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Histoire du manga en Belgique et en France
C'est
en 1978 que débarque sur les écrans télévisés
belges et français le dessin animé Goldorak, le
désormais mythique robot plébiscité par les
enfants, honni par les parents. Goldorak a plus fait pour élargir
le fossé des générations que le rock, la
BD et mai 68 réunis.
Ainsi débuta " l'invasion
" dans notre paysage télévisuel de séries
aussi diverses les unes des autres et qui visent un public tout
aussi diversifié. Pour les footballeurs acharnés,
il y a entre autres L'école des champions, pour les romantiques
Max et compagnie, pour les demoiselles mièvres Juliette
je t'aime…
Des parents effrayés par
la violence dans certaines séries se sont plaint et des
commissions de psychologues ont été créées
pour épurer ces séries. La longueur d'un épisode
est donc passée de vingt minutes à environ dix-sept
minutes. Et cela continue encore de nos jours avec la désormais
célébrissime série Pokémon puisque
TF1 n'en a pas diffusé certains épisodes, sur conseils
de leur groupe de psys. Remercions Club RTL d'avoir fait fi des
décisions de son homologue français.
En 1992, la série Ken le survivant, une des séries
les plus violentes diffusées sur nos écrans à
des heures où même des enfants en bas âges
ont eu accès, a suscité en France l'indignation
générale des parents après tout de même
une centaine d'épisodes. La série a alors été
supprimée. En 1996, la série Dragon Ball Z, sur
décision du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (C.S.A.),
a également subi le même sort. Elle avait déjà
été arrêtée auparavant, puis rediffusée.
Il y eût le même cas en Belgique quand la chaîne
Club RTL s'est vue obligée d'interrompre la série.
Maintenant, les épisodes qui ne sont jamais passés
à la télévision, à savoir la fin de
la bataille contre Boubou (Boo dans la version originale) sont
disponibles en cassettes vidéo.
Dans les vidéos clubs, du moins au début de la parution
de manga en K7, les gérants n'y connaissaient malheureusement
pas grand-chose et il n'était pas rare de voir se côtoyer
les aventures du charmant ourson Bouba avec celles d'Urotsukidôji,
série réservée à un public plus qu'averti,
ou avec le film érotique The sensualist. Il en va de même
dans certaines librairies, où les albums qui portent pourtant
l'inscription " Réservé à un public
adulte " sont dans les mêmes rayons que les manga tout
public.
L'année 1989 a vu l'arrivée
dans les librairies de la bande dessinée Akira, éditée
chez Glénat. Les premiers numéros n'ont pas eu un
franc succès, mais persévérante, la maison
d'édition a réussi le tour de force d'en faire une
série-culte. Depuis lors, ce même éditeur
publie une trentaine de séries et plus de 30% de son chiffre
d'affaires est dû à ces seules séries.
Cet
exemple a poussé les éditions Dargaud et Casterman
à faire de même, et un nouvel éditeur, Tonkam,
au départ une célèbre librairie parisienne,
est apparu et s'est hissé rapidement parmi les autres grands
en publiant des séries à succès comme Vidéo
Girl Aï (Image Vidéo Girl Aï) ou les séries
des dessinatrices Clamp.
Notons aussi la présence
de Kana/Dargaud, maison belge et qui plus est, édite des
séries géniales sur lesquelles je m'étalerai
plus longuement à d'autres occasions. Les autres éditeurs
manga à large diffusion sont Dynamic Vision et Média
Système Edition, avec la collection " Manga Player
".
Parallèlement à tout
cela, des produits dérivés ont envahi les boutiques
où, aux heures de gloire des mangas télévisés,
les étalages se vidaient en un instant. Mais quand l'émission
Club Dorothé a disparu des écrans, certains magasins
belges ont ressenti une baisse considérable dans leurs
ventes de produits dérivés des séries qui
y étaient diffusées. Cependant, les bandes dessinées
connaissent un succès croissant, surtout celles qui avaient
été en leur temps programmées au Club Dorothé.
Heureusement, chez nous, Club RTL poursuit la diffusion de manga,
même si le stock de la chaîne est très limité.
Le public concerné par le
manga n'est pas véritablement celui de la bande dessinée
européenne va des premières années de l'enfance
aux adolescents, et même aux adultes de 30-35 ans, c'est-à-dire
cette génération qui a été adolescente
à l'époque de Candy (Image Candy) et Goldorak et
qui prend encore plaisir à découvrir des séries
d'un genre que l'on a trop vite catégorisé "
Pour enfants uniquement ".
Christophe Merlin
Image Goldorak
: © 1975 / 1998 Go Nagai / Dynamic Planning Inc., tous droits
réservés
Image Vidéo Girl Aï : © 1989 Masakazu Katsura,
Shueisha Inc. (Pour la version originale)
© 1997, Tonkam (Pour la version française)
Image Candy : © Toeï Animation
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