantastique à
faire frémir d'horreur (voir chronique ici)
Changement de style pour le scénariste Jean-François
Di Giorgio et première aventure en BD pour Frédéric
Genêt, la sortie de cet album valait bien une rencontre...
LeFantastique.net:
Comment avez-vous rencontré Frédéric Genêt
et comment est né le projet Mygala?
J.F. Di Giorgio: En dehors de mes activités
de scénariste, je donne cours de BD depuis plus de 10 ans,
au Centre Belge de la Bande Dessinée, à Bruxelles.
C'est là que j'ai rencontré Fred pour la première
fois. Il devait avoir 15 ans. Il a bien aimé le cours.
Et il est revenu durant plusieurs années. C'est là,
entre deux parties de fous rires, que nous avons parlé
pour la première fois de MYGALA, même si le projet
a beaucoup évolué entre temps.
Après
des séries plus réalistes et historiques (Shane)
vous changez de style pour une aventure futuriste mélangeant
SF et fantastique, qui, s'il s'agissait d'un film, s'apparenterait
bien à Alien. D'où vous est venue l'idée
de lancer une telle histoire, en quoi cela a-t-il changé
votre façon de procéder?
DG: Pour moi c'est ça être scénariste,
c'est pouvoir écrire des histoires très différentes...
Je ne connais rien de plus barbant que de devoir écrire
toujours sur le même sujet. ( encore que pouvoir aborder
un même sujet sous des tas d'angles différents, des
tas d'albums, voir sur plusieurs séries, je pense aux Stryges,
pour faire " rendre son jus jusqu'à la dernière
goutte " à l'univers traité , ne doit pas être
inintéressant!).
Franchement, écrire un jour pour les enfants (Bouchon),
puis passer à un récit historique (Shane) poursuivre
avec de l'aventure (Munro) puis passer à de la S.F c'est
un réel bonheur !
On retrouve dans Mygala certains éléments
assez classiques de "blockbusters": menace inconnue,
huis-clos, jolie héroïne au caractère bien
trempé, morts-vivants et gros flingues… Quel est
le secret pour éviter de tomber dans le cliché?
DG: Nous avons mis presque 3 ans pour écrire
cette histoire. Nos goûts ont évolués au fil
du temps, pour nous apercevoir que ce qui nous amusait le plus
était la science fiction mélangée à
du fantastique. Nous sommes donc partie dans cette direction.
Sauf erreur de ma part , en Bd il existe peu de récits
mélangeant satanisme et Hi-Tech. En ce sens nous sommes
un peu précurseurs...
Les scientifiques
du complexe militaire jouent aux apprentis-sorciers: le corzal,
la reconstitution corporelle à partir d'une simple séquence
ADN& Est-ce selon vous juste une histoire, de l' "entertainement",
ou plutôt une vision pessimiste du futur peut-être
proche?
DG: C'est mon coté pessimiste qui s'exprime.
Je suis un fan de Ph.K. Dick et de ses univers paranoïaques
!
Le
Corzal semble capable de s'attaquer aussi bien aux êtres
vivants qu'aux machines. Est-ce une force occulte que les militaires
tentent de contrôler, ou une arme intelligente créée
par l'armée qui échappe à leur contrôle?
Ou bien le mystère doit-il rester entier? Le Corzal agit-il
tout seul ou a-t-il besoin "d'hôtes", comme un
parasite? Le titre de l'album semble indiquer qu'il s'agit d'un
virus…
DG: Permettez moi de ne pas répondre à
cette question. C'est précisément l'un des intérêts
de cette histoire pour le lecteur, en savoir un peu plus sur ce
mystérieux Corzal...
J'aurai essayé
:-) Selon vous, quels sont les avantages du fantastique et la
SF pour un scénariste?
DG: Le plus grand avantage c'est évidement
la liberté. Celle pouvoir créer des mondes, des
univers de toutes pièces. De transporter d'emblée
le lecteur ailleurs, d'essayer de le faire rêver.
La plus grande difficulté est d'être crédible.
De créer des "univers cohérents".
D'ailleurs, c'est ce qui m'a toujours fasciné chez Moebius,
lorsque je regarde ses dessins, j'ai toujours la sensation que
n'importe lequel de ses "engins" pourrait réellement
voler. Tout est plausible, cohérent. C'est très
difficile à réaliser...
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