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Grégory Charlet - Interview : "Le
Maître de Jeu" (3)
LF.N: Alors
que dans le Chant des stryges, on ressent peut-être plus
les stryges comme des créatures célestes, dans le
Maître de Jeu, on ressent plutôt les stryges comme
des créatures "souterraines". Est-ce que nous
pourrions voir là une dualité, opposition Dieux/Démons
?
GC.: Moi je ne pense pas. Je n'ai pas ressenti
le côté divin de la chose. Dans le Chant des stryges,
cela se termine aussi dans des catacombes. Le côté
aérien n'est pas du tout développé. C'est
plus comme des espèces de gardiens. Comme dans les Comics,
il y a le gardien, quelqu'un qui est sur la lune et qui se contente
d'observer. Et moi je les vois plus comme ça : ils observent
et à un moment, il y en a qui veulent intervenir, d'autres
qui ne veulent pas. Ce qui résumerait un stryge pour moi
c'est "celui qui était, qui est, et qui sera".
Avec un rôle qui n'est pas forcément très
défini. A mon avis, ils n'ont pas la réponse à
ça non plus. Ce sont plus les gardiens, les raconteurs
de l'histoire de l'humanité, avec forcément ce côté
caché. En plus, dans les stryges, il y a différents
stryges...
LF.N: Armaggedon,
le meilleur ami de Quentin, diffuse les infos sur l’étrange
histoire découverte par Quentin dans son fanzine. Que pensez-vous
des fanzines en général ?
GC.: Je n'ai pas d'avis particulier. J'ai des
amis qui en ont fait. Je trouve ça sympathique mais je
ne suis pas non plus pour une mise en avant du fanzine. C'est
à dire, le fanzine comme la seule vérité
et tout ça, non, je n'y crois pas. Il y a des gens qui
ont des mentalités comme ça : "moi je suis
un fanzine, vous ne comprenez rien avec votre bd "à
la con" que vous vendez à autant d'exemplaires".
Il faut être réaliste. Je crois qu'un fanzine n'est
pas forcément non plus une étape avant une quelconque
grande publication. Un fanzine ça doit être un pur
plaisir, comme la personne qui fait de la peinture à l'huile.
Le but ce n'est pas d'être Van Gogh ou faire des expos partout.
Faire un fanzine c'est d'abord et avant tout un plaisir et cela
doit le rester.

LF.N: Quelle
est la qualité première de Corbeyran en tant que
scénariste ?
GC.: Au sens positif du terme, c'est une machine.
Il va pondre un scénario carré, qui tient, bien
ficelé, bien travaillé, avec des petites "pétouilles"
forcément parce que 46 pages à gérer d'un
coup, ce n'est pas évident du tout. Et il s'en tire souvent
super bien. Donc ça, c'est sa grande qualité. Même
vis à vis d'un dessinateur, il y a des mecs qui ont besoin
d'avoir un truc qui tombe. S'il arrive un retard avec Eric, ce
sera vraiment super rare. Il n'y aura jamais de problème
au niveau d'une avancée d'histoire, il aura toujours des
idées. Il est très fécond au niveau des idées,
c'est aussi quelque chose de très positif. La volonté
de travailler avec des jeunes aussi, c'est très très
bien. Il est arrivé à se mettre en avant en tant
que scénariste sans travailler avec des gens super connus.
Lui, ce n'est pas le but. Il veut raconter ses histoires.
LF.N: Dans
Kabbale, vous êtes au scénario et au dessin. Vous
sentez-vous aussi à l'aise dans les deux rôles?
GC.: Pas à l'aise car j'ai déjà
quatre albums dessinés. Donc côté dessin,
il y a vraiment des questions que je ne me pose plus. Maintenant,
le but c'est de me surpasser. Il y a encore des choses qui ne
tiennent pas, forcément, mais il n'y a plus de prise de
tête. Tandis qu'au scénario, j'ai tout à apprendre
quasiment. Enfin pas tout à apprendre puisque j'ai réalisé
un premier album, donc je sais qu'il y a au mois une chose ou
deux qui tiennent. Je dirais que je suis beaucoup plus à
l'aise au niveau du dessin mais que je suis plus motivé
au niveau du scénario. J'ai vraiment envie de raconter
des histoires.
LF.N: Peut-on parler de
présence du fantastique dans Kabbale ?
GC.: Dans Kabbale, le fantastique est là
mais c'est plus un fantastique entre Akira et Lynch. Donc, ce
n'est pas du tout la même chose. Il n'y aura pas de petites
fées, etc. Dans Kabbale, le fantastique est abordé
suivant deux angles: un plus fantastique/SF voire paranormal,
l'autre très symbolique. Tous les passages où le
personnage rêve et où il est confronté à
un univers qui peut-être existe, peut-être n'existe
pas. Et ça, c'est de la féerie et du fantastique.
C'est de l'introspection dans un personnage, c'est de la féerie
propre à tout le monde peut-être. C'est du fantastique
sans implication physique. C'est un personnage qui vient et qui
va parler à un autre personnage qui n'existe peut-être
pas. Il fait avancer l'histoire, c'est un élément
de l'histoire mais il ne va pas y avoir d'interaction. C'est plus
un esprit un peu lynch, c'est une touche de fantastique qu'on
peut enlever de l'histoire. Mais si on l'enlève, il n'y
a plus le charme. C'est plus un côté féerie,
rêverie qui aide à faire pénétrer une
atmosphère.
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Les projets
de Grégory Charlet dans la bande dessinée...
Raconter des histoires ! Au
nombres de ses projets, signalons déjà
: un projet manga avec Jean-David Morvan, un scénario
médiéval fantastique en solo ainsi qu'un
scénario fantastique qui pourrait se faire
avec un autre dessinateur. A suivre... |
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Propos recueillis par Séverine
Stiévenart
Toutes les images sont copyright
Corbeyran/Charlet/Delcourt
Lisez aussi:
Notes
sur les stryges dans la série de Charlet
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