Jules Verne, des voyages extraordinaires et des bulles...


Ou dans quelle mesure les oeuvres de Jules Verne ont influencé les auteurs et dessinateurs de bande dessinée…

Me croiriez-vous si je vous disais que nos meilleurs archéologues ont dû creuser des heures durant, qu’ils ont fouillé parmi des tonnes et de tonnes d’albums poussiéreux avant de déterrer les restes rongés par le sable de quelques planches illustrées et inspirées des œuvres de Jules Verne ? Evidemment que non ! Les voyages extraordinaires de Jules Vernes nourrissent l’inconscient collectif de façon tellement évidente (Vingt mille lieues sous les mers, De la terre à la Lune, Voyage au centre de la Terre…), qu’il paraît bien improbable de trouver un seul auteur de récits fantastiques qui puisse prétendre n’avoir jamais été inspiré par le maître.
Mais ce qui lie plus particulièrement encore l’auteur à la bande dessinée, c’est la quantité et la qualité impressionnante des illustrations qui agrémentent ses romans. Plus que de simples dessins, ces gravures précises et détaillées sont d’une telle intensité visuelle qu’elles participent autant que le récit à transporter le lecteur dans les contrées extraordinaires dépeintes par Verne. Et une fois encore, nombreux sont les dessinateurs à s’en être inspirés à un moment ou à un autre de leur carrière…

Parmi tous ces auteurs inspirés directement ou indirectement par Jules Verne, certains comme Hergé et Edgard P. Jacobs peuvent incontestablement être considérés comme ses légataires directs.
Le premier pourtant affirma à de multiples reprises n’avoir jamais lu Verne, il prétendit même n’avoir que survolé « Vingt mille lieues sous les mer. » et l’avoir trouvé tout à fait décevant… Quoiqu’il en soit, comment ne pas faire le parallèle entre Les Aventures de Tintin et Les Voyages Extraordinaires ?

Que l’on s’intéresse à l’exemple le plus évident, De la Terre à la Lune – Autour de la Lune indéniablement liés à Objectif Lune – On a marché sur la Lune, ou à L’étoile mystérieuse, qui finalement s’avérera être une île, et qui peut aisément être comparée de L’île mystérieuse, ou encore au Secret de la Licorne qui partagent des pans entiers de son intrigue avec Les enfants du capitaine Grant - la découverte de plusieurs cryptogrammes qui se complètent l'un l'autre – un quête visant à retrouver un membre perdu de la famille (le père chez Verne, un ancêtre de Haddock chez Hergé) - un scientifique embarqué comme passager clandestin (Paganel et Tournesol) qui tour à tour, aide et égare les aventuriers, etc., il est bien difficile de ne pas s’interroger sur les nombreuses similitudes qui apparaissent dans les deux œuvres de ces deux incontournables du récit d’aventure.
Proche de Verne dans son goût prononcé de la prospective, Edgar P. Jacobs s'inscrit dans la tradition européenne comme un habile continuateur de la vision qu’à toujours eu Jules Verne de la Science Fiction : « Un compromis entre esthétique bourgeoise, ambitions "réalistes"et nécessité de prendre en compte les voies ouvertes de l’imaginaire. » (Verne)

De toutes les aventures de Blake et Mortimer, Le Secret de l'Espadon, est sans doute l’épisode le plus vernien de tous. Seul volet de la saga à présenter un savant (Mortimer) mettant au point une invention (l'Espadon) dont le destin n'est pas d’être anéanti, mais bien au contraire de protéger et de sauver la "civilisation" (ici britannique). Dans cette aventure, on retrouve ce positivisme hérité du XIXe siècle et de l’œuvre de Verne où la science et la technologie dessinent pour l'humanité un horizon de maturité, d'espoir et de liberté…

 

 
 
 
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