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LE FLEAU DES DIEUX: interview
En
octobre dernier est sorti aux Editions Soleil le tome 3 du Fléau
des dieux. Mélange d'Histoire, de SF et de fantastique,
ce space-opera sans précédent transpose l'affrontement
entre Attila et le général romain Flavius Aetius
vers un futur lointain où brille l'Orbis, l'Empire Romain
Galactique. Scénarisé par Valérie
Mangin et dessiné par Aleksa Gajic,
jeune dessinateur serbe déjà reconnu dans son pays,
Le Fléau des Dieux s'impose comme une des séries
incontournables de la BD SF-fantastique. Rencontre.
Lefantastique.net:
Comment a débuté l'aventure du Fléau des
Dieux?
Valérie Mangin: Aleksa avait envoyé
son dossier avec des projets BD à plusieurs éditeurs,
et le nôtre a proposé à Denis Bajram de lui
écrire un scénario. Denis avait déjà
l'idée originale du Fléau des Dieux, c'est à
dire Attila dans l'espace. Au départ, il devait travailler
avec Aleksa, puis il s'est avéré qu'il n'avait pas
vraiment le temps de s'en occuper vu qu'il était déjà
sur Universal
War One. De mon côté, j'étais étudiante
en histoire et j'avais commencé à faire des recherches
pour Denis, sur Attila, Aetius, etc.… En plus je connaissais
très bien le latin et l'antiquité, donc c'était
vraiment facile pour moi de faire ça. De la simple documentaliste
je suis devenue co-scénariste, et finalement j'ai hérité
du "bébé" à plein temps. Comme
j'étais déjà passionnée de BD SF et
fantastique, c'était idéal et j'ai sauté
sur l'occasion pour faire le pas et devenir auteur: ça
combinait ma passion pour la BD, le fantastique, la SF et l'Histoire.
Finalement, j'ai massacré l'idée de Denis et tout
le travail qu'on a fait ensemble, ça n'a presque plus rien
à voir avec le début, à part l'idée
d'Attila dans l'espace (rires).
Mais ça a failli capoter parce qu'on a commencé
à bosser avec Aleksa et puis il y a eu la guerre Serbie-Otan:
on a perdu tout contact avec Aleksa, je ne savais pas du tout
ce qu'il devenait. J'étais désespérée,
Internet ne fonctionnait plus, ça a été assez
difficile. Puis, l'année suivante, Bilal
(ndlr. l'auteur, yougoslave, d'entre autres La Trilogie Nikopol
et Le sommeil du monstre, aux Humanoïdes Associés)
a organisé une exposition de jeunes dessinateurs yougoslaves
à Angoulême, et Aleksa est venu avec ses planches.
Un ami commun est venu voir l'expo, il a rencontré Aleksa
et il lui a dit que nous étions présents nous aussi.
C'est comme ça qu'on s'est retrouvés, et à
partir de là tout s'est bien passé.
Au fait, tous les personnages
principaux de la série sont, à la base, des personnages
ayant vraiment vécu…
VM: oui, en effet. Pour la réalité
historique de la série, on a fait un site Internet (http://www.ateliervirtuel.com/fleau)
qui explique bien tout. On y retrouve diverses infos sur la série,
les auteurs, etc…

Justement, quelle est l'origine de Kerka, la déesse du
Chaos des Huns? Ce n'est pas une divinité connue.
VM: En fait, Kerka était la seconde épouse
d'Attila, et elle était officiellement sa reine. Les historiens
en ont déduit que c'était son épouse préférée
et le grand amour de sa vie, mais c'est des suppositions. Tout
ce qu'on sait sur elle, c'est qu'elle était la reine des
Huns et qu'Attila lui avait fait construire un palais magnifique
dans la capitale des Huns.
En fait, Attila avait un camp d'hiver en Europe centrale où
il revenait entre ses campagnes. Comme les Huns, qui à
la base étaient des nomades, s'étaient beaucoup
enrichis avec leurs razzias, ils ont pu se sédentariser,
construire des maisons de bois et de pierre. Attila possédait
donc son palais, et son épouse aussi. Ça étonnait
d'ailleurs beaucoup les ambassadeurs romains de voir autant de
richesses, eux aussi s'attendaient à voir des nomades,
des tentes, etc. Il y avait même un conseiller d'Attila
qui avait fait construire des thermes à côté
de sa maison. Pour les romains, c'était le monde à
l'envers: des piscines et des masseurs chez les Huns!
Dans ce troisième tome, on
commence à avoir une explication "plausible"
de la transposition de l'affrontement Attila-Rome vers le futur
lointain…
VM: Oui, et ça ne fait que commencer.
Dès le début, ce que je voulais, c'était
surprendre, prendre l'histoire par le petit bout de la lorgnette
et puis l'ouvrir petit à petit pour raconter des choses
inattendues et cohérentes en même temps. Rien de
ce qui arrive est un hasard, il y a vraiment un grand secret,
un grand plan derrière tout ça. Il y a un moment
dans l'histoire où le grand-prêtre Oktar dit à
Flavia: "Derrière un plan simple se cache souvent
un plan plus complexe". C'est un peu la même chose
pour la BD: au départ l'histoire paraissait simple, mais
en fait c'est beaucoup plus compliqué…
C'est l'Histoire qui se
répète, sans que les acteurs en soient conscients…
VM: Oui, les personnages ne sont pas au courant
de ce qui se passe jusqu'au tome 3. Flavia ignore totalement qu'il
y a eu une antiquité, elle découvre, elle aussi
dans le tome 3 l'histoire réelle, tout a été
masqué par la propagande impériale. Les habitants
de l'Orbis ignorent totalement ce qui s'est passé avant,
Flavia débarque dans l'histoire sans rien savoir sur le
combat antique entre Flavius et Attila. C'est juste une jeune
Romaine parachutée chez les Huns et à qui arrivent
des choses extraordinaires. Elle ne s'y attendait pas du tout,
c'est pour ça que je l'ai montrée passive au départ,
elle est carrément perdue dans ce monde tout à coup
si hostile.
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