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L'évolution du scénario
et surtout des dessins est frappante tout au long de la
série. Les cinq premiers albums avaient pour créateurs
Olivier Ledroit (dessins) et François Froideval (scénario).
Le premier opus, Le Signe des Ténèbres (1989),
met en valeur le monde de Wismerhill. Les dessins en sont
à leurs balbutiements et les textes nous font découvrir
les puissances en présence, sans pour autant poser
vraiment les bases d'une histoire concrète. L'humour
de second degré est bon, mais peu fréquent. |
Le second album, Le Vent des Dragons (1990),
ne nous en apprend pas beaucoup plus sur l'histoire. En
effet, le développement est assez lent, il s'agit
plutôt d'une transition. Au point de vue du dessin,
on découvre de superbes planches, notamment celle
d'un combat entre Wismerhill et un chevalier-dragon. |
Le troisième, La Marque des Démons
(1991), ajoute quelques détails importants à
la trame et on est assommé par la splendeur et la
vivacité des couleurs. Les dessins nous frappent
et nous plongent dans une ambiance hallucinante. La rencontre
entre Wismerhill et Hellaynnea en est un des sommets. |
Quand Sifflent les Serpents (1992), quatrième
numéro, déclenche l'histoire pour de bon et
fait marcher tous les protagonistes vers leur destin. Chaque
camp se positionne et est prêt à agir. Les
dessins sont encore plus beaux et traduisent avec brio la
grandeur des personnages et des décors. |
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| Cinquième opus, La Danse Ecarlate (1994), est le
fruit ultime du travail de Ledroit et de Froideval. Les dessins
ne peuvent être meilleurs et le scénario nous
fait découvrir une vérité aussi forte
que simple. C'est le plus bel album parmi les cinq que les
deux compères ont créés. |
La Couronne des Ombres (1995), sixième album, accueille
un nouveau dessinateur, Pontet, qui remplace Ledroit. Le flambeau
est difficile à reprendre et les dessins perdent légèrement
de leur magie. Cependant, on constate une amélioration
tout au long des pages. L'histoire, elle, se calme légèrement,
ce qui est normal après l'intensité de l'album
précédent. |
De Vents, de Jade et de Jais (1997) et Le Glaive
de Justice (1999) sont les deux derniers albums, où
on constate une évolution certaine de la qualité
des dessins (même si parfois certains personnages sont
méconnaissables). Le scénario continue son petit
bonhomme de chemin. La seule (minuscule) remarque possible,
qui est valable pour les autres numéros, est le petit
nombre de pages. Quand c'est bon, on en veut toujours plus
! |
Le mélange de tous les ingrédients
de cette série est excellent et détonant et a contribué
grandement au succès qu'on lui connaît. Même
si le nombre total d'albums n'est pas déterminé,
on peut s'attendre à un plaisir constamment renouvelé.
Cependant, les Chroniques de la Lune Noire sont à conseiller
aux amateurs du genre et à ceux qui n'ont pas peur d'en
prendre plein la vue. Il est difficile de les comparer à
d'autres bandes dessinées qui traitent d'Heroic Fantasy
et c'est, sans doute, ce qui fait leur charme et leur mystère.
Les autres, moins intéressés par ce style, seront
charmés par la qualité de plusieurs planches magnifiques,
par le caractère de certains personnages et par l'intrigue.