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"Kybrilon" - Preview
Interview de Jean-Michel Ponzio

Prévu pour mars 2005
chez Soleil, Kybrilon est un one-shot, un huit-clos de SF angoissant,
qui va surprendre les lecteurs par sa mise en page très
originale. En effet, cet album, basé sur une nouvelle de
Laurent Genefort que l’auteur adapte ici en bande dessinée,
est exclusivement réalisé en images de synthèse.
Jean-Michel Ponzio, aux commandes de cet exercice de style en
dessin, nous dévoile en détail sa méthode
de travail très intéressante ! Voilà aussi
l’occasion de découvrir en avant-première
les étranges événements qui se trament sur
la plate-forme d’extraction atmosphérique "Kybrilon",
un espace "où personne ne vous entendra crier"…
Claustrophobes, s’abstenir !
Petit cadeau : toutes les images illustrant l’interview
sont inédites : elles constituent des recherches dans la
création de l’univers.
LeFantastique.Net
: Vous avez une formation dans l’image et la communication.
Vous avez travaillé sur plusieurs courts et longs métrages,
sur des films institutionnels et publicitaires, etc. Qu’est-ce
qui vous a amené à la BD ?
Jean-Michel Ponzio: Comme beaucoup de personnes
qui font de la BD, j’ai toujours dessiné. Enfant,
reproduire mes super-héros préférés
sur de très grandes feuilles a développé
chez moi le sens des proportions. Je crois que j’ai dû
dessiner mes premières planches vers 9 ou 10 ans. Vers
l’age de 14 ans, j’ai découvert "le garage
hermétique de Jerry Cornelius" par Moebius. Cela a
été une véritable révélation
pour moi, ainsi que toutes les créations
des années 70, que l’on pouvait lire dans la revue
"Métal hurlant". Avant d’aborder les problèmes
liés à la narration, la principale difficulté
en BD est de pouvoir redessiner les mêmes personnages dans
différentes attitudes, et sous divers axes. J’y parviens
aujourd’hui par le biais de plusieurs techniques, mais que
ce soit pour mon précédent album, ou pour celui-là,
l’ordinateur a une part très importante dans la confection
de mes "acteurs". Faire de la BD est donc un vieux rêve,
cela m’a pris beaucoup de temps pour développer un
style qui me satisfasse, mais reste encore à savoir si
les lecteurs l’apprécieront. L’avenir me le
dira. En fait ce qui me plaît réellement c’est
de raconter des histoires, quel que soit les moyens. L’image
me passionne, qu’elle soit fixe ou animée. J’ai
effectivement eu la chance de travailler sur des longs métrages
pour le cinéma, et réalisé pas mal de courts
métrages, activités qui demande toujours un certain
nombre de personnes. C’est pour cela que le sentiment de
liberté que l’on peut éprouver lors de la
création d’une BD est très jouissif.

LF.N : Avec
Laurent Genefort, vous avez adapté "T'ien Keou",
une nouvelle de SF, en BD. Vous enchaînez aujourd’hui
avec "Kybrilon" d’après un roman de Laurent
Genefort. Qu’est-ce qui vous plaît dans la science-fiction
en général et dans le travail de Laurent Genefort
en particulier ?
JMP : La science fiction est un domaine où
l’on privilégie la création, et où
l’imaginaire a une grande place. On peut tout créer,
du moindre siège à un vaisseau spatial, en passant
par la forme d’une coursive, ou l’allure d’une
planète. La seule contrainte étant la cohérence,
surtout si l’on veut donner un rendu réaliste à
notre travail. Sinon j’aime beaucoup ce qu’écrit
Laurent. Il excelle dans la création d’univers, et
j’ai eu la chance de lire une bonne partie des nouvelles
qu’il a écrites. "Kybrilon" est l’adaptation
de l’une d’elles, «orbite piégée»,
qui est devenu le roman "L’homme qui n’existait
plus".
LF.N : Comment se passe la collaboration
avec Laurent Genefort ?
JMP : Très bien. Laurent est un vrai puit
de science en matière de SF. Il a lu tous les bouquins,
vu tous les films du genre ! La SF n’a plus de secret pour
lui, et quand on s’intéresse comme moi à ce
genre, connaître cet auteur est un vrai bonheur. Pour cet
album, disons qu’il a été, ce que j’appellerais
"un consultant" et mon premier lecteur. Laurent a approuvé
la majeure partie de mes choix sur les éléments
à conserver. Et puis la BD s’est faite en quelques
mois, je lui ai montré l’adaptation. Après
avoir apprécier le résultat, il m’a donné
beaucoup de conseils visuels, pour améliorer les intentions,
la narration, et la lisibilité, (en modifiant le look de
la caméra de surveillance par exemple, pour lui donner
une véritable identité visuelle).
Il m’a aussi conseillé d’adapter son texte
en un langage plus parlé, (je dois remercier vivement Jack
Manini pour cela, car il m’a énormément apporté
dans cette discipline, bien plus complexe qu’elle n’y
paraît : les dialogues).
LF.N : Quel regard porte-t-il
sur l’adaptation en BD de son roman?
JMP : Je pense qu‘il
a bien aimé ma manière d’adapter cette histoire,
de plus je crois qu’il a redécouvert ses écrits
en lisant l’album, ce qui est génial pour un auteur.
Laurent est une personne qui écrit beaucoup, et il lui
arrive de ne pas se souvenir en détail de ces créations,
surtout si elles datent.
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