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Enki Bilal - Pierre Christin (2)
Et de merveilleux livres illustrés
"Cœurs sanglants et autres
faits divers" (Les Humanoïdes Associés, 1988)
Un thriller fantastique qui fut un bon prétexte aux auteurs
de traverser les grandes capitales du monde. Une occasion de souligner
leur intérêt pour l'architecture des villes mais
également le fait divers.

"Le Sarcophage" (Coll.
Les correspondances de Christin. Dargaud, 2000).
Imaginez une bande d'ahuris qui se mettent en tête un projet
des plus démentiels : faire de Tchernobyl un musée
futuriste ! Voilà donc la plume de Christin et le crayon
de Bilal réunis une fois de plus pour nous offrir une satire
de notre monde. Entre folie communiste et mode du " tout
muséable "…
De tous les albums cités,
baignant dans un imaginaire certain, un seul ressort du fantastique
pur : "Le Vaisseau de pierre". Mais sa force est telle
qu'il déteint sur le reste des albums de la collection
"Légende d'aujourd'hui" et même sur la
suite des travaux des deux compères. Car, ce que ne cessent
de nous conter Pierre Christin et Enki Bilal c'est bien notre
réalité. Le fantastique étant cette frontière
floue entre le réel et le rêve (ou le cauchemar !).
Christin,
par ses idées fortes comme des déchirures cérébrales,
par ses mots et paroles très justes, parfois grimaçantes,
où l'humour noir teinte une vérité encore
plus sombre, nous rappelle avec force que la BD est un média
qui sait se montrer fort et qui peut exprimer, à sa manière,
la révolte, l'injustice et la stupidité. Bilal,
lui, ne joue pas des mots , mais du dessin. Un dessin si particulier,
avec des teintes bleues et rouges uniques, dérange. Il
joue avec le sang, le décharné, le squelettique.
Ses personnages sont loin d'être bien dans leur peau au
premier sens du terme. Les regards sont tristes, presque malades.
Même les gros riches ou les
nantis semblent loin du bonheur parfait… Un malaise certain
s'inscrit donc certainement l'illustration elle-même. Elle
exprime parfaitement les idées de Pierre Christin. Dessin
et texte se rencontrent, fusionnent et nous engloutissent.
C'est aussi parce qu'ils arrivent
à donner au média utilisé une telle saveur
fantastique que Christin et Bilal sont de véritables maîtres
de l'étrange en Bande dessinée.
Christophe Van De Ponseele
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