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Marc Moreno - Interview "Les Hydres
d’Arès"

L'histoire...
Année 3455. La planète Mars se partage entre les
humains et une nouvelle race génétique, les Afridiens.
Etres mal aimés et soumis aux pires inégalités,
les Afridiens se battent pour plus de liberté. Alors que
les tensions entre les deux peuples vont croissantes, de monstrueuses
créatures envahissent la planète rouge. La découverte
d'un couple de touristes complètement dépecés
accentue encore les peurs et les problèmes de communication.
David "Boozer" Soho, ancien flic reconverti en dépanneur
agréé, et Donna Mc Spayne, diplomate et spécialiste
du conflit Afridien, sont chargés de l'affaire. Ensemble,
ils vont mener l'enquête pour essayer de déjouer
un complot d'importance interplanétaire...

LeFantastique.net: Avec les Hydres d’Arès, nous voici
propulsé dans le futur avec une "nouvelle race de
stryges". Décrivez-nous les stryges de notre futur,
tels que vous les voyez. Quelles sont leurs caractéristiques
dominantes?
Marc Moreno: Bon comme le nom de la série
l’indique nous avons ici affaire à des Hydres et
nous sommes sur la planète Mars (Arès = Dieu Mars
de la mythologie grecque.) Nous sommes dans un futur assez éloigné
car Corbeyran voulait confronter les stryges à tous nos
questionnements d’humains sur un de leur probable devenir.
Ayant toujours pour base le troublant opuscule strygien de Peter
Mac Kenzie Contact & Inducement, et après analyse des
stryges au fil des siècles et sous toute latitude, Corbeyran
et moi-même sommes partis du postulat que rien n’est
immuable dans l’Histoire des stryges. Rien ne se perd, rien
ne se crée, tout se transforme. Nos stryges donc vont…
mais vous le découvrirez bien assez tôt ! Pour ma
représentation des hydres je voulais graphiquement bien
les démarquer des stryges. Je suis par conséquent
parti sur un look "insectoïde" plutôt qu’
"oisoïde". De plus je trouve ça plus flippant
pour des créatures cauchemardesques
!
LF.N: Les
Hydres d’Arès se différencie très fort
des autres séries par une projection dans le futur. Dans
Le Régulateur, vous aviez choisi un univers steampunk (un
mouvement qui dérive du cyberpunk). La SF est-elle votre
univers de prédilection?
MM.: Non, je ne pense pas avoir de préférences
despotiques pour quoi que ce soit. Je lis de tout, j’écoute
de tout, je mange de tout. Je dévore toutes sortes d’images,
de la fresque du quattrocento à l’illustration propagandiste
maoïste, en passant par la photo de mode ou tout ce qui accroche
mon œil de nouveau-né dans la rue. Une véritable
boulimie rétinienne ! Quand je dessine, je suis pris de
la même manie obsessionnelle de l’Eclectisme. Mon
seul drame est de n’avoir que des journées de 24
heures et de ne pas savoir si je finirais au moins centenaire
! La SF m’offre la possibilité de ne pas me soucier
de cohérence vérifiable. Tout doit "donner
l’impression que…". Mais cela ne suffit pas pour
que moi, pourtant grand flémard devant l’Eternel,
je m’enferme dans un genre. Les récits historiques
me passionnent aussi par exemple et j’aimerais bien me lancer
dans un one-shot sur un projet que j’ai derrière
le crâne depuis peu. L’héroïc-fantasy
aussi m’attire. Mon rêve : illustrer Elric le nécromancien
de Michael Moorcock! J’ai de sacrées sombres images
au bout de mes crayons parfois: sauvages, poignantes, épiques…!
LF.N: Décrivez-nous David « Boozer » Soho et
Danna Mc Spayne, deux personnages des Hydres d’Arès.
Pourrait-on les comparer à Nivek et à l’Ombre
dans le Chant des Stryges?
MM.: Certainement pas ! Il y a mon prétentieux
désir de proposer des personnages nouveaux comme tout auteur
qui se respecte mais, au-delà de ça, nos deux héros
sont radicalement différents de ceux du Chant des stryges
de par leurs buts, leurs passés, leurs idéaux etc.
De là vont découler des attitudes, des expressions
différentes des autres héros de BD. Bon c’est
entendu, on est toujours proche de ci ou de ça. Toute la
difficulté réside là justement: créer
une personnalité originale qui doit "donner l’impression
que" tout existe, tout en restant proche de notre Idéal,
qu’on ait 7 ou 77 ans. Boozer est un looser. Même
pas un méga looser, non ! Tout ce qu’il y a de plus
banal, un looser moyen… un beauf de l’espace ! Je
suis dur avec lui là, en tout cas c’est comme cela
que le lecteur doit le percevoir au début de l’histoire.
Un mec qui ne se soucie que de son anonymat et du prochain match
de foot holovisé. Mc Spayne est la personnification de
la machine administrative bien huilée… trop bien
huilée puisqu’elle… mais vous le découvrirez
bien assez tôt.
LF.N: Et
puis il y a aussi Jean-Pierre, un cyborg domestique. Une sorte
de C6-PO dans la Guerre des Etoiles?
MM.: Jean-Pierre le Jean-Clone est le personnage
qui me donne le plus de difficultés. Il n’est déjà
pas aisé de rendre crédible un personnage de papier
mais lorsque de surcroît il s’agit d’une machine
qui doit susciter chez le lecteur telle ou telle émotion,
la tâche se complique. Une grande partie passe heureusement
par le texte. Le reste doit passer par le design de sa mécanique
et je ne suis pas encore arrivé à le cerner. Pour
l’instant, je me concentre sur les planches où l’on
ne le voit pas ! Et non, JP le Jean-clone ne sera pas un C3-PO
! Il n’est pas aussi benêt et vous le découvrirez
bien assez tôt…
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