Interview de Nicolas Jarry

Scénariste prometteur, Nicolas Jarry nous gratifie en cette fin d'année 2003 de deux premiers albums de très bon augure. Petite conversation autour des Brumes d'Asceltis (Soleil) et des Chroniques de Magon (Delcourt)...

Lefantastique.net: En juillet 2001, vous aviez répondu à nos questions concernant votre cycle de fantasy "Chroniques d' un guerrier Sînamm". Vous aviez évoqué à l'époque un projet BD à paraître en 2002. Etait-ce Asceltis ou Magon?
Nicolas Jarry: Ni l’un ni l’autre. Il s’agit d’un troisième projet, un polar fantastique assez sombre qui doit sortir aux éditions Delcourt en cours d’année prochaine. C’est le premier projet sur lequel j’ai commencé à travailler, et ce sera le dernier sorti! Ce sont les aléas de l’édition…

LF.net: Comment passe-t-on d'écrivain à scénariste BD?
NJ: Je ne sais pas pour les autres, mais pour ma part, ça s’est passé assez naturellement. Je travaillais sur un projet (ledit polar) avec un ami de longue date et j’ai demandé conseil à ceux qui ont croisé ma route. Il se trouvait qu’il s’agissait de Jean-luc Istin et de Christophe Arleston... ça aurait pu être pire (rires). Et de fil en aiguille Christophe m’a présenté Guillaume et Elsa, et Jean-luc m’a demandé de lui écrire une histoire.

LF.net : Quelles différences dans l’écriture d'un roman et dans celle d’une bande dessinée?
NJ: Le roman et la BD sont deux supports que l’on ne peut pas appréhender de la même manière, même si la finalité reste la même: raconter une histoire.
Le roman s’écrit sur la durée, sans véritables contraintes sinon celles qu’on s’impose, c’est un exercice libre et terriblement solitaire.
Ecrire une Bd c’est beaucoup plus de techniques et de rigueurs, la part laissée à l’improvisation est plus restreinte. On a 46 planches, avec une moyenne de 8 cases par page pour raconter ce qu’on a à raconter. C’est un travail court et intense.
Mais une des principales différences réside dans le fait que l’on n’écrit pas directement pour un lecteur, mais pour son dessinateur, qui lui-même le retranscrira alors aux lecteurs. C’est un peu comme une course de relais (scénariste-dessinateur-coloriste) et on ne sait pas trop ce qui va en ressortir à la fin, même si, bien sûr, il y a des moments où chacun intervient sur le travail de l’autre.

LF.net : Il y a aussi le côté travail d’équipe. Est-ce difficile pour un auteur isolé de travailler avec un dessinateur et une coloriste?
NJ: J’en ai un peu parlé avant. J’ai la chance de bosser avec des personnes que j’apprécie et que je respecte. Et dans la mesure où ce respect est (je pense) réciproque, ça ne peut aller que dans le bon sens. Maintenant je dirais que c’est comme dans toutes relations, il y a des hauts et quelques coups de gueule, mais vraiment rien qui soit pesant. La preuve, j’ai signé les tomes 2 des Brumes et des Chroniques.





 
 
 
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