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Thierry Démarez - Interview (3)
LF.N:
On pourrait qualifier la série de Space Opéra, on
y relate l'antiquité dans l'espace. Pour vous, ce mélange
de SF et d'antiquité est-il une contrainte ou plutôt
un défi?
T.D: C'est avant tout un plaisir, une histoire
antique pure ne m'aurait peut-être pas autant comblé
à cause de la contrainte documentaire. De plus, je n'ai
pas une culture complètement orientée vers la SF
mais le mélange des genres me convient tout à fait.
Je pars d'une base concrète en y ajoutant une bonne part
de création. Ensuite, tout est question de dosage... Je
ne dois pas perdre de vue que c'est une histoire avant tout futuriste
et que l'action se situe bien avant celle du "Fléau
des Dieux": par conséquent, il ne faut donc pas que
la technologie soit trop avancée par rapport à l'autre
série...
LF.N: Les
couleurs tirent souvent vers l'orangé, une couleur qui
revient pour marquer une planète livrée à
une guerre incessante entre Grecs et Troyens. Les couleurs tirent
vers le bleu lorsque le récit se fait plus onirique (par
exemple p.36 et 37, lors de la rencontre entre Enée et
sa mère, Vénus). Utilisez-vous un code couleurs?
T.D: Au niveau des couleurs, mon approche reste
assez conventionnelle: mes flammes ne sont pas encore bleues et
mes cieux, pas encore verts. L'important était de créer
un contraste entre le monde "terrestre", violent, et
l'environnement de Vénus, plus posé. Ces codes de
couleurs sont ancrés en nous, je n' ai fait que les reproduire
pour une plus grande fluidité dans la lecture.
LF.N:
Dans le premier tome du Dernier Troyen et dans le tome 4 du Fléau
des Dieux, il y a un cahier de 8 pages intitulé "La
Louve Romaine"qui revient sur les origine de la Rome spatiale.
Vous travaillez-là avec Aleksa Gajic, on y voit d'ailleurs
Attila et Flavia (cf. Le Fléau des Dieux). Pouvez-vous
nous parler de ce cahier et de votre travail avec Aleksa?
T.D: Aleksa étant en Yougoslavie, Valérie
a servi d'intermédiaire pour me montrer ses planches. J'ai
attendu d'avoir ses versions couleurs pour pouvoir faire les miennes.
Il est en effet plus facile pour moi de m'adapter car je colorise
de façon traditionnelle sur des "bleus" alors
que lui, il réalise tout en couleur directe: il a moins
droit à l'erreur que moi!
Ce livret assure la transition entre les deux séries et
marque la naissance d'une nouvelle collection avec des récits
originaux et riches.
LF.N: Suite
à la parution de l’album, vous avez enchaîné
plusieurs séances de dédicaces. Comment appréhendez-vous
la rencontre avec le public?
T.D: J'ai déjà eu l'occasion, avant le Dernier Troyen,
de rencontrer le public à travers les séances de
dédicaces. La seule chose que j'appréhende,
c'est de passer des heures dans le train pour arriver à
destination. En fait, tous les gens que je rencontre sont arrivés
à la série par l'intermédiaire du "Fléau
de Dieux", l'album est encore jeune mais un bon accueil lui
a été réservé.
LF.N: Votre actualité
et vos projets?
T.D: Toute mon attention est dirigée vers le tome 2, une
couverture de livre, deux ou trois expositions de peintures sont
programmées mais c'est à peu près tout dans
l' immédiat.

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Les conseils
de Thierry Démarez:
Littérature? Mac
pour les Nuls
BD? From
Hell
Peinture? Judith1
de Klimt
Cinéma? L'
Echelle de Jacob
Musique? Nine
Inch nails, The Gathering, Elend,...
Un conseil à
un jeune dessinateur qui voudrait se lancer?
Trouver son écriture,
croire en ce que l'on fait et persévérer:
volonté et patience ont été mes
armes mais il y en a bien d'autres... |
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Propos recueillis par Séverine Stiévenart
Mars 2004
Toutes les images sont copyright Démarez/Gajic/Mangin/Soleil
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