Dave Gibbons’ Originals – Editions USA

Quelle plus belle opportunité aurais-je pu trouver que la sortie en France de Originals (Eisner Award  2005 - catégorie meilleur album) pour vous parler de l’un des plus talentueux auteurs américains de sa génération, Dave Gibbons et de la petite maison d’édition française Editions USA, qui nous en propose la traduction?

La Genèse

Dave Gibbons fait partie de ces auteurs qui, dans les années 80 et au début des années 90, ont émerveillé des milliers de lecteurs avec des œuvres aujourd’hui considérées comme culte. D’origine anglaise, il débute sa carrière en tant que dessinateur comics au début des années 70 en contribuant au succès de séries telles que Judge Dredd (lancée dans la revue 2000 AD), ou sur des titres moins renommés comme Harlem Heroes  ou Rogue Trooper.
C’est dans les années 80 que sa carrière de dessinateur explose réellement ; d’abord timidement sur Green Lantern où son style limpide, précis et dynamique est remarqué ; puis, et surtout, sur la désormais célèbre série Watchmen écrite et réalisée par Alan Moore (douze épisodes) pour DC. Sortie en 1987, Watchmen est acclamé par la critique, la BD devient un phénomène de société et très vite la cote de Dave Gibbons s’envole.
Nouvelle étape dans la carrière de Gibbons, sa rencontre, au début des années 90, avec Frank Miller, lui-même renommé pour son travail sur la série Daredevil et surtout pour sa vision gothique d’un Batman vieillissant dans l’excellent Dark Knigth returns. Pour Miller, Gibbons met en lumière la superbe série Martha Washington ('Give Me Liberty', 'Martha Washington Goes to War', ‘Martha Washington saves the World’), un brûlot humaniste dénonçant clairement la politique outrageusement impérialiste d’une Amérique décadente.

A son tour, la série se distingue et les lecteurs en font un succès mondial. Le style de Gibbons y est parfait, la finesse de son trait, le dynamisme de ses planches, l’audace de ces choix artistiques (des couleurs franches et lumineuses dépeignant un univers sombre et pessimiste), subjuguent. Gibbons croque ses personnages de façon si émouvante, avec des visages aux regards si expressifs, que le lecteur, sans s’en apercevoir, glisse lentement et sans espoir de retour dans une réalité alternative et terrifiante à bien des égards.
En 1998, sorte d’hommage au grand Will Eisner, Gibbons reprend pour quelques numéros la série Spirit à qui il offre une nouvelle jeunesse.
Mais limiter le talent de Gibbons à l’exercice du dessin serait bien réducteur.
Depuis 2000, l’artiste multiplie les projets d’écriture. D’abord, avec Andy Kubert au dessin, il écrit la mini-série Batman vs Predator, puis World’s Finest, une aventure de Superman et Batman, peinte par Steve Rude.
Mais plus que tout, c’est ce projet d’album solo auquel il consacre la majeure partie de son temps qui l’enthousiasme, un one-shot de 160 pages, partiellement inspiré de sa vie, qu’il écrit et dessine comme un témoignage aux générations futures.


 
 
 
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