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Marc Moreno - Interview "Les Hydres d’Arès"
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LF.N: Vous
avez dit dans votre interview (Khimaira n°14) suite au Régulateur
"tout passe par le questionnement". Quels sont les questionnements
par lesquels vous êtes passé pour créer l’univers
des Hydres d’Arès?
MM.: On ne va pas se lancer dans une liste exhaustive
car je me pose des questions même sur un bouton de porte
ou sur une forme de roche, mais comme pour le Régulateur
je procède de la même manière. J’établis
d’abord une solide charte graphique avec ses grandes lignes
et petit à petit, l’univers se met en place pratiquement
à chaque case. Je n’ai ni le temps ni les compétences
nécessaires pour tout approfondir mais je dois dire que
c’est ce qui m’amuse le plus : jouer les démiurges
de bas étages. Penser à tel costume pour traverser
un désert, tel véhicule pour le transport de forçats
etc. Avec les afridiens par exemple j’ai tout un peuple
d'autochtones martiens à "créer" depuis
leurs ustensiles de cuisine jusqu’à leur morphologie
qui est particulière et ce pour des raisons que vous découvrirez
bien assez tôt… Mais ne soyez pas dupe, en fait de
création, je ne fais que des variations en prenant à
droite à gauche tout ce qui "donne l'impression que"
c'est afridien.
LF.N:
Quels sont les avantages de l’informatique au niveau du
dessin et des couleurs?
MM.: Il y a dieu dans mon PC ! C’est du
moins ce que je pensais lors de mes premiers pas en infographie
tant les possibilités sont innombrables et merveilleuses.
Puis avec les plantages successifs de mon ordi, je me suis dit
que Dieu devait se partager la place avec le Diable…
LF.N: Quelle
est votre vision globale de l’univers des stryges?
MM: Entre Ombre et Pénombre. Peu de place
pour la Lumière là-dedans. Cela n’a rien de
pessimiste, attention ! C’est juste le constat réaliste
de l’étendue de nos connaissances. Après avoir
parcouru Contact & Inducement, que j’ai d’abord
lu comme l’ouvrage d’un illuminé de plus, mon
cerveau a lancé une tâche de fond et, piqué
au mystère, il a voulu en savoir un peu plus à chaque
fois. Au final (qui n’est qu’un commencement pour
moi dans la saga strygienne !) je suis comme au levé d’un
rêve troublant aux allures de cauchemar : on a vu des choses,
entendu des choses mais l’on est sûr de rien, on ne
peut mettre de mots dessus, tout s’évapore et l’on
se sent ridicule d’y avoir cru dur comme fer… pourtant
l’adrénaline post-onirique elle, est bien réelle...
LF.N: On
pourrait qualifier Le Chant des stryges de thriller, Le Maître
de jeu de slasher, Le Clan des chimères de conte de fée
dramatique. Et Les Hydres d’Arès?
MM.: J’espère de « bon divertissement
»…

LF.N: Quelle est la qualité première de Corbeyran
en tant que scénariste?
MM.: Un professionnel hors pair qui me sidère
par son don de m'attendre là où j’espérais
secrètement aller ! A chaque fois que je le rencontre pour
une lecture j’ai toujours cette angoisse de découvrir
des pages qui ne vont pas m’emballer plus que ça.
A chaque fois Corbeyran a fait mouche ! La plupart du temps même
il dépasse mes désirs de graphiste et me propose
des situations pour nos personnages de BD qui me coupent le souffle.
C’est aussi un grand ami, généreux, disponible,
désintéressé, une sorte de dernier chevalier,
un nouveau paladin citadin. Il fait aussi une choucroute mémorable
et ça pour un scénariste je dois dire que c’est
primordial.
LF.N: Un
conseil pour un jeune illustrateur?
MM.: TOUT est prétexte au dessin. S’enfermer
dans un style, une technique ou un genre c’est s’amputer
de plaisirs insoupçonnés…
LF.N: Vos projets ou vos envies
en bande dessinée?
MM.: Pour mes envies comme je le disais ci-dessus
illustrer le Elric de Moorcock, faire des one-shot, des couvertures
de roman et tout ça en plus du plaisir que j’ai à
dessiner le Régulateur et les Hydres d’Arès.
Quant à mes projets, tout simplement assouvir mes envies!
Propos receuillis par Séverine
Stiévenart
Toutes les images sont copyright Moreno/Corbeyran/Delcourt
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Notes
sur les stryges dans la série de Moreno
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