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Interview Eric Liberge

Nous avions rencontré
Eric Liberge lors du festival BD de Contern au Luxembourg. Le
rendez-vous était pris et la sortie de « Metal »
fut l’occasion de poser quelques questions à cet
auteur qui nous avait immédiatement séduit avec
son fabuleux Monsieur Mardi-Gras Descendres.
Rencontre.
Lefantastique.net:
Dans Mardi-Gras Descendres, vous abordez la question de la vie
après la mort de façon grinçante, très
humoristique… D’où vient le choix du ton donné
à la série?
E.L.: Il fallait envisager cette série
comme un regard de miroir sur notre monde, avec un ton décalé
pour ne pas donner dans le morbide inutile, car le propos de Mardi-Gras
est paradoxalement de célébrer la vie.
Vous y décrivez
un monde en noir et blanc que vous allez revoir en couleurs chez
Dupuis courant 2004. Expliquez-nous un peu pourquoi du N&B
au départ et pourquoi la couleur aujourd’hui?
E.L.: Le choix du N&B chez Pointe
Noire s'est posé par rapport au tome 1. En fait, l'album
était terminé dans l'état lorsqu'il a été
signé, et publié pratiquement dans la foulée.
Pas le temps donc de faire des couleurs, même si mon idée
de départ optait pour une teinte, ce que l'on a répercuté
sur le choix du papier ivoire. Mais je n'ai jamais écarté
l'idée d'une mise en valeur avec de la couleur. Dupuis,
lorsqu'il a repris Mardi-Gras Descendres, a simplement suggéré
cette phase supplémentaire, et je n'ai pas été
contre le fait de tenter l'expérience pour voir. Si le
résultat ne m'avait pas convaincu sur le tome 1, je ne
l'aurais pas fait, ni confié à quelqu'un d'autre.
Je trouve ce qui en est sorti très intéressant et
tout à fait dans la ligne "Mardi-Gras". Au lecteur
d'avoir après son opinion...
Vos
personnages sont des squelettes. On pense de suite aux danses
macabres et aux squelettes grimaçants de certains tableaux
du 15ème siècle. Vos squelettes sont tout aussi
expressifs. Comment avez-vous décidé de ce choix
de personnages?
E.L.: Il fallait pour ces histoires des personnages
marquants, proches de l'expressionnisme et la pantomime. J'ai
donc supprimé les dents des crânes et ai habillé
tout cela avec nos mimiques à nous. Il y a forcément
une ambiance moyenâgeuse et grimaçante qui donne
un peu le frisson, mais c'est bien comme ça. Cela donne
une petite touche réelle à l'intrigue.
Vous donnez
de la Mort, de l’après-vie, une vision à la
fois très occidentale et chrétienne mais en y ajoutant
des éléments surprenants comme la réincarnation.
Vous situez ce monde de l’après-vie sur le même
plan physique que le nôtre. Il serait situé sur Pluton.
D’où vient cette conception globale?
E.L.: C'est en fait un mélange
de plusieurs théories mystiques et de croyances. Car nous
ne sommes de toutes façons persuadés de rien, comme
les personnages dans Mardi-Gras Descendres. Ils se raccrochent
donc à ce dont ils se souviennent de la terre, ce qui crée
ce fatras religieux. Je souligne surtout par ce biais que nous
aurions tout inventé autour de nous, et même au-delà.
Une grande projection de nos peurs.
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